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Histoire maritime de
l'île de La Réunion |
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| Le
bornage |
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Jusqu’à
la fin du XIXe siècle, les moyens de communications terrestres dans
l’île demeurent rares et ne sont souvent que de mauvais chemins coupés
par de profondes ravines. Dans ces conditions, la circulation des hommes
et surtout celles des marchandises reste problématique et se caractérise
par sa lenteur. En conséquence, les habitants utilisent la mer pour se
déplacer et transporter leurs produits d’un endroit à l’autre de
l’île. Cette activité est assurée par de petites embarcations et
s’appelle le bornage.
Les navires utilisés
pour cette activité sont les chaloupes et les chasses-marée, mais également
des goélettes des lougres ou des bricks. Certains de ces bâtiments
sont construits dans les chantiers navals de l’île. Ces bateaux de
petite taille sont rapides, maniables et accèdent facilement aux
mouillages difficiles.
Les équipages se
composent d’esclaves, et après 1848 d’engagés et de créoles.
Au XVIIIe siècle,
le bornage consiste essentiellement à transporter le café ou les
vivres depuis les différents quartiers de l’île
et à les acheminer jusqu’aux rades de Saint-Denis et de
Saint-Paul voire de
Saint-Pierre, pour les transporter sur des navires de plus fort tonnage
qui les exportent.
A partir du XIXe siècle,
les bateaux venant de
l’extérieur peuvent embarquer les
balles de sucre et débarquer des produits volumineux tels que le riz
dans la marines de l’île, après avoir acquitté les droits de douane
dans l’une des rades de Saint-Denis, Saint-Paul ou Saint-Pierre.
Cependant la plupart des importations sont déchargées à Saint-Denis
et distribuées ensuite dans le reste de l’île grâce au bornage.
Ce bornage est très
important entre Saint-Denis et La Possession, car la montagne rend
difficiles les communications entre le nord et l’ouest. Il s’agit
d’un véritable service de bateaux de passage, qui permet ainsi aux
gens, comme à certaines marchandises, de circuler plus aisément entre
ces deux quartiers.
Le
bornage disparaît progressivement avec la construction de chemin de fer
à la fin du XIXe siècle.
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Rade Saint-denis
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Rade de Saint-Paul
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Marine de Saint-Benoit
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Canot Saint-Philippe
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Batterie de canons Saint-Paul
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| Les
marines |
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Dès l’origine de
l’activité maritime à Bourbon, les hommes doivent se contenter de
rades foraines pour les opérations
de chargement et de déchargement des navires. Le violent ressac qui sévit
fréquemment sur le littoral rend ce travail difficile et dangereux.
Mahé de
Labourdonnais fait construire en 1738 un pont volant à Saint-Denis afin
d’éviter aux chaloupes le franchissement de la barre qui se brise sur
les galets.
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Jusqu’au début du
XIXe siècle le débarquement et l’embarquement des hommes et des
marchandises se fait à même la plage, dans la plupart des lieux de
mouillage, aux endroits les plus faciles d’accès pour accoster et que
l’on appelle les marines.
Au
milieu du XIXe siècle avec
l’essor de la culture sucrière, les ponts de débarcadères se
multiplient partout autour
de l’île, car les routes étant mauvaises et le franchissement des
ravines malaisé, le transport par voie de terre jusqu’aux rades
principales coûte cher. Partout où la côte permet une approche du
rivage moins risquée pour les embarcations, des ponts débarcadères
sont construits. Quand la mer ne les détruit pas, elle les endommage
constamment, il faut donc les entretenir et les réparer souvent. Pour la
construction des premiers ponts débarcadères, on utilise surtout du
bois, matériau peu cher et facilement remplaçable, mais certains
finissent par posséder une structure de métal, et parfois de pierre
Lorsque
le gouverneur Milius prend ses fonctions en en 1818 il n’existe
toujours aucun port dans l’île. Milius prend la décision de faire
construire un port à Saint-Denis. Entre 1819 et 1821, une première jetée
est lancée sur la mer vers le Nord depuis la pointe des jardins afin de
protéger la rade de la houle et
des courants d’Est. Mais en 1929, un cyclone déplace une grande partie
de l’extrémité de la jetée vers la côte et creuse un bassin.
Quelques temps après, des travaux permettent de transformer le bassin en
abri pour les embarcations de faible tonnage. Malheureusement le chenal
d’entrée du bassin tourné
vers l’Ouest et situé près du rivage se trouve pratiquement dans la
zone de ressac. Il est souvent obstrué par les déjections de la Rivière
Saint-Denis. Ainsi, il faut constamment le dégager des sables et galets
qui l’encombrent. L’efficacité et l’utilité de ce bassin
auquel on donne le nom de Barachois restent donc très limitées.
Seules les petites embarcations peuvent y pénétrer. Lorsque le bassin
est accessible il sert surtout au transfert des passagers
et à celui des petites marchandises. Régulièrement ensablé, le
Barachois nécessite un entretien permanent. Il fini pas être abandonné
au début du XXe siècle.
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| Le
batelage |
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| Les
opérations de débarquement et d’embarquement des marchandises et des
passagers se font au moyen de petites embarcations qui, seule peuvent
rejoindre le bord et affronter la houle avec des risques limités. Cette
activité s’appellent le batelage. Durant le XVIIIe siècle, le service
de batelage est assuré principalement par les esclaves de
l’administration centrale, importés de préférence de la côte de
Guinée, du Mozambique ou de l’Inde, car les autorités de l’île se
méfient des esclaves malgaches qui dérobent les embarcations pour
tenter de rejoindre Madagascar. Au XIXe siècle, les opérations de
batelage sont effectuées par des entreprises privées qui utilisent des
esclaves jusqu ‘en 1848, puis des engagés. Les embarcations qui
servent pour le batelage sont des chaloupes et des péniches manœuvrées
à la voile ou à la rame. La pirogue reste quand à elle le moyen
le plus approprié pour le transport des passagers. Les conditions de mer
étant souvent difficiles, les accidents graves sont fréquents. Le
batelage demeure ainsi jusqu’à sa disparition au début de XXe siècle,
une activité relativement dangereuse, mais néanmoins indispensable à
la vie économique de l’île. |
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| Les
canots |
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Les canots que
l’ont peut voir encore aujourd’hui hissés
sur le bord de la mer, sont les héritiers d’une longue tradition réunionnaise
de construction navale, transmise au fil des générations.
Les premiers
habitants fabriquaient déjà des pirogues et des canots pour la pêche
plus tard, les pirates les marins mais aussi les esclaves et certainement
les engagés ont apporté leur savoir faire en ce domaine.
Le canot traditionnel
de La Réunion mesure entre trois
et quatre mètres, il est construit à la fois avec des bois locaux
(jacquier, tamarin) et des bois importés (sapin). Anciennement cette
embarcation se manœuvrait uniquement à la rame, mais aujourd’hui elle
est propulsée par un moteur hors bord. Son équipage se compose d’un
ou deux matelots dirigé par un patron.
Le canot est utilisé
pour la pêche, lors de sorties n’excédant pas 24 heures et toujours
en vue des côtes. Relativement maniable, il est très adapté aux
conditions de mer que l’on trouve à La Réunion, ainsi qu’au relief
des côtes. Il se meut facilement à l’aviron dans le ressac est peut
facilement se hisse sur le rivage.
Aujourd’hui la
construction de ports qui permettent aux pêcheurs de ne plus avoir à
hisser leur bateau à
l’abri sur la terre ferme, a rendu redoutable la concurrence des
bateaux en plastique.
Faute de demande, la
constructions de ces canots traditionnels s’est arrêtée et
pour entériner cette réalité, les Affaires Maritimes, ont décidé
de ne plus immatriculer de nouveaux canots construits en dehors des
normes européennes. |
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Adour |
Michel Salustro |
Warren Hasting |
Phare pointe des Galets |
Phare Sainte-Suzanne |
Radoub Saint-Pierre |
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Les phares
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Suite à
l’accroissement de l’activité maritime les autorités de Bourbons décident
de construire un phare au quartier Sainte Suzanne. Commencé en 1845 et
mis en service en 1846, ce phare s’élève de plus de 45 mètres au
dessus du niveau de la mer et dont le feu porte jusqu’à 18 milles a
deux fonctions : Guider vers la rade de Saint-Denis les navires qui
arrivent du large par l’est. Signaler aux bateaux qui naviguent entre
Sainte Marie et Sainte Suzanne les
récifs du Cousin et de la Marianne.
Avec l’ouverture
du port de la Pointe des Galets en 1886, le trafic maritime se déplace
vers l’ouest. Un second phare est donc construit sur la pointe des
galets. Il fut détruit par l'érosion marine à la fin des années
1970.
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Le port de Saint-Pierre et de la Pointe
des Galets
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En 1854, le
gouverneur Hubert Delisle décide de créer un port à l’embouchure de
la Rivière d’Abord à Saint-Pierre, pouvant accueillir six
voiliers de tonnage moyen. Les travaux
se révèlent longs et difficiles, le budget prévu est rapidement
dépassé. Le port ouvre en 1883, mais à cette date, les navires à
vapeur, plus longs de plus
gros tonnage et ayant un fort tirant d’eau ont supplanté la marine à
voile. Le port de Saint-Pierre, trop petit et victime d’un ensablement
régulier ne peut accueillir ce nouveau type de navire.
Entre
temps les autorités de La Réunion ont poursuivi les prospections afin
de construire un port qui puisse héberger les navires modernes. Le site
de la Ponte des Galets est retenu. En 1872, Pallu de La Barrière à
l’origine de ce projet, obtient une concession de 99 ans pour
construire et exploiter le port. Dans le but d’augmenter la rentabilité
de ce port, il décide de le relier à un chemin de fer pour aller
récupérer les sucres dans les principaux quartiers de l’île. Des
difficultés imprévues augmentent le coût et la durée des travaux.
Lorsque le port entre ne service en 1886 le chantier n’est pas terminé
et Pallu de La Barrière n’a plus d’argent.
La
plupart des navires boudent le nouveau port car les tarifs y sont supérieurs
à ceux pratiqués dans les marines. Pourtant, malgré un ensablement récurrent
du chenal d’entrée, de gros navires y séjournent sans risque. L’Etat
rachète finalement le port en 1888 et prend des mesures fiscales qui
mettent fin à la concurrence des marines. Au début du XXe siècle, le
port de la Pointe des Galets draine progressivement la totalité du
trafic maritime de l’île.
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| Protection |
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A partir de 1735, la
Compagnie des Indes fortifie l’île en érigeant des batteries de canons
le long des côtes pour protéger les navires au mouillage et empêcher
le débarquement d’une armée ennemie.
Les batteries les
plus importantes gardent les mouillages de Saint-Denis et de Saint-Paul
mais on en trouve également à Saint-Pierre, Saint-Leu
Saint-Gilles, La Possession, Sainte Marie, Sainte Suzanne,
Saint-Benoît et Sainte Rose.
La majorité de ces
fortifications, construites en maçonnerie ou en fascines, sont établies
en bordure de mer et elles pointent toutes leurs canons vers le large.
Pour se défendre
Bourbon dispose aussi de quelques troupes de métier, la plupart établies
dans les rades de Saint-Denis et de Saint-Paul.
Afin de repousser
toute attaque venue de la mer, l’île doit surtout compter sur une
milice d’habitants créé à la fin XVIIe siècle et composée de tous
les colons en âge de se battre. A partir de 1767 les libres de couleurs
deviennent également membres de cette milice.
Mais l’ensemble de
ces troupes pauvrement armées et peu motivées, ajoutées aux
fortifications côtières insuffisantes et mal entretenues, rendent
finalement le système de défense de Bourbon très vulnérable.
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| Vestiges |
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Dans plusieurs villes
de La Réunion, de nombreux édifices anciens témoignent encore d’une
activité maritime autrefois prospère.
Quand ils n’ont pas
été détruits par les intempéries ou par l’urbanisation de ces dernières
années, les entrepôts de marchandises qui se trouvaient
près des marines ont été reconvertis.
- Entrepôt kerveguen
à Saint-Pierre qui abrite maintenant le bureau local des T.A.A.F.
- Les entrepôts des
Marines Réunies de Saint-Paul, réaménagés en bureaux pour la marie en
tribunal et en Conservatoire de musique.
- L’ancien bureau de
maître du port sur la baie de Saint-Paul, transformé en maison de
fonction pour les cadres de la DDE.
- Le bassin de radoub
pour navires à voile dans le port de Saint-Pierre, qui sert maintenant de
quai d’amarrage pour les petites embarcations
de pêche.
- A Saint-Denis,
l’immeuble qui fut autrefois le bureau des Messageries Maritimes est désormais
occupé par les services de la préfecture.
- Sur les deux phares
que comptait l’île seul celui de Sainte-Marie subsiste. Il a été
restauré et remis en marche en 1989 après avoir cessé de fonctionner en
1985.
- Il reste également
autour de l’île quelques
vestiges de ponts débarcadères.
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Les épaves de navires
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Une étude
menée par la Confrérie des Gens de la Mer dénombre plus de 200
naufrages survenus autour des côtes de l’île de La Réunion entre le
XVIIe siècle et le XXe siècle. La plupart des navires naufragés, sont
des bâtiments de commerce qui transportaient des vivres, du café ou du
sucre.
Quelques
naufrages de navires pirates et de bâtiments militaires sont aussi recensés.
Différents
types d’embarcations ont fait naufrage le long du littoral réunionnais :
chaloupes, chasse-marée, goélettes, lougres, flûtes, trois-mâts, vapeurs, paquebot
des Messageries Maritimes, etc..
Depuis
1996, la Confrérie des Gens de la Mer a découvert et déclaré aux
Affaires Maritimes 65 épaves ou vestiges de navires des XVIIIe et XIXe siècles,
parmi lesquelles une trentaine nécessiteraient une opération archéologique
approfondie.
Une
seule épave a été explorée, en 1988 : le Warren Hasting, coulé au
large de Saint Philippe en 1852.
Faute
de filière structurée, les trésors restent au fond de l’eau. Il reste
en effet tout à faire à la Réunion pour mettre en valeur la soixantaine
d’épaves qui entoure nos côtes. En l’absence d’un musée de la
mer, les pièces inventoriées sous l’eau ne peuvent être remontées et
présentées au public. Il manque également des moyens de traitement, par
électrolyse notamment, des ferrailles comme les ancres ou les hublots.
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