Muscadier
aromatique.
- Nom : Muscadier aromatique.
- Nom scientifique : Myristica fragrans Houtt.
- Famille : Myrtaceae
- Myrtacées.
- Origine : Archipel des Moluques en Indonésie.
C'est une histoire intéressantes
que celle des efforts qui furent tentés à plusieurs reprises
pour introduite à La Réunion et à l'île Maurice le
Muscadier. Il ne fallut rien moins que le zèle éclairé
et la persévérance de Pierre Poivre,
pour doter Les colonies de cet arbre à épices.
Déjà avant
1754, Pierre Poivre, l'infatigable voyageur, de retour d'une première
exploration avait rapporté à l'île de France ( Maurice
) cinq plants de muscadiers et un assez grand nombre de noix muscades
propres à la germination.
Ces plants furent distribués
par Poivre lui-même entre trois colons de cette île au moment où,
avec l'appui de Bouvet, il s'éloignait une seconde fois sur la
frégate la Colombe.
Le 8 juin 1755, il était
de retour à l'île de France et remettait au Conseil Supérieur
plusieurs plants de muscadiers et une assez grande quantité de
noix muscades qu'il avait obtenues, à Timor, du roi Indien et du Gouverneur
portugais qu'il avait su intéresser tous deux à son entreprise.
Avec la complicité de Joseph
Hubert à la Réunion, il réussit à l'introduire
dans l’île du côté de Saint-Benoît.
Le Muscadier est d'un port
élégant et d'une taille qui peut s'élever à dix mètres
environs. Son bois tendre est recouvert d'une écorce cendrée.
Son tronc soutient une cime arrondie et touffue.
La culture de cet arbre tropical,
comme le giroflier, nécessite une température de 22 °C en
moyenne, un sol humide, poreux, à proximité de la mer mais
protégé des rayons directs du soleil.
Les branches sont garnies
de feuilles alternes. Elles sont entières, lisses et pétiolées.
Leur surface supérieure est d'un beau vert brillant quand à l'inférieure,
sa couleur est plus terne avec un vert tirant sur le blanc. La feuille
est de forme ovalaire, se terminant en pointe à l'extrémité
et attachée à la tige par un pétiole assez court.
Les fleurs forment des bouquets
axillaires très odorants. Elles sont jaunes ou blanches, jaspées
de rose et inclinées. Les fleurs se composent d'un périanthe,
ou enveloppe simple, urcéolé à trois divisions, les
mâles ayant leurs étamines, au nombre de 6 à 15, soudées
en un tube ou colonne cylindrique, et les femelles présentant un
ovaire à une seule loge surmonté d'un pistil unique. Les
fleurs femelles par une sorte de disposition préméditée
et qui semble destinée à favoriser la fécondation
sont généralement solitaires, tandis que les mâles
se présentent réunies en faisceaux ou en grappes.
Mais ce qui attire par dessus
tout l'attention, au milieu du feuillage vif et brillant qui distingue
ce joli arbre, c'est la beauté et l'élégance du fruit, composée d'un péricarpe
charnu et forme de pomme ou de poire, d'une couleur chamois, contenant
intérieurement la muscade qui est entouré d'une arille de couleur rouge
en forme de réseau, connu, dans le commerce, sous le nom de macis. Ce
fruit en s'ouvrant à l'époque de la maturité, laisse apercevoir, entre
les deux parties séparées du péricarpe, la noix entourée de son arille
et flatte singulièrement la vue par l'opposition de la couleur qui se
fait voir entre les interstices du macis dont le rouge vif tranche lui
même agréablement avec la couleur mate et délicate de l'enveloppe charnue.
Le noyau de cette baie est
recouvert par une triple écorce. La première, ou brou, est charnue, molle,
velue et verdâtre, tachetée de rouge et d'or. Son goût âpre. La deuxième
est visqueuse, huileuse, réticulaire. Son odeur est aromatique, C'est
cette membrane que l'on appelle macis. Enfin sous cette dernière on trouve
le noyau dur, ligneux, brun roussâtre. C'est ce noyau cassant qui contient
l'amande appelée muscade.
La noix de muscade est utilisée
pour aromatiser des plats et des gâteaux. A La Réunion, elle est souvent
râpée puis mélangée dans de la soupe et dans divers plats créoles. Cette
épice s'accommode très bien avec les boisson alcoolisées comme le punch.
La muscade est aussi utilisée
pour fabriquer de la liqueur ainsi que de l’huile essentielle.
C’est une épice très recherchée.
Elle faciliterait la digestion. A dose modérée, elle serait aphrodisiaque,
tonique et excitante. En raison de certains de ses composants, dont en
particulier la myristicine, la noix de muscade peut être très toxique
et dangereuse pour la santé (déshydratation, délires) si elle est consommée
à forte dose.
Pierre Poivre : intendant
Général des îles de France ( Maurice ) et de Bourbon ( La Réunion ). Revenir
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