Louis-Marie Bertrand député de bourbon du 01/12/1791 au 20/09/1792. Personnage célèbre de l'île de La Réunion

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Louis-Marie Bertrand.

Politicien député de La Réunion du 01/12/1791 au 20/09/1792.

 

Né à Mâcon, Saône-et-Loire le 10 janvier 1760. Mort à une date inconnue.

 
 
 

Louis-Marie Bertrand né le 10 janvier 1760 à Mâcon, Saône-et-Loire.

9 novembre 1790, M. Pierre Joseph Bellier de Villentroy député élu à la Constituante pour représenter Bourbon ( La Réunion ) donne sa démission, il est remplacé par son suppléant M. Louis-Marie Bertrand. C'est pour des raisons familiales que Pierre Joseph Bellier de Villentroy renonce à accomplir son mandat.

Louis-Marie Bertrand a seulement une trentaine d'année ( né le 10 janvier 1760 à Mâcon, Saône-et-Loire) lorsqu'il est chargé de représenter Bourbon à Paris et les oppossants à sa nomination à l'Assemblée coloniale ne manque pas de le trouver trop jeune pour cette mission. Ils lui reprochent aussi de ne pas être enraciné par la possession d'une propriété à Bourbon.

 

Constitution 1791

 

Bertrand n'a guère qu'une dizaines d'années de présences dans la colonie, il a épousé en 1789, une créole, Henriette Delestrac, fille d'un des plus gros possesseurs d'esclaves de Saint-Denis. Le couple donne naissance à une fille l'année suivante, Lucie.

Louis-Marie Bertrand est étroitement mêlé à la vie intellectuelle et politique de Bourbon. Il fréquente, La Parfaite Harmonie, principale loge maçonnique de Saint-Denis. Il y côtoie le gouverneur David Charpentier de Cossigny, et l'ordonnateur Duvergé. Il s'est engagé très tôt et intenséments dans la Révolution bourbonnaise. Il figure parmi les quatres personnes choisies par l'assemblée paroissiale de Saint-Denis, le 27 décembre 1789, pour constituer un Comité permanent chargé d'obtenir des administrateurs, la réunion rapide d'une Assemblée générale. Elu par le chef-lieu à cette Assemblée, il participe activement à ses travaux.

15 août 1791, Louis-Marie Bertrand premier Député de Bourbon à l'assemblée nationale débarque le 15 aôut 1791 à l'Orient. Début septembre il est à Paris. Immédiatement il se présente devant le Comité Colonial de la Constituante qui reconnaît la validité de ses pouvoirs mais luis conseille d'attendre la législatire suivante pour exercer son mandant. Il est arrivé à Paris trop tard pour siéger dans cette Assemblée.

Louis-Marie Bertrand doit, pour qu'il fût statué sur son cas, écrire au président de l'Assemblée la lettre suivante:

" A l'Assemblée nationale.

Monsieur le Président,

J'ai eu l'honneur de vous écrire, le 17 de ce mois, pour vous prier de Consulter l'Assemblée sur le bureau qui doit vérifier les pouvoirs que m'a donnés la colonie de Bourbon pour la représenter dans le sein de l'Assemblée nationale; elle a renvoyé mon adresse au comité colonial; ce comité n'est pas formé, et la formation peut encore entraîner de grandes longueurs. Je suis porteur des pétitions de la colonie de Bourbon et du plan de constitution qu'elle a préparée pour son régime intérieur, conformément aux décrets des 8 et 28 mars 1790. rendus pour les colonies; mon admission dans le Corps législatif est instante; je demande à l'Assemblée nationale la permission de paraître à la barre pour mettre sous ses yeux les motifs pressants qui me déterminent à faire promptement vérifier mes pouvoirs.

Je suis avec respect, Monsieur le Président, Votre très humble et très obéissant serviteur,

BERTRAND, député de l'île de Bourbon. "

La validation de ses pouvoirs fut très discutée. Enfin, l'on fit droit à sa réclamation; Merlet (de Maine-et-Loire) proposa de déclarer que " les pouvoirs du député de l'île de Bourbon étaient valides et qu'il pouvait prendre place parmi les représentants de la nation ", et l'Assemblée rendit, malgré une observation du député Tartanac, un décret le 29 mars 1792 ainsi conçu :

- " L'Assemblée nationale, après avoir entendu le rapport de son comité central, relatif à la députation de l'île Bourbon, déclare les pouvoirs de M. Bertrand, son député, vérifiés et valides; décrète qu'il sera admis parmi les représentants de la nation. "

Une victoire importante pour l'île Bourbon, elle a enfin son député. Bertrand pendant son mandat lutte en particulier pour maintenir la parité entre la représentation de so, île et celle de l'île de France. Non sans mal, tant la position sulbaterne de Bourbon dans l'ensemble insulaire des Mascareignes apparaît comme une sorte de postulat. " J'ai dû insister, écrit-il, pour que l'isle Bourbon, dont la population blanche et noire et l'étendue du territoire excèdent beaucoup celles de l'isle de France, ait autant de députés que cette colonie " à la convention. C'est chose faite par le règlement du 22 août 1792 octroyant à chaque île deux députés. Leur élection se déroule à Bourbon début octobre 1793 et, tirant la leçon de la douloureuse expérience vécue par Bertrand, l'Assemblée coloniale demande à Paris, le 4 novembre, que les élus soeint automatiquement intégrés à l'Assemblée qui aurait éventuellement succédé à la convention.

Le cas en fait, ne se produira pas et l'île aura des représentants tant à la Convention qu'aux Conseils du Directoire.

Bertrand suit avec assiduité les séances de l'Assemblée et du Comité colonial, multiplie les visites et les lettres aux ministres de la Marine et des Colonies, travaille de concert avec les représentants de l'île de France et les commissaires civiles nommés pour les colonies orientales. Un homme m'aide beaucoup, Beurmonville, le futur ministre de la guerre, qui a vécu plusieurs années à Bourbon et a été un des éléments les plus actifs de la maçonnerie locale.

Au départ Bertrand dispose d'un texte de référence, les Pétitions de la colonie du 21 avril 1791, véritable cahier de doléance local, sur lesquelles il essaiera à plusieurs reprises, mais en vain, de faire prononcer la législative. Mais il lui faut vite et durablement prendre beaucoup d'initiatives. Durant de longs mois en effet, aucune nouvelle lui parvient de Bourbon.

Louis-Marie Bertrand est l’unique représentant officiel des colonies admis à siéger durant la Législative qui s’étalera finalement sur une année. Il obtient en octobre 1792 du ministre de la Marine et des Colonies une imprimerie, de laquelle sortira le premier journal de l’île Bourbon, qui prendra le 19 mars suivant le nom de la Réunion.

Après la session de la Législative, il remplit, à l'île Bourbon, les fonctions de procureur-général syndic (25 pluviôse an II), de président du tribunal criminel (26 prairial an XII), de président du tribunal d'appel (27 thermidor an VI), et de président du tribunal de première instance (an XII).

Louis-Marie Bertrand quitte La Réunion pour la France, où il termine sa carrière comme conseiller à la cour impériale de Limoges.

 

 

 
 
   
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