Monseigneur
Frédéric Fuzet, arrive à La Réunion le 23
avril 1888, il remplace l'évêque Dominique Joseph Coldefy
qui a quitté l'île le 21 décembre 1886, en laissant
la gestion du diocèse à l’abbé Dupérier,
second vicaire général.
Fuzet croit à l’alliance
possible du christianisme et de la Démocratie et souhaite employer
tout ce qu’il a d’intelligence et d’énergie à
réunir la démocratie à l’Eglise dans la concorde
et dans la paix, ce qui explique l’accueil mitigé que lui
réservent les milieux catholiques et monarchistes de La colonie.
Le premier acte de l’évêque
est de renvoyer l’abbé Chalvet vicaire général,
qui pendant deux années, 1883 - 1884, lors de l'absence pour raison
de santé de Monseigneur Dominique Joseph Coldefy à pris
en charge le diocèse de La Réunion. L’abbé
se met alors au service de l’évêque de Port-Louis qui
le nomme vicaire général.
Mgr Fuzet remue ciel et terre
pour réconcilier l’Eglise et l’Etat à La Réunion.
Alors que l’anticléricalisme est à la mode, que la
majorité du clergé reste royaliste, l’évêque
républicain réussit à apaiser les susceptibilités
gouvernementales et fait suspendre les mesures restrictives pouvant toucher
à la vie de l’église.
Août 1888, une mésente
s'installe entre Mgr Fuzet et plusieurs prêtres créoles,
P. Adam, supérieur local des spiritains, écrit en août
1888 :
" On dit dans le public
que Monseigneur n’aime pas les prêtres créoles, il
est brouillé avec tous : l’abbé Murat interdit ; l’abbé
Puren, il ne peut pas le sentir ; les deux pères de Villèle,
il voudrait à tout prix les faire partir ; il refuse de donner
un poste à l’abbé Cacqueray et à l’abbé
Ozoux ; l’abbé Barré est brouillé avec lui
"
. L'évêque répond
: " Les prêtres créoles ont de grandes prétentions
et tout leur semble injustice quand ils ne sont pas les premiers à
la meilleure place ".
Les prêtres créoles
diocésains et les pères jésuites s'unissent et s'opposent
à l’évêque, l’opposition est amplifiée
par la presse qui exerce une grosse influence. L’évêque
est rejeté dans le camp des incroyants et des politiciens. Excédé
Monseigneur Fuzet interdit le journal catholique et se sert des journaux
antireligieux pour faire passer ses communications et mandements.
En théologie et en
droit canon, Monseigneur Fuzet tient toutes les positions les plus sévères
et les plus classiques. Il répond aux attentes d’une population
friande de cérémonies religieuses en faisant embellir les
églises et ennoblir les cultes. Lors des offices pontificaux en
la cathédrale tout autre office est interdit à Saint Denis.
Tout le clergé doit être présent : chanoines, curés,
vicaires, professeurs de collège, jésuites, spiritains.
En outre, afin de reconnaître les mérites de certains prêtres,
il obtient de Léon XIII des lettres apostoliques autorisant les
chanoines de La Réunion à porter une croix pectorale.
Son épiscopat à
La Réunion se termine mal, c'est avec l'hostilité de la
majorité de son clergé qu'il quitte l'île en mars
1893. personne ne le regrette, pas même ses amis, du fait de sa
trop forte personnalité sans doute. Cependant cet homme, dont l’envergure
intellectuelle est reconnue par tous les hommes de la République,
emporte l’estime général. Son successeur à
La Réunion est nommé le 26 novembre 1892, Monseigneur Jacques-Paul-Antonin
Fabre.
Il est alors nommé
évêque de Beauvais, où les campagnes de presse hostiles
se multiplient. Il est accusé de tous les maux, y compris de piller
les objets religieux dans les églises de son diocèse !
En 1899, il est nommé
archevêque de Rouen, et ce jusqu'à sa mort en 1915. Son épiscopat
y est plus apaisé. Son attitude lors de la Séparation des
Églises et de l'État en 1905-1906 est saluée par
les catholiques, jusqu'au pape Pie X.
Lorsqu'éclate la Première
Guerre mondiale, il adhère sans réserve à l'«
Union sacrée », mais il succombe à une crise cardiaque
le 20 décembre 1915. Ses obsèques seront présidées
par l'archevêque de Paris, la cardinal Amette. Il est enterré
dans la chapelle Jeanne-d'Arc de la cathédrale de Rouen.
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