Louis Hyppolite de Lormel.
Gouverneur de La Réunion du 26
novembre 1869 au 18 septembre 1875
Louis Hyppolite de
Lormel est né le 18 octobre 1806, à Lésina, en Dalmatie, où son
père
exerce comme chirurgien
dans l'armée d'occupation française.
Le jeune de Lormel
fait des études de droit, et rentre dans l'administration française en
Algérie.
Le 21 novembre 1859,
de Lormel est nommé directeur de l'Intérieur en Guadeloupe, où il est
promu en 1864 gouverneur
de l'île.
Louis Hyppolite de
Lormel est nommé gouverneur de La Réunion, le 31 août 1869, il prend
ses
fonction dans
l'île le 26 novembre 1869, mettant ainsi fin à l'intérim assuré par
l'ordonnateur
Laborde, après le
départ de Marie Jules Dupré.
Le 5 août 1870,
La Réunion apprend la déclaration de guerre entre la France et la
Prusse. Le
24 septembre, les
Réunionnais apprennent la défaite de Sedan et la chute de l'empire.
Le 3 novembre, sur
la place du Gouvernement, à Saint-Denis, en présence des hautes
autorités
civiles et
militaire et devant une foule énorme que Louis Hyppolite de Lormel
prononce la
proclamation de la
République dans la colonie.
La
Proclamation de la IIIe République à La Réunion, le 3 novembre 1870. Extrait
de l'allocution du gouverneur de Lormel
"
Habitants de La Réunion, miliciens, soldats,
L'Empire
a cessé d'exister.
La
République a été proclamée à Paris, le 4 septembre, au nom du droit
et de la défense nationale. Son avènement s'est accompli sans lutte,
sans déchirement et elle est devenue immédiatement, du consentement de
tous, le gouvernement de la France et par conséquent le nôtre. En vous
déclarant ce fait dès qu'il m'a été connu indirectement, je vous ai
demandé d'attendre sa consécration légale, dans le calme, dans la
concorde et avec le respect qui étaient recommandés à la colonie par
ses devoirs patriotiques et que lui prescrivaient plus hautement encore
les cruelles épreuves de notre patrie.
Je
ne doutais pas que ces pensées ne fussent les vôtres. Je vous avais
compris et vous m'avez compris. C'est pourquoi je viens aujourd'hui avec
la même confiance dans la communauté de nos sentiments inaugurer
légalement le nouveau gouvernement de notre pays. Que ne puis-je en
même temps vous annoncer sa délivrance ; mais le jour viendra ; ce ne
sera pas en vain que la France aura prodigué tant d'héroïsme pour
repousser l'étranger de son sein et Dieu permettra que nous la
revoyions bientôt asseoir son indépendance sur le respect des grands
principes qu'elle a proclamés la première, son éternel honneur. Les
hommes qui, dans l'élan de leur patriotisme, ont accepté la mission de
la délivrance nationale, n'ont écrit que deux courtes phrases par leur
drapeau : " Chassons l'ennemi et qu'une constituante librement
élue dispose du sort de la France ". Ce programme politique que la
France a accepté est devenu le nôtre. La République de 1870 n'avait
plus à accomplir pour nous le grand acte de l'émancipation ... ".
Le 8
novembre 1870, le gouverneur de Lormel promulgue le décret organisant
des élections à l'assemblée constituante. La Réunion
dispose
de deux représentants et elle est appelée à les élire le 20 novembre
alors qu'en France les autorités ont décidé d'ajourner des