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Histoire Bourbon île de La
Réunion : Textes, lois, codes, décrets, courriers, récits.
Ordonnance
du Conseil supérieur de Bourbon du 01-12-1724, concernant la culture du
café Moka.
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et les évènements de 1724 à La Réunion.
De par le Roi.
Les habitants de l'île Bourbon
ne peuvent ignorer que l'intention de sa majesté est qu'ils s'appliquent
très particulièrement à la culture du vrai café originaire de Moka puisque
depuis 7 ans nous n'avons cessé de les y exciter.
Il y en a qu'un très petit
nombre qui se soient résignés, à la confusion de la plus considérable
partie qui jusqu'à présent n'ont pas livré une seule livre de ce café
dans les magasins de la Compagnie. Un tel procédé ne peut être que l'effet
d'une entière désobéissance, opposé au bien de l'État, contraire aux volontés
de sa majesté.
La plupart sont jusqu'ici
demeurés dans une inaction, sur la culture du café, qui n'est pas tolérable
et il devient nécessaire de remédier à des abus qui rendraient cette colonie
indigne de la protection dont sa majesté l'honore d'une manière spéciale.
Et eu égard aussi aux espérances immenses que fait depuis longtemps la
Compagnie pour le soutien de la colonie et les honorables dispositions
où elle est de pourvoir à l'avenir aux besoins des habitants en ne les
laissant pas manquer d'argent à la caisse, ni d'effets convenables à leurs
usages dans ses magasins. Le Conseil Supérieur, au Nom du Roi, déclare
dès maintenant en séquestre toutes les concessions sur lesquelles il n'y
a pas de caféiers originaires de Moka rapportant fruits. La visite en
sera exactement faite au mois de mai prochain et toutes celles sur lesquelles
il ne se retrouvera pas au moins deux cents caféiers portant fruits ou
prêts à rapporter l'année suivante, par chaque tête de noirs travailleurs
du propriétaire, leur seront retirées et réunies au domaine de la Compagnie
pour être ensuite concédées aux personnes laborieuses qui nous auront
donné des preuves de leur application à la culture des caféiers. Il nous
est aussi revenu que quelques uns par la plus noire et la plus détestable
malice, ayant de très beaux caféiers rapportant ou prêts à rapporter fruits,
les auraient détruits de propos délibérés. Ces malfaiteurs doivent s'attendre
aux perquisitions que nous en ferons pour les découvrir et le fait prouvé,
ils seront punis de mort sans aucune rémission, ni égard à la qualité
et condition des personnes. Nous ne pouvons encore ignorer les vols de
café qui se font sur les habitations au grand préjudice des habitants
laborieux qui s'appliquent à le cultiver, sur quoi faisons savoir que
tous les blancs convaincus d'avoir volé du café de l'une ou l'autre espèce
sur la concession d'un autre, seront punis exemplairement, et si c'est
un noir il sera puni de mort ; ordonne le Conseil que cette présente ordonnance
soit lue, publiée et affichée aux postes des trois paroisses de l'île
au sortir de la grande messe paroissiale.
Arrêté à l'île Bourbon le 1er décembre 1724.
Le Conseil Supérieur de l'île Bourbon. Sainte-Suzanne - Saint-Denis -
Saint-Paul.
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