En
1877,
Jean-Marie Mac Auliffe se fixe définitivement à La Réunion avec sa petite
famille. Après avoir souffert du climat sur les littoraux des petites
îles de l'Océan Indien, le médecin devient chef du service de santé de
l'hôpital militaire de Hell-Bourg, au cœur du cirque de Salazie. Il y
retrouve son beau-père, le docteur Trollé. Jean-Marie Mac Auliffe est
très apprécié dans le village, ainsi qu'en témoigne un voyageur mauricien
de passage dans le cirque en 1877 :
" le Docteur Mac Auliffe
est la providence des pauvres de Hell-Bourg et l'ami dévoué de tous les
voyageurs qui ont besoin de l'assistance précieuse de son diagnostique
sûr et intelligent. "
Cependant, quelques jours
plus tard, le même voyageur a la douleur d'assister à la mort en couches
de Madame Mac Auliffe, le 15 octobre : " C'est vraiment navrant que
le spectacle de la mort en certaines circonstances. Deux docteurs, deux
médecins réputés pour leur science, l'un le père, l'autre le mari, ne
réussissent pas à arracher au trépas la digne créature qui est l'objet
de leur mutuelle adoration. " Avant de mourrir Madame Mac-Auliffe
donne naissance à Angèle
Mac-Auliffe créatrice des Broderies
de Cilaos.
Malade et affaibli par la
vie mouvementée qu'il a menée dans les petites îles, le médecin cesse
d'exercer en 1879 et demande sa mise à la retraite en 1881.
Il se remarie avec Marie
Georgina Bertho et quitte le cirque de Salazie pour celui de Cilaos en
1899. En 1900 il devient médecin résident de l'établissement thermal.
Là encore, tous les habitants du cirque apprennent rapidement à l'apprécier
et sa réputation de sagesse et de bonté s'accroît encore. Jean-Marie Mac
Auliffe s'investit tout entier pour le cirque de Cilaos car, en plus de
pratiquer la médecine, il tente de développer la vie économique de ce
cirque encore très isolé au début du XXe siècle. Il tente l'introduction
du mûrier et de ver à soie pour établir une magnanerie, sans grand succès
malheureusement.
En 1902, il fait paraître
Cilaos pittoresque et thermal, guide médical des eaux thermales, pour
assurer la promotion du cirque auprès de tous les militaires et colons
des îles voisines, qui vont ordinairement se faire soigner à grands frais
dans les stations thermales d'Europe. Cet ouvrage rencontre un grand succès.
C'est également la première étude minutieuse sur tous les aspects de Cialos
(histoire, géographie, démographie, météorologie etc…).
Jean-Marie Mac Auliffe meurt
en effet le 21 septembre 1908 et il est enterré à Cilaos. Sur sa tombe
on peut lire « Cilaos for ever », selon ses propres mots, tirés de son
ouvrage : « Il paraît qu'il était dans ma destinée de revenir dans ces
lieux qui m'avaient tant charmé ; peut-être y finirai-je mes jours : Cilaos
for ever. »
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