Monseigneur Cléret de Langavant

Monseigneur Cléret de Langavant, Évêque de La Réunion du 10 décembre 1934 au 21 octobre 1960.

Monseigneur Cléret de Langavant.

- Nom : François-Emile-Marie Cléret de Langavant.
- Naissance : 2 février 1896 à Saint-Malo.
- Décès : 16 septembre 1991 à Langonnet, Morbihan.


François-Emile-Marie Cléret de Langavant est né le 2 février 1896 à Saint-Malo. Par sa mère, il est parent de Monseigneur de Beaumont, évêque du diocèse de La Réunion de 1917 à 1934. Il passe son enfance dans la maison familiale située dans le quartier Moka à Saint-Malo.

Il commence ses études au Grand Séminaire de Rennes.

Pendant la guerre, il est enrôlé et fait un stage à Saint-Cyr. Il est nommé aspirant et combat à la tête d’un régiment de tirailleurs sénégalais au chemin des Dames.

Monseigneur François Émile Marie Cléret de Langavant évêque de La Réunion

Après la guerre il reprend ses études au Noviciat des Pères du Saint-Esprit de Neufgrange dans le département de la Moselle puis au Séminaire Français de Rome, il en sort Docteur en théologie.

Cléret de Langavant est ordonné prêtre le 23 septembre 1922.

De 1927 à 1929, il occupe le poste de directeur du Séminaire Colonial de la rue Lhomond à Paris dans le quartier du Val de Grâce, cinquième arrondissement.

24 octobre 1929, il est nommé Vicaire de la Cathédrale de Port-Louis à L'île Maurice.

Sacre de Mgr Cléret de Langavant à Saint-Malo

Le 5 janvier 1935, il reçoit un télégramme de R. P. Le Hunsec Supérieur général de la Congrégation des Pères du Saint-Esprit, lui apprenant qu'il est nommé Évêque de La Réunion.

Sa nomination connué, le révérend-père quitte Maurice pour la france, où il passera quelques mois, le25 avril 1935, François-Emile-Marie Cléret de Langavant est ordonné à la cathédrale de Saint-Malo.

Le Journal L'ouest Eclair relate l'évènement, le 26 avril 1935 :
Titre : "Mgr Cléret de Langavant, le nouvel évêque de La Réunion a été sacré hier à Saint-Malo par Mgr Mignen, archevêque de Rennes."
Extait de l'article :

"Le sacre d'un évêque surtout d'un évêque malouin ne s'était pas vu dans la cathédrale de Saint-Malo depuis fort longtemps bien avant le Révolution qui devait supprimer le siège épiscopale de la cité corsaire.

Aussi le sacre de Mgr Cléret de Langavant, évêque de La Réunion, île de notre domaine colonial où s'illustrèrent d'autres Malouins, Mahé de la Bourdonnais et Surcouf, a-t-il pris le caractère d'une manifestation locale qui comptera dans les fastes de la petite ville corsetée de granit, ville petite par sa superficie, mais où l'on s'enorgueillit à juste titre de compter des grands hommes dont les noms marquent l'histoire locale depuis des siècles.

Saint-Malo s'est donc associé de tout coeur à cette élévation dans la hiérarchie ecclésiastique de l'un de ses fils, promu à l'âge de 38 ans évêque d'une vieille possession française.

Mgr Cléret de Langavant, dont la famille est bien connue à Saint-Malo où le nom de son père, décédé l'an dernier, le commandant Cléret de Langavant, restera toujours respecté de ceux qui s'inclinent devant des opinions sincères. Mgr Cléret de Langavant recevait hier matin la consécration épiscopale... Les cérémonies commencèrent vers 9h30... Au tout premier rang la famille du nouvel évêque : sa vénérable mère et ses deux soeurs assistaient à la cérémonie avec toute la joie qu'ont imaginer. Et derrière c'était la foule, la foule avide et curieuse..."

Séminaire de Cilaos

5 août 1935, Monseigneur Cléret de Langavant arrive à La Réunion, au port de la pointe des Galets sur le paquebot la Ville d'Angers.

Monseigneur Cléret de Langavant va diriger le diocèse de La Réunion pendant 25 ans. Sur le même bateau sont présent le Père Clément Raimbault qui va prendre en charge la paroisse Saint-Gabriel de la Montagne et la léproserie Saint-Bernard qui est à quelques kilomètres, et Monseigneur Leen évêque de l'île Maurice.

Sous son épiscopat, il développe le séminaire de Cilaos, pour Monseigneur de Langavant, " le séminaire de Cilaos est une oeuvre capitale. Sans cette oeuvre, tout le reste est condamné à périr ". Avec l'aide du curé de Cilaos le Père Boiteau qui est aussi directeur du séminaire, il organise le recrutement de petit séminariste intéressé par le sacerdoce, au moyen de tournées des responsables du séminaire dans les paroisses, ainsi que les appels en chaire. Pour soutenir financièrement le séminaire, les élèves dont le but n’est pas le sacerdoce y sont acceptés. Tous les élèves suivent leur formation de la Septième à la Quatrième. Puis les futurs prêtres s’en vont à Allex dans la Drôme pour trois années, puis enfin six années de Philosophie et de Théologie au Grand Séminaire Colonial de la rue Lhomond à Paris.

26 avril 1936, les élections législatives. Le jour des élections les passions se déchaînent et la tragédie est au rendez-vous. Au soir des opérations électorales, entre fraudes et folklore, les armes ont parlé. La colonie compte neuf morts et cinquante blessés.

Notre Dame de La Paix Saint-Gilles Les Bains

Monseigneur Cléret de Langavant s'indigne de cette tragédie électorale. Les quatre électeurs qui meurent sous les balles des gendarmes le jour de scrutin dans la première circonscription devant la maire de Sainte-Suzanne amènent l'Église a dénoncer ce recours cynique à la fraude. Comme elle s'est tue jusqu'ici, cette attitude inattendue et audacieuse déplaît. La présentation des faits dans son journal Dieu et Patrie diffère totalement de celle de l'administration. Alors que celle-ci prétend que les gendarmes ont été obligés de faire usage de leurs armes pour protéger la mairie qui allait être prise d'assaut par des électeurs excités par le candidat René Payet, l'Église affirme d'une part, qu'il s'agit d'électeurs mécontents de ne pas pouvoir voter et d'autre part, que les gendarmes ont tiré sur eux alors qu'ils s'enfuyaient et que ceux qui tentaient de porter secours aux blessés n'ont pas été ménagés non plus. A l'issue de ce scrutin, les relations se refroidissent entre l'évêque qui a fai réciter un De Profondis à la cathédrale pour les victimes de cette journée, le gouverneur Alphonse Paul Albert Choteau et les élus.

Reçu par le gouverneur Choteau pour expliquer l'attitude de quelques prêtes qui ont soutenu René Payet, l'évêque fait observer qu'il ne peut sévir, puisque d'autres ont agi en faveur des candidats vainqueurs, Lucien Gasparin et Auguste Brunet. La discussion devient plus orageuse, mais ils se séparent apparemment en bons termes. L'accueil qui les est réservé quelques jours plus tard à l'hôtel du gouvernement lors de la maladie du gouverneur et après sa mort prouve que ses remarques n'ont pas été appréciées et ont inquiété le gouverneur.

Dès leur retour à Paris, les parlementaires réélus et le sénateur Léonus Bénard, interviennent auprès du ministre des Colonies pour réclamer son départ. Ils le dépeignent comme " un évêque qui méprise les petits, ne fréquente que les riches et se même constamment de politique." Leurs plaintes sont transmises à la Sacrée Congrégation de la Propagande par l'intermédiaire de la Congrégation des Pères du Saint-Esprit.

Église Saint-Gabriel à La Montagne

La nomination d'un nouvel évêque n'étant pas du ressort direct du gouvernement, ils échouent dans leur manœuvre. Monseigneur Cléret de Langavant ne se montre pas pour autant rancunier, il va saluer le sénateur Léonus Bénard lors d'une séance de la Société des Sciences et arts en 1937. Quand il apprend que cet homme politique est souffrant, il demande au Père Françoise, ami de la famille, de prendre de ses nouvelles et à l'occasion d'une de ses visites à Saint-Louis, il se rend à son chevet. Sa grandeur d'âme est bien appréciée puisque quelques jours plus tard, le sénateur verse une obole destinée à la construction de l'église de Cilaos, notre Dame des Neiges.

1937, le pape Pie XI condamne dans l'Encyclique Divini Redemptoris, le communiste comme athée et intrinsèquement pervers. L'église de La Réunion diffuse largement ce principe. Dans sa lettre pastorale de l'année 1937, sur les devoirs des catholiques dans les circonstances actuelles, Monseigneur Cléret de Langavant donne trois directives aux catholiques en matière de vote :
- La première, c'est de voter de préférence pour un candidat catholique pratiquant.
- La deuxième, c'est de ne pas voter pour un franc-maçon ou un ennemi de l'église.
- La troisième, c'est de voter pour le candidat dont le programme donne le plus de satisfaction sur le plan religieux.

24 mai 1940, Monseigneur de Langavant fait, sur le parvis de la Cathédrale, " le voeu, au nom du Diocése, de bâtir une église en l'honneur de Notre Dame de la Paix pour obtenir la fin de la guerre et le salut de la France ". L'évêque choisit Saint-Gilles les bains pour bâtir l'édifice, un vaste terrain est donné par la famille De Villèle, il fait lui même les plans en s'inspirant de l'église Saint-Louis à Vincennes. 12 avril 1941, en présence du Gouverneur de la colonie et de son chef de Cabinet, Monseigneur de Langavant bénit la première pierre de l'édifice. L'église Notre Dame de La Paix à Saint-Gilles les Bains peut enfin servir au culte que bien des années après, Monseigneur Langavant bénit l'édifice le 13 août 1956.

23 juin 1940. La Réunion apprend grâce aux radios étrangères la signature de l’armistice. D’une colonie à l’autre les gouverneurs se consultent, doit-on s’aligner sur le gouvernement de Bordeaux ou poursuivre la lutte à outrance ? Le gouverneur de La Réunion Pierre Emile Aubert à faix le choix de l'obéissance et de la légitimité. Pour Aubert, le seul gouvernement légal c'est celui de Bordeaux. Monseigneur Cléret de Langavant est de même avis que le gouverneur.

28 juin 1940, pour pacifier les esprit l'évêque précise dans Dieu et Patrie que la signature de la paix laissant la maîtrice des mers à l'angleterre, La Réunion reste hors atteinte de la menace allemande ou italienne. Dès lors les réunionnais n'ont qu'une chose à faire pour être utile à la France : " travailler "

" Travailler pour ramasser notre récolte de cannes, qui dans les circonstances actuelles ont une valeur bien autrement stable que les billets de banque ou les actions et obligations.

Travailler pour pouvoir venir en aide à la France qui fera appel à ses Colonies, pour relever les ruines immenses causées par la guerre.

Travailler pour assurer la subsistances du Pays, planter du maïs, du manioc, des pommes de terre, des patates et toutes sortes de légumes. Inutile de se lamenter sur l'issue malheureuse de la guerre, cela ne sert à rien. Pour relever le drapeau de la France, il faut se mettre au travail ".

29 juin 1940, lors d'une Commission consultative de Défense à laquelle sont invitées toutes les personnalités civiles et militaires de Saint-Denis présentes dans l'île, le gouverneur Aubert, pour qui la légalité du gouvernement de Bordeaux ne fait pas l'ombre d'un doute, bloque le débat en posant la question de confiance et de l'obéissance au gouverneur lui-même. Il obtient sur ce point l'unanimité, ce qui lui permettra d'amarrer la Réunion au train du gouvernement du maréchal Pétain.

10 juillet 1940, à l'Assemblée nationale, les deux députés de La Réunion, Lucien Gasparin et Auguste Brunet, votent les pleins pouvoirs au maréchal Pétain, le héros de Verdun.

L'opposition au régime de Vichy au moment de son installation à La Réunion n'est pas négligeable. Monseigneur Cléret de Langavant reconnaît le 27 juillet 1940 dans son journal intime " il y a cependant un fort courant d'opposition qui regrette que l'on ne soit pas livré à l'Angleterre ".

Dans sa lettre pastorale de l'année 1941, l'évêque recommande à nouveau l'obéissance au régime : " l'opposition devient une illégalité, mais encore une désobéissance... un manquement à nos devoirs envers la Patrie ".

C'est pendant la seconde guerre mondiale que l'église Saint-Gabriel de La Montagne est consacrée Monseigneur Cléret de Langavant, et Monseigneur Le Hunsec Supérieur général de la Congrégation des Pères du Saint-Esprit, venu de Madagascar pour la circonstance.

En 1941, le clergé de La Réunion décide la construction d'un mausolée, au cimetière du Butor à Saint-Joseph, en reconnaissance des grâces de Scholastique Malet. L'architecte du mausolée est Monseigneur Cléret de Langavant. L'édifice est constitué de pierres de taille provenant de tombeaux abandonnés.

Mausolée de Scholastique Malet à Saint-Joseph

Les proclamations pétainistes de Monseigneur Cléret de Langavant ne l'empêchent pas de servir de médiateur lors de l'arrivée des Forces Libres dans la colonie le 28 novembre 1942 dans les négociations entre l'ancien et le nouveau gouverneur André Capagorry, lesquelles aboutissent à la réddition du gouverneur Pierre Émile Aubert.

Immédiatement, après l'installation du nouveau gouverneur Capagorry, Monseigneur Cléret de Langavant collabore avec lui. " je n'ai aucun scrupule à collaborer loyalement avec ce gouverneur et à l'aider dans sa tâche, tout en conservant dans mon for intérieur toute ma symapthie pour le maréchal Pétain."

Langavant est critiqué à maintes reprises après la guerre, sur son passé de pétainiste. Il repond à ses détracteurs en juin 1946 : " On fait de moi un Pétainiste notoire. En vérité,je n'ai pas été plus pétainiste que les millions de Français qui croyaient au Maréchal en entendant son panégyrique par des hommes qui s'appelaient Léon Blum, Herriot, Jeanneney, Paul Boncour, ces hommes nous disant que Pétain, était le plus noble, le plus humain de nos chefs militaires et nous adjurant de ne pas troubler l'accord qui s'est établi dans la nation au milieu de notre détresse sous son autorité. Ancien soldat de Verdum, moi-même, je fus renforcé dans mon sentiment par une Conférence du Général de Gaulle prononcée à l'Université des Annales en 1938, où Pétain était donné comme l'homme de la lucidité ".

Janvier 1947, sous la présidence de Monseigneur Cléret de Langavant, le cercueil contenant les restes du Frère Scubilion, est déposé dans un mausolée à l’angle des rues Montreuil et Monseigneur de Beaumont à Saint-Denis.

L'église Saint Christophe de La Chaloupe Saint-Leu est consacrée en 1950 sous l’épiscopat de Monseigneur François Émile Marie Cléret de Langavant. L'évêque donne l'impulsion pour la construction de la chapelle du Petit Serré, qui est bénite le 28 décembre 1959.

4 novembre 1956, suite à l'intervention militaire soviétique en Hongrie Monseigneur Cléret de Langavant fait un appel à la radio, de même que Jean Perreau-Pradier, le préfet de La Réunion pour appeler les Réunionnais à la solidarité avec les Hongroies. 1 611 700 F sont collectés en faveur des victimes des évènements de Hongrie.

Novembre 1960, il donne sa démission, dans sa lettre de démission envoyée au Pape, Monseigneur de Langavant demande à rester dans le diocèse. Le 21 octobre 1960, Rome le nomme évêque titulaire de Mactaris, un siège épiscopal n’existant plus dans les faits. Il reste donc à La Réunion et administre le diocèse dans l'attente de son successeur Monseigneur Georges Guibert.

1961, Il est nommé curé de la paroisse Sainte Famille à Saint-Joseph.

3 novembre 1968, sur la demande de Monseigneur Guibert il devient aumônier des Moniales Dominicaines de la Providence.

1975, il publie son fascicule : Pour l’histoire du diocèse 1935-1961.

4 juin 1979, il prend l’avion pour rejoindre en métropole l’abbaye de Langonnet en Bretagne. " J’ai pensé longtemps mourir ici, ( La Réunion ) mais cela tarde trop… J’ai pris la décision de me retirer à Langonnet où je trouverai la paix et le silence "

24 avril 1982 au 17 mai 1982, Monseigneur Langavant fait un séjour à La Réunion, il est invité pour l'inauguration du nouveau bâtiment de l'évêché à Saint-Denis de La Réunion.

Monseigneur Cléret de Langavant décéde le 16 septembre 1991, à l’âge de 95 ans à l’abbaye de Notre Dame de Langonnet dans le Morbihan.



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