Michel Debré, Homme politique, maire, député de La Réunion, sénateur, ministre.

Michel Debré.

- Nom : Michel Debré.
- Date de naissance : 15 janvier 1912 à Paris.
- Date de décès : 2 août 1996.
- Fonction(s) :
- Docteur en droit.
- Instructeur des élèves-officiers de cavalerie.
- Sénateur d'Indre-et-Loire.
- Fondateur du Courrier de la colère.
- Garde des Sceaux.
- Premier ministre.
- Député de La Réunion.
- Maire d'Amboise.
- Conseiller général d'Indre-et-Loire.
- Ministre de l'Économie et des finances.
- Ministre des Affaires étrangères.
- Ministre de la Défense nationale.
- Membre de l'Académie française.


Michel Debré, créole un jour, créole toujours.

Michel Debré, est né le 15 janvier 1912 à Paris. Il est le fils du professeur Robert Debré, membre de l'Académie de médecine et de l'Académie des Sciences, fondateur de la pédiatrie française et le rénovateur des études médicales et de Jeanne Debat-Ponsan,l'une des premières femmes internes et chefs de clinique des hôpitaux de Paris.

Michel Debré

Michel Debré étudie à Paris au Lycée Montaigne, puis au Lycée Louis-le-Grand, obtient le diplôme de l'École libre des sciences politiques et devient docteur en droit à l'Université de Paris, et intègre également l'École nationale d'équitation, à Saumur.

1934, Il est reçu à vingt-deux ans au concours de l'Auditorat au Conseil d'État, et entre au Conseil d'État.

1938, il rejoint le personnel du ministre de l'Économie Paul Reynaud.

Mobilisé en 1939 comme instructeur des élèves-officiers de cavalerie, puis affecté à une unité combattante, il est fait prisonnier à Arthenay en juin 1940 mais parvient à s'évader en septembre de cette année. Il rentre alors au Conseil d'État et se montre favorable au général Maxime Weygand. D'avril à octobre 1941, il est chargé de mission à la résidence général du Maroc. Il retourne de nouveau au Conseil, prête serment au maréchal Philippe Pétain et est promu en 1942 maître des requêtes par Joseph Barthélémy, ministre de la Justice du régime de Vichy.

Après l'invasion de la zone libre, en novembre 1942, son maréchalisme disparaît. En février 1943, il s'engage dans la Résistance, adhérant au réseau Ceux de la Résistance (CDLR).

Pendant l'été 1943, il est chargé par le général de Gaulle d'établir la liste des préfets qui remplaceront ceux du régime de Vichy pour le jour de la Libération. Il devient lui-même commissaire de la République à Angers en août 1944.

En 1945, de Gaulle le charge auprès du Gouvernement provisoire d'une Mission de la réforme de la fonction publique, dans le cadre de laquelle il crée l'École nationale d'administration, dont l'idée avait été formulée par Jean Zay avant-guerre.

Sous la Quatrième République, Michel Debré adhère au Rassemblement du peuple français fondé par Charles de Gaulle. Il est sénateur d'Indre-et-Loire, de 1948 à 1958. Il participe à la lutte contre la Communauté européenne de la défense et se situe au premier rang des adversaires à la fois de la supranationalité et de l'intégration atlantique. Il critique vivement l'absence de politique gouvernementale, notamment en Algérie.

En 1957, il fonde Le Courrier de la colère, journal défendant violemment l'Algérie française et appelant au retour du général de Gaulle au pouvoir.

Le courrier de la colère Michel Debré

Il devient Garde des Sceaux en 1958, dans le cabinet du général de Gaulle. Il y joue un rôle important dans la rédaction de la Constitution de la Cinquième République. Celle-ci acceptée, il inaugure la nouvelle fonction de Premier ministre qu'elle prévoit, de janvier 1959 à avril 1962.

Il fait face au redressement économique de la France, à la naissance de la force de dissuasion et au règlement de la guerre d'Algérie. Son temps à l'hôtel Matignon est marqué par de multiples réalisations qui vont de l'établissement de la paix scolaire à la naissance du Centre national d'études spatiales.


Michel Debré et La Réunion.

10 juillet 1959, Michel Debré découvre La Réunion lors d'un voyage de moins de vingt-quatre heures avec le Président.

Après le référendum du 14 avril 1962 approuvant les accords d’Évian, de Gaulle le remplace par Georges Pompidou. En novembre, à l’occasion des élections législatives qui ont suivi la dissolution de l’Assemblée Nationale, Michel Debré tente de se faire élire député en Indre-et-Loire. Battu, il décide en mars 1963 de se présenter à l'élection législative partielle à la Réunion. En effet le Conseil constitutionnel en raison des trop nombreuses irrégularités ayant entaché le scrutin de novembre 1962 a invalidée le 22 février 1963, les résultats de la première circonscription.

Ce choix surprenant s'explique par sa crainte de voir ce qui reste de l'empire colonial français suivre la voie empruntée par l'Algérie, une indépendance dont il ne se console pas.

Ainsi, Michel Debré prend acte de la fondation par Paul Vergès quelques années auparavant du Parti communiste réunionnais, un mouvement qui réclame l'autonomie de l'île et la suppression du statut de DOM et qui a organisé quelques jours auparavant de grandes manifestations dans l'île.

18 mars 1963, Michel Debré fait officiellement savoir qu'il est candidat à l'élection législative partielle dans la première circonscription de La Réunion. " J'ai naturellement hésité, et j'ai donné mon accord ... Lorsque les élus réunionnais sont venus me voir, j'ai demandé une audience au Général de Gaulle. C'était une très grave décision à prendre, mais je l'ai prise et je ne l'ai pas regretté. Le Général m'a donné son accord...

Il semble bien que le processus de désignation ait été décleché par l'Elysée bien avant la fin février, En effet le 26 février 1963, Georges Repiquet sénateur de La Réunion est reçu par le Président de La République, il déclare : " voici pour mémoire ce que le Général de Gaulle m'a dit. La Réunion c'est la France. Je n'ignore pas que vous ayez des problèmes et que ces problèmes vous préoccupent en raison de leur importance, mais la France est un grand pays et peut les solutionner. Une chance s'offre à vous pour les résoudre, c'est la présence de M. Debré. Je serai tout disposer à conseiller à Debré de poser sa candidature à La Réunion, à la condition expresse que La Réunion, à l'exception des communistes souhaite sa candidature ".

15 avril 1963, plus de 3 000 personnes accueillent à Gillot, avec un enthousiasme sans précédent Michel Debré, ancien Premier ministre du Général de Gaulle. L'arrivée de Michel Debré dans l'île entraîne l'afflux d'une horde de journaliste. Dans la foulée de son arrivée à l'aéroport, il se rend à un rassemblement devant l'ancien hôtel de ville de Saint-Denis, organisé par son collaborateur, l'ancien ministre Christian de La Mallène. C'est là que pour la première fois Michel Debré prend la parole en public pour sa campagne. Le Figaro rapporte : " Il insista sur le fait qu'il était le compagnon du Général de Gaulle... Son adversaire réclamant l'autonomie de la Réunion, l'ancien Premier ministre s'attacha à démontrer que cela entraînerait la séparation de la France, l'indépendance et la servitude à Moscou ou à Pékin... ".

1 er mai 1963, point culminant de la campagne de Michel Debré, un imposant rassemblement est organisé par l'A.R.D.F, place Sarda Garriga à Saint-Denis, selon le JIR 15 000 personnes, selon le Monde 10 000 personnes. Ce rassemblement prend l'allure d'un plébiscite en faveur de l'attachement de La Réunion à la France métropolitaine. Après un discours enflammé au cours duquel Michel Debré réaffirme que le seul espoir de développement, de liberté et d'égalité, ne peut se faire que dans l'ensemble français. Le candidat est hissé sur des épaules et porté en triomphe.

Dans la première circonscription deux candidats sont opposés, Paul Vergès PCR et Michel Debré UNR. Debré est soutenu par les socialistes que l'autonomie rebute.

Michel Debré engage dans l'île un véritable marathon électoral qui le conduit directement au contact de la population. Une moyenne de 4 réunions par jours, et jusqu'à 7 le dimanche 28 avril, au total 70 réunions en 3 semaines.

6 mai 1963, Michel Debré est élu député de La Réunion avec 80.75 % des suffrages exprimés, 30 908 voix contre 7 365 pour Paul Vergès. Il est élu malgré l'opposition que suscite localement la mesure frappant les fonctionnaires d'outre-mer qu'il a prise en 1960, l'ordonnance Debré.Il devient immédiatement le leader de la droite locale. Il exercera son mandat de député de La Réunion pendant vingt-cinq ans et dans le même temps sera maire d'Amboise et conseiller général d'Indre-et-Loire.

Ordonnance Debrè du 15 octobre 1960.

Prise par le Premier ministre Michel Debré, en vertu de la loi du 2 février 1960, l'ordonnance Debré est une ordonnance qui autorise les pouvoirs publics français à procéder à l'exil forcé en métropole des fonctionnaires de l'outre-mer troublant l'ordre public. L'ordonnance pose que : " les fonctionnaires de l'État et des établissements publics de l'État en service dans les DOM dont le comportement est de nature à troubler l'ordre public peuvent être, sur la proposition du préfet et sans autre formalité, rappelés d'office en Métropole par le ministre dont ils dépendent pour recevoir une nouvelle affectation. Cette décision de rappeler est indépendante des procédures disciplinaires dont ces fonctionnaires peuvent faire l'objet. Elle est notifiée par l'intermédiaire du Préfet qui peut prendre toutes mesures nécessaires à son exécution. "

1961, Le préfet de La Réunion, Jean François Pierre Perreau-Pradier, applique l'ordonnance Debré. Il renvoie en métropole de 1961 à 1962 treize fonctionnaires communistes agitateurs :

En février 1961 :
- Boris Gamaleya, professeur de collège et son épouse Clélie Gamaleya, professeur certifiée de Lettres.

En août 1961 :
- Bernard Gancarski, professeur de l'Enseignement Technique.
- Georges Thiebaut, inspecteur des Douanes.
- Gervais Barret, professeur de collège et son épouse Nelly Barret, institutrice.
- Jean-Baptiste Ponama, professeur de collège.
- Jean Le Toullec, adjoint technique de l'Équipement.
- Joseph Quasimodo, agent du Trésor.
- Max Rivière, professeur de collège.
- Pierre Rossolin, inspecteur des PTT.
- Roland Robert, professeur de collège.

En 1962 :
- Yvon Poudroux, agent de la Direction Départementale de l'Équipement.

A noter également que le 16 juin 1961, Paul Vergès est inculpé pour atteinte à la sûreté de l'État pour avoir réclamé l'autonomie de La Réunion.

1 er janvier 1962, le préfet de La Réunion, Jean Perreau-Pradier est décoré de la Légion d'honneur par Michel Debré.

Michel Debré

L'élection de Michel Debré comme député de La Réunion, son long passage dans l'île et le poids qu'il conserve à Paris vont avoir des résultats importants. D'abord, la presse nationale s'intéresse à La Réunion : sous ce regard, il y aura progressivement moins de fraudes et d'abus. Ensuite, Debré lui-même est scandalisé par le retard sanitaire et sociale de l'île : le rattrapage va s'accélérer avec lui dans tous les domaines, car le député ministre n'hésitera pas à aller taper du poing dans les administrations centrales pour faire avancer les dossiers. Enfin, la hantise de l'autonomie, sans cesse exprimée par Michel Debré, servira d'aiguillon dans la marche vers l'égalité, à un point tel qu'un jour, cette revendication sera oubliée par le partie communiste réunionnais.

Pour justifier la départementalisation de l'île survenue en 1946 et préserver ses habitants de la tentation indépendantiste, il met en œuvre une politique de développement axée sur la gestion de l'urgence démographique et de la misère qu'elle engendre dans laquelle les observateurs ont reconnu l'attention accordée par son père Robert aux questions sociales. Il fait ouvrir dans l'île le premier centre d'orientation familiale. Il procède par ailleurs à la création de nombreuses cantines scolaires où il fait distribuer gratuitement du lait en poudre aux enfants, le lait Debré. Il lutte personnellement pour obtenir de Paris la création d'un second lycée dans le sud de l'île, au Tampon : il n'y en alors qu'un seul à Saint-Denis pour plusieurs centaines de milliers d'habitants, le Lycée Leconte de Lisle. Il développe également le Service militaire adapté créé par Pierre Messmer.

Considérant que la démographie de l'île est une menace pour son développement, Michel Debré organise durant les années 1960 la migration des Réunionnais vers la métropole. Il crée pour ce faire le BUMIDOM et le CNARM. Dans le même état d'esprit, il fait procéder au déplacement vers l'Hexagone de plus d'un millier d'enfants arrachés à leur famille en vue de repeupler certains départements métropolitains en cours de désertification, notamment la Creuse. Au professeur Denoix qui s'insurgeait de ces pratiques, il répondit dans une lettre : « L'entreprise doit être poursuivie avec d'autant plus de constance qu'elle peut être combinée avec un admirable mouvement d'adoption que nous n'arrivons pas toujours à satisfaire. »

On lui reproche également d'avoir étouffé la culture réunionnaise, notamment le maloya. Genre musical inspiré des pratiques des esclaves, il présentait en effet un profil désavantageux aux yeux de l'élu dans la mesure où il suscitait des sympathies autonomistes.

1963, Michel Debré, alors député de La Réunion se préoccupe de la protection du patrimoine réunionnais, il écrit :

" Parmi les graves et urgents problèmes de La Réunion, il en est un qui ne paraît pas des plus importants et qui mérite cependant d'être pris en considération par les pouvoirs publics, par les hommes de l'art, et aussi par chaque Réunionnais : je veux parler du classement des sites, des quartiers de villes, des monuments qui méritent d'être protégés pour leur beauté, leur intérêt artistique ou historique. Jusqu'à présent, le problème a été laissé de côté, mais la modernisation de l'île, son expansion démographique, les multiples transformations que l'on constate et celles que l'on imagine imposent un examen. Encore une fois, il ne s'agit pas, tant s'en faut, du premier de nos problèmes, mais il existe. Ce serait une erreur que de ne pas l'examiner, pire encore de le mépriser.

La Réunion est fière de son passé et le sentiment populaire est tissé d'une longue tradition. Il est dommage que la grotte où habitaient les premiers débarqués soit laissée à l'abandon. Il n'est pas indifférent que demeurent ou soient détruits les bâtiments de la Compagnie des Indes, l'ancien collège des Lazaristes ou le vieux portail du lycée Leconte de Lisle. Toutes les générations se retrouvent, ou se recherchent dans leur passé. Des prêts à bas taux d'intérêt pourraient être consentis aux propriétaires de vieilles maisons créoles pour les aider à les restaurer : c'est, en faveur du tourisme, une dépense qui en vaut bien d'autres. Le tourisme peut être un utile appoint. Mais si l'on laisse se gâcher le site de Cilaos, si la plage à la mode perd son charme, si les maisons créoles disparaissent, si le style nouveau est dépourvu de tout caractère, pourquoi venir à La Réunion ? Il faut protéger sites, monuments, maisons et rues typiques. Une action en ce sens, modérée dans son extension mais rigoureuse dans son application, doit prendre place désormais dans les préoccupations des autorités publiques. Tout urbanisme rénovateur doit laisser sa place à la sauvegarde d'un passé qui est à la fois l'expression d'une âme et la source d'une richesse. "

Son engagement réunionnais n'empêche pas Michel Debré de se voir confier de nouveaux postes. Il accepte surtout plusieurs portefeuilles ministériels, à commencer par celui de l'Économie et des finances. Il sera également aux Affaires étrangères puis à la Défense au début des années 1970.

5 mars 1967 et 12 mars 1967, élections législatives, Michel Debré est réélu député de La Réunion dans la première circonscription, étant toujours en poste au gouvernement comme Ministre de l'Économie et des Finances, il laisse son poste de député à Henry Sers son suppléant le 8 mai 1967.

Juin 1968, une nouvelle fois Michel Debré est élu député de La Réunion dans la première circonscription est une nouvelle fois il laisse sa place à l'assemblé nationale à Henry Sers le 12 août 1968, Michel Debré est Ministre des Affaires étrangères en 1968 et Ministre de la Défense nationale en 1969. Henry Sers reste en poste à l'assemblée Nationale jusqu'en avril 1973.

Il quitte définitivement le gouvernement de la France en 1973 et cesse volontairement d'appartenir au Parlement en juin 1988.

Candidat à l'élection présidentielle de 1981, il ne recueille que 1,66 % des voix.

Juin 1981, Michel Debré se présente une nouvelle fois aux élections législatives de La Réunion, dans la première circonscription, il est élu au deuxième tour avec 32 150 voix, soit 59.18 % des suffages exprimés, face à Bruny Payet, 22 178 voix, 40.82 % des suffrages exprimés. Résultats des élections législatives de juin 1981 à La Réunion. Il est réélu député de La Réunion dans la première cisrconscription en 1986.

24 mars 1988, il est élu au premier fauteuil de l'Académie française, succédant au prince Louis de Broglie mort le 19 mars 1987. Sa réception officielle eut lieu le 19 janvier 1989. Après sa disparition, il fut remplacé, le 20 mars 1997, par François Furet, mort avant d'avoir pu siéger sous la Coupole, puis, le 18 juin 1998, par René Rémond.

Atteint de la maladie de Parkinson durant les dernières années de sa vie, Michel Debré meurt le 2 août 1996. Il est enterré au cimetière d'Amboise, commune dont il a été maire de 1966 à 1989.



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