1937,
le pape Pie XI condamne dans l'Encyclique Divini Redemptoris, le communiste
comme athée et intrinsèquement pervers. L'église
de La Réunion diffuse largement ce principe. Dans sa lettre pastorale
de l'année 1937, sur les devoirs des catholiques dans les circonstances
actuelles, Monseigneur Cléret de Langavant donne trois directives
aux catholiques en matière de vote.
- La première, c'est de voter de préférence
pour un candidat catholique pratiquant.
- La deuxième, c'est de ne pas voter pour un franc-maçon
ou un ennemi de l'église.
- La troisième, c'est de voter pour le candidat dont le programme
donne le plus de satisfaction sur le plan religieux.
24 mai 1940,
Monseigneur de Langavant fait, sur le parvis de la Cathédrale,
" le voeu, au nom du Diocése, de bâtir une église
en l'honneur de Notre Dame de la Paix pour obtenir la fin de la guerre
et le salut de la France ". L'évêque choisit Saint-Gilles
les bains pour bâtir l'édifice, un vaste terrain est donné
par la famille De Villèle, il fait lui même les plans en
s'inspirant de l'église Saint-Louis à Vincennes. 12 avril
1941,
en présence du Gouverneur de la colonie et de son chef de Cabinet,
Monseigneur de Langavant bénit la première pierre de l'édifice.
L'église Notre Dame de La Paix à Saint-Gilles les Bains
peut enfin servir au culte que bien des années après, Monseigneur
Langavant bénit l'édifice le 13 août 1956.
23 juin 1940. La Réunion
apprend grâce aux radios étrangères la signature de
l’armistice. D’une colonie à l’autre les gouverneurs
se consultent, doit-on s’aligner sur le gouvernement de Bordeaux
ou poursuivre la lutte à outrance ? Le gouverneur de La Réunion
Pierre
Emile Aubert à faix le choix de l'obéissance et de la
légitimité. Pour Aubert, le seul gouvernement légal
c'est celui de Bordeaux. Monseigneur Cléret de Langavant est de
même avis que le gouverneur.
28 juin 1940, pour pacifier
les esprit l'évêque précise dans Dieu et Patrie que
la signature de la paix laissant la maîtrice des mers à l'angleterre,
La Réunion reste hors atteinte de la menace allemande ou italienne.
Dès lors les réunionnais n'ont qu'une chose à faire
pour être utile à la France : " travailler "
" Travailler pour ramasser
notre récolte de cannes, qui dans les circonstances actuelles ont
une valeur bien autrement stable que les billets de banque ou les actions
et obligations.
Travailler pour pouvoir venir
en aide à la France qui fera appel à ses Colonies, pour
relever les ruines immenses causées par la guerre.
Travailler pour assurer la
subsistances du Pays, planter du maïs, du manioc, des pommes de terre,
des patates et toutes sortes de légumes. Inutile de se lamenter
sur l'issue malheureuse de la guerre, cela ne sert à rien. Pour
relever le drapeau de la France, il faut se mettre au travail ".
29 juin 1940, lors d'une
Commission consultative de Défense à laquelle sont invitées
toutes les personnalités civiles et militaires de Saint-Denis présentes
dans l'île, le gouverneur Aubert, pour qui la légalité
du gouvernement de Bordeaux ne fait pas l'ombre d'un doute, bloque le
débat en posant la question de confiance et de l'obéissance
au gouverneur lui-même. Il obtient sur ce point l'unanimité,
ce qui lui permettra d'amarrer la Réunion au train du gouvernement
du maréchal Pétain.
10 juillet 1940, à
l'Assemblée nationale, les deux députés de La Réunion,
Lucien Gasparin et Auguste Brunet, votent les pleins pouvoirs au maréchal
Pétain, le héros de Verdun.
L'opposition au régime
de Vichy au moment de son installation à La Réunion n'est
pas négligeable. Monseigneur Cléret de Langavant reconnaît
le 27 juillet 1940 dans son journal intime " il y a cependant un
fort courant d'opposition qui regrette que l'on ne soit pas livré
à l'Angleterre ".
Dans sa lettre pastorale
de l'année 1941, l'évêque recommande à nouveau
l'obéissance au régime : " l'opposition devient une
illégalité, mais encore une désobéissance...
un manquement à nos devoirs envers la Patrie ".
C'est pendant la seconde
guerre mondiale que l'église
Saint-Gabriel de La Montagne est consacrée Monseigneur Cléret
de Langavant, et Monseigneur Le Hunsec Supérieur général
de la Congrégation des Pères du Saint-Esprit, venu de Madagascar
pour la circonstance.
En 1941, le clergé
de La Réunion décide la construction d'un mausolée,
au cimetière du Butor à Saint-Joseph, en reconnaissance
des grâces de Scholastique
Malet. L'architecte du mausolée est Monseigneur Cléret
de Langavant. L'édifice est constitué de pierres de taille
provenant de tombeaux abandonnés.
Les proclamations pétainistes
de Monseigneur Cléret de Langavant ne l'empêchent pas de
servir de médiateur lors de l'arrivée des Forces Libres
dans la colonie le 28 novembre 1942
dans les négociations entre l'ancien et le nouveau gouverneur André
Capagorry, lesquelles aboutissent à la réddition du
gouverneur Pierre
Émile Aubert.
Immédiatement, après
l'installation du nouveau gouverneur Capagorry, Monseigneur Cléret
de Langavant collabore avec lui. " je n'ai aucun scrupule à
collaborer loyalement avec ce gouverneur et à l'aider dans sa tâche,
tout en conservant dans mon for intérieur toute ma symapthie pour
le maréchal Pétain."
Langavant est critiqué
à maintes reprises après la guerre, sur son passé
de pétainiste. Il repond à ses détracteurs en juin
1946 :
" On fait de moi un
Pétainiste notoire. En vérité,je n'ai pas été
plus pétainiste que les millions de Français qui croyaient
au Maréchal en entendant son panégyrique par des hommes
qui s'appelaient Léon Blum, Herriot, Jeanneney, Paul Boncour, ces
hommes nous disant que Pétain, était le plus noble, le plus
humain de nos chefs militaires et nous adjurant de ne pas troubler l'accord
qui s'est établi dans la nation au milieu de notre détresse
sous son autorité. Ancien soldat de Verdum, moi-même, je
fus renforcé dans mon sentiment par une Conférence du Général
de Gaulle prononcée à l'Université des Annales en
1938, où Pétain était donné comme l'homme
de la lucidité ".
Janvier 1947, sous la présidence
de Monseigneur Cléret de Langavant, le cercueil contenant les restes
du Frère
Scubilion, est déposé dans un mausolée à
l’angle des rues Montreuil et Monseigneur
de Beaumont à Saint-Denis.
L'église Saint Christophe
de La Chaloupe Saint-Leu est consacrée en 1950
sous l’épiscopat de Monseigneur François Émile
Marie Cléret de Langavant. L'évêque donne l'impulsion
pour la construction de la chapelle
du Petit Serré, qui est bénite le 28 décembre 1959.
4 novembre 1956, suite à
l'intervention militaire soviétique en Hongrie Monseigneur Cléret
de Langavant fait un appel à la radio, de même que Jean
Perreau-Pradier, le préfet de La Réunion pour appeler
les Réunionnais à la solidarité avec les Hongroies.
1 611 700 F sont collectés en faveur des victimes des évènements
de Hongrie.
Novembre 1960,
il donne sa démission, dans sa lettre de démission envoyée
au Pape, Monseigneur de Langavant demande à rester dans le diocèse.
Le 21 octobre 1960, Rome le nomme évêque titulaire de Mactaris,
un siège épiscopal n’existant plus dans les faits.
Il reste donc à La Réunion et administre le diocèse
en dans l'attente de son successeur Monseigneur Georges Guibert.
1961, Il est nommé
curé de la paroisse Sainte Famille à Saint-Joseph.
3 novembre 1968, sur la demande
de Monseigneur Guibert il devient aumônier des Moniales Dominicaines
de la Providence.
1975, il publie son fascicule : Pour l’histoire
du diocèse 1935-1961.
4 juin 1979, il prend l’avion
pour rejoindre en métropole l’abbaye de Langonnet en Bretagne.
" J’ai pensé longtemps mourir ici, ( La Réunion
) mais cela tarde trop… J’ai pris la décision de me
retirer à Langonnet où je trouverai la paix et le silence
"
24 avril 1982 au 17 mai 1982, Monseigneur
Langavant fait un séjour à La Réunion, il est invité
pour l'inauguration du nouveau bâtiment de l'évêché
à Saint-Denis de La Réunion.
Monseigneur Cléret
de Langavant décéde le 16 septembre 1991, à l’âge
de 95 ans à l’abbaye de Notre Dame de Langonnet dans le Morbihan.
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