1947,
en métropole il est permanent à la Section coloniale du
Parti Communiste Français. Il y rencontre Laurence Deroin. Ils
auront 4 enfants, Claude, Françoise, Laurent et Pierre.
1954, retour définitif
à La Réunion. Paul Vergès est directeur du journal
Témoignages. Il a un rôle déterminant dans le sauvetage
de l’usine sucrière de Quartier Français assorti d’un
accord favorable aux planteurs de canne.
1955
- 1961,
il est conseiller général de Saint-Paul.
1956,
passation de pourvoir entre Raymond Vergès et son fils Paul en
vue des élections
législatives de 1956.
Raymond
Vergès, député sortant est malade, il a perdu la vue,
il fait dont de son héritage politique à son fils Paul.
Celui-ci se retrouve à la tête de liste communiste, l'ancien
député Léon
de Lepervanche ne souhaitant pas être le second du jeune Paul
Vergès, il a 32 ans, laisse sa place à Raymond
Mondon, troisième sur la liste communiste, Isnelle
Amelin.
Des lettres du Préfet
de La Réunion Pierre Philip, envoyées au Ministre de l'intérieur
en décembre 1955, expliquent la passation de pourvoir entre Raymond
Vergès et son fils Paul en vue des législatives de 1956.
" La liste communiste
est assurée d'obtenir un siège malgré les frictions
internes du Parti, la discipline devant finalement jouer en faveur de
M. Paul Vergès... M. Paul Vergès se déplace souvent
avec son père, député sortant : celui-ci a précisé
qu'il se retireraient, mais que c'était le comité central
du Parti communiste qui avait investi son fils ".
" Cette désignation
effectuée sur le plan national n'a pas été sans causer
quelque amertume au sein des leaders communistes réunionnais dont
certains, tel, M. de Lépervanche, ancien député,
pensaient, par leurs antécédents, leur expérience
politique, offrir plus de garanties et de chances de succès que
M. Paul Vergès.
De plus, Paul Vergès
ne jouit pas des sympathies étendues dont bénéficiait
son père en raison de sa profession médicale, d'une part
et de sa serviabilité. Mais en définitive, la discipline
du parti ne lui enlèvera pas un important pourcentage de voix,
d'autant plus que les jeunes, plus nombreux, subissent moins nettement
l'influence des anciens leaders ".
" Paul Vergès
formé aux écoles de cadres communistes, est dangereux et
peut éventuellement entraîner ses auditeurs à l'action
directe ".
Paul Vergès propose
un véritable changement de société pour les laissés
pour compte de la départementalisation. Les rapports de la préfecture
en 1955 montrent cependant qu'il a fallu au jeune leader communiste recaler
son discours sur la réalité des attentes de la population
rurale et ouvrière de l'île :
" Ce dernier commence
à comprendre que les thèmes des écoles du parti et
la violence pure ne produisent guère d'effet à La Réunion.
Il s'adapte, essaye de faire rire ses auditeurs et prononce quelques phrases
en créoles selon la méthode employée avec succès
par M. Lépervanche. Nombre de ses proches regrettent qu'il ait
été désigné comme tête de liste. Les
deux autres candidats étant comme lui, partisans de la violence,
mais ils voterons tout de même en sa faveur ".
Les élections législatives
de janvier 1956 se déroulent dans un climat extrêmement tendu,
où la fraude électorale est érigée en sport
national Réunionnais. Les trois sièges sont répartis
à la proportionnelle Cinq listes sont opposées.
- Liste du Parti Communiste,
tête de liste Paul Vergès en second Raymond
Mondon. La liste Vergès est dite liste d'union pour la défense
des ouvriers et des planteurs.
- Liste de la Section française
de l'Internationale ouvrière, SFIO.
- Liste du Mouvement républicain
populaire, MRP et républicains sociaux.
- Liste du Rassemblement
des Gauches Républicaines ,RGR, dirigée par les deux députés
sortants, Raphaël
Babet et Frédéric
de Villeneuve.
- Liste travailliste et de
défense du planteur.
Avec plus de 52% des suffrages
exprimés, les communistes enlèvent avec Raymond Mondon et
Paul Vergès deux des trois sièges de députés.
La liste communiste obtient 36 522 voix sur 69 774 suffrages exprimés,
une très nette progression par rapport à 1951, 25 580 voix
38 %.
La liste du Rassemblement
des gauches républicaines, qui regroupe l'UDSR, le Centre National
des Indépendants et l'Union pour la Défense des intérêts
réunionnais, de Raphaël Babet emporte le troisième
siège avec 20 939 voix, 30% des suffrages exprimés.
14 mai 1956. Le gouvernement
de Guy Mollet réagit à la montée communiste en nommant
une nouveau préfet pour La Réunion, Jean Perreau-Pradier.
12 juin 1956, Jean
Perreau-Pradier prend sa fonction de préfet à La Réunion,
il montre très vite sa volonté de s'opposer à cette
progression des idées communistes dans le département.
Paul Vergès analyse
la situation politique de La Réunion en 1956 :
" Elu député
et, depuis mon retour, directeur de Témoignages, j'estimais avoir
toutes les cartes en main sur le plan politique. Il n'en était
évidemment pas de même pour ce qui était des leviers
du pouvoir économique et administratif. Dès juin 1956, un
nouveau préfet a été nommé, Perreau-Pradier,
dont l'objectif avoué était de combattre le Parti. Il s'est
ensuivi une période difficile, très violente, très
radicale. L'île était partagée en deux camps complètement
antagonistes : la droite conservatrice soutenues par les autorités
et le clergé d'une part et les communistes d'autre part. Cette
longue crise a cependant eu des conséquences positives puisqu'elle
nous a permis de renouveler l'appareil du Parti et de nous installer durablement
dans le paysage de la Réunion. "
23 et 30 novembre 1958,
Paul Vergès se présente à la première législature
de la Ve République, suite au référendum qui adopte
le 28 septembre 1958, à une majorité de 79,25 % des voix,
la nouvelle constitution, l'Assemblée nationale doit être
reconstituée. Il pose sa candidature dans la première circonscription
de La Réunion, il dénonce ce qui lui semble être un
trucage électoral dirigé contre l'application intégrale
de la départementalisation : " Pour éliminer le plus
possible les communistes de l'Assemblée nationale, le Gouvernement
a adopté le scrutin d'arrondissement majoritaire à deux
tours. En outre les départements ont été découpés
sur mesure pour faciliter l'élection. A la Réunion, grâce
à ce découpage et grâce surtout à la fraude,
la Réaction pense pouvoir faire élire pour cinq ans, trois
de ses représentants, pour empêcher de faire entendre la
voix des travailleurs, pour aggraver encore leur situation, et faire défendre
en France leurs seuls intérêts ". Ils dénoncent
également le sabotage de la loi de départementalisation
: " l'action des députés communistes pour la réalisation
de ce programme a été entravée par les manœuvres
de la Réaction au parlement ".
Il est battu au deuxième
tour le 30 novembre 1958 par Frédéric de Villeneuve. Arrivé
second au premier tour Marcel
Vauthier, M.R.P. Mouvement républicain populaire se désiste
en faveur de Frédéric de Villeneuve pour faire barrage au
candidat communiste Paul Vergès. Les premiers scrutins législatifs
de la Vème République marquent un nouveau tournant, c'est
le début d'une longue période de non représentation
parlementaire pour la gauche réunionnaise, il faudra attendre 1981
pour enregistrer l'élection d'un député socialiste
et 1986 pour retrouver des communistes élus. Les
élections législatives de 1958 à La Réunion.
8 Mars 1959 et 15 mars 1959,
Les élections municipales de mars 1959 se déroulent dans
un climat de violence généralisée. Pour la mairie
de Saint-Denis s'affronte Paul Vergès et Gabriel Macé, le
jour des élections le 15 mars 1959 le jeune militant communiste
de 17 ans, Eliard Laude est tué, et Antoine Baïkom reçoit
un coup de fusil dans la poitrine. Paul Vergés tête de liste
de l’Union est violemment frappé lors d'affrontements par
les forces de l'ordre. Gabriel Macé est élu, il est le nouveau
maire de Saint-Denis.
18 mai 1959, la fédération
réunionnaise du parti communiste français est dissoute.
Paul Vergès crée le Parti communiste réunionnais,
le PCR. C'est en présence de Léon Feix représentant
du comité central, lors de 6e conférence fédérale
des 17 et 18 mai 1959 que se déroule la transformation de la fédération
en PCR. Le comité directeur du PCR : Paul Vergès, Bruny
Payet, Alice Peverelly et Evenor Lucas. A ces quatre responsables s'ajoutent,
pour former le bureau : Pierre Rossolin, Isnelle Amelin.
Paul Vergès est convaincu
que la départementalisation est un échec et qu'il faut imaginer
une nouvelle organisation administrative. La solution l'autonomie seul
moyen selon lui de débarrasser définitivement La Réunion
de ses oripeaux coloniaux. Ce nouveau discours sonne juste à l'oreille
des militants, convaincus par leur parti qu'ils ne toucheront jamais les
dividendes de la départementalisation.
Paul Vergès se heurte
cependant à une vive opposition de vieux militants comme Léon
de Lépervanche ou Raymond Mondon qui se sont battus pour obtenir
l'assimilation par la départementalisation et la création
de Fédération communiste locale, et qui se prononcent clairement
contre le projet de thèse du nouveau parti.
Juillet
1960, Paul
Vergès, secrétaire général du Partie Communiste Réunionnais met sur
pied l'Organisation démocratique de la jeunesse réunionnaise, ODJR, avec
comme tâche de sensibiliser la jeunesse, de former les futurs cadres et
de représenter l'île au sein de la fédération mondiale de la jeunesse
démocratique.
1961
- 1964,
il est conseiller général du Port.
30 mai 1961, le préfet
de La Réunion Jean Perreau-Pradier fait procéder à
la saisie du journal de Paul Vergès, Témoignages, pour la
simple raison que que le mot "autonomie" y figure dans la phrase
suivante : " Les candidats communistes dénoncent le colonialisme
et réclament l’autonomie ". Le Journal Témoignages
fait l’objet de pas moins de 13 saisies, du 30 mai 1961 au 2 mars
1963, sur ordre du préfet Jean Perreau-Pradier. Ces saisies de
“ Témoignages ” sont autant d’expressions d’un
" abus de pouvoir caractérisé et illégal ",
reconnaît le Conseil d’État dans un arrêt rendu
le 1er décembre 1965.
16 juin 1961, Paul Vergès
est inculpé pour atteinte à la sûreté de l'État
pour avoir réclamé l'autonomie de La Réunion.
Novembre 1962, les élections
législatives se déroulent dans un climat particulièrement
houleux. Dans la première circonscription se présente le
leader communiste Paul Vergès opposé à deux candidats
Gabriel Macé ( Républicain Indépendant ) et David
Moreau ( UNR ).
Bureaux de vote fermés,
lignes téléphoniques coupés, irrégularités,
il est évident que cette élection de la première
circonscription va être invalidée.
Sont élus comme députés
:
- dans la première circonscription
Gabriel Macé.
- dans la deuxième circonscription
Marcel Vauthier ( MRP ) .
- dans la troisième Marcel Cerneau
( Rassemblement démocratique ).
30 janvier 1963,
Paul Vergès, est en métropole pour défendre son recours
administratif suite à l'élection de novembre 1962, Il se
voie interdire par la police de l'air de quitter le territoire national
pour rejoindre La Réunion. On indique au ministère de l'Intérieur
que cette interdiction a été prise à la demande du
préfet de La Réunion, Jean Perreau-Pradier, par mesure de
sécurité en vertu de la Loi sur l'état d'urgence.
Le journal Témoignages,
s'indigne : " Ouvriers, planteurs réunionnais, protestez partout
! Imposez le respect de nos droits et de nos libertés de Créoles
contre l'arbitraire colonial. Exigez le retour de Paul Vergès ".
Le Progrès, aux termes plus mesurés, dénonce quand
à lui l'erreur politique grave que constitue une telle mesure.
" La première idée qui vient à l'esprit est
simple : on veut l'empêcher de prendre part aux élections
législatives partielles ".
En métropole la presse
s'empare également du problème. Libération : "
On notera qu'en décrétant ici que La Réunion, réputée
département d'outre-mer, ne fait pas partie du territoire national,
le ministère de l'intérieur se rend coupable d'une atteinte
caractérisée à l'intégrité du dit.
En même temps que d'une inadmissible entrave à la liberté
d'un citoyen contre lequel n'a été relevé aucune
charge légale ".
Le secrétaire général
du P.C.R. porte plainte contre X pour atteinte à la liberté
individuelle, et introduit un recours devant le Tribunal administratif.
Cette mesure permet d'éviter
la présence du leader communiste sur le terrain alors que s'organise
la campagne en vue des législatives partielles. Le secrétaire
général du P.C.R. doit attendre le 22 février 1963
pour voir annuler les poursuites à son encontre, c'est à
dire le jour de l'annulation officielle des élections de novembre
1962. Le 25 février le juge Corbeil rend à Paul Vergès
son billet pour son retour à La Réunion.
De toute évidence,
le gouvernement ne peut se permette de maintenir plus longtemps Paul Vergès
en métropole. Il le peut autant moins que les hautes instances
de l'Etat étaient au courant de l'éventualité d'une
candidature Debré à La Réunion. En effet le 26
février 1963, Georges
Repiquet, sénateur de La Réunion est reçu par
le Président de La République, il déclare : "
voici pour mémoire ce que le Général de Gaulle m'a
dit. La Réunion c'est la France. Je n'ignore pas que vous ayez
des problèmes et que ces problèmes vous préoccupent
en raison de leur importance, mais la France est un grand pays et peut
les solutionner. Une chance s'offre à vous pour les résoudre,
c'est la présence de M. Debré. Je serai tout disposer à
conseiller à Debré de poser sa candidature à La Réunion,
à la condition expresse que La Réunion, à l'exception
des communistes souhaite sa candidature ".
18 mars 1963, Michel Debré
battu aux élections législatives d'Indre-et-Loire de novembre 1962, décide
de se présenter à la Réunion. Ce choix surprenant s'explique par sa crainte
de voir ce qui reste de l'empire colonial français suivre la voie empruntée
par l'Algérie, une indépendance dont il ne se console pas. Le moyen de
contrarier le projet d'autonomie de l'île de La Réunion défendue par le
leader du parti communiste réunionnais Paul
Vergés.
Dans la première circonscription
deux candidats sont opposés, Paul Vergès PCR et Michel
Debré UNR. Debré est soutenu par les socialistes que l'autonomie rebute.
Dans la deuxième circonscription
un affrontement tripartie, Bruny Payet PCR, Marcel
Vauthier MRP et Paul
Bénard Mouvement pour la communauté.
5
mai 1963, élections législatives partielles, les résultats
:
- Dans la première
circonscription. Inscrits - 54 170. Exprimés - 38 273.
Michel Debré est
élu député de La Réunion avec 80.75 % des suffrages exprimés,
30 908 voix contre 7 365 pour Paul Vergès soit 15.95
% des suffrages exprimés. Michel Debré devient immédiatement le
leader de la droite locale. Il exercera son mandat de député pendant vingt-cinq
ans.
- Dans la deuxième
circonscription. Inscrits - 53 873. Exprimés - 32 463.
Marcel Vauthier retrouve
son siège de député dans la deuxième circonscription de La Réunion
avec 60,13 % des suffrages exprimés, 19 519 voix contre 7 936 pour Bruny
Payet 24.45 % et 5 008 pour Paul Bénard 15.42 %.
16
mai 1963, Paul Vergès dépose une requête à la préfecture de
La Réunion pour faire annuler les élection dans la première circonscription.
La requête est rejetée.
4 juillet 1963,
la cour d'appel de Saint-Denis rend son verdict sur trois affaires de
diffamation concernant Paul Vergès, suite à des articles publiés en 1961
dans Témoignages. Le premier jugement a été rendu par le tribunal correctionnel
de Saint-Denis le 28 septembre 1962.
Le secrétaire général du Parti Communiste Réunionnais étant relaxé pour
deux d'entre-elles mais condamné avec sursis pour la troisième. Après
appel Paul Vergès se retrouve condamné pour les trois affaires à trois
mois de prison. Il porte alors l'affaire devant la cour de cassation,
mais le gouvernement resserre encore l'étreinte judiciaire. Le secrétaire
général du PCR est attaqué pour atteinte à l'intégrité du territoire,
devant la Cour de Sûreté de l'État. Les poursuites sont basées sur une
quarantaine d'articles de presse s'échelonnant sur plus de quatre ans,
de mai 1959 à juillet 1963. A la poursuite de la Cour de Sûreté de l'État
s'ajoute celle engagée par le ministre des Armées, Pierre Mesmer.
Novembre 1963, le tribunal
correctionnel de Saint-Denis rend son jugement sur l'affaire et condamne
Paul Vergés à trois moi de prison. En même temps, il condamne encore Paul
Vergès à 10 000 F CFA d'amende. Le 18 mars 1964, Paul Vergès est démissionné
de son poste de conseiller général, du fait de sa condamnation à de la
prison ferme pour délit de presse.
Dans la nuit du 17 au 18
mars 1964, le secrétaire général du PCR décide de prendre la clandestinité
et explique son geste dans Témoignages :
" Il est incontestable
qu'en temps normal, je n'aurais rien fait pour me soustraire à l'accomplissement
de peine de 3 mois de prison, quel que soit par ailleurs le jugement personnel
que je porte sur le caractère d'un tel verdict sanctionnant un article
de journal vieux de trois ans et pour lequel je fus d'ailleurs acquitté
en première instance... Je suis prêt à accomplir ma peine dès le moment
où seront jugées les personnes qui sont à mes yeux et au regard même de
la loi plus coupables que moi...".
Paul Vergès va disparaître
pendant 28 mois, ridiculisant la police et le pouvoir. Cette cavale va
le transformer en véritable héros, retrouvant le modèle des anciens Noirs
marrons, qui fuyaient pour reconquérir leur liberté. L'affaire fait les
gorges chaudes de toute l'île : on a vus Vergès ici, il repassera par
là... Et les gendarmes ne voient rien, ou s'efforce de ne pas voir. Le
journal de La Réunion Témoignages entame une campagne de presse et soutient
son leader pendant toute sa période de marronnage.
Le 28 juillet 1966,
à 15 heures, Paul Vergès qui du fait d'une loi d'amnistie n'est
plus inculpé que " d'atteinte à l'intégrité du territoire ",
se livre après 28 mois de clandestinité au Procureur général
de la République. Le secrétaire général du
Parti Communiste Réunionnais demande à être transféré
le plus rapidement possible en métropole, c'est à dire en
avion. Le Préfet s'y refuse sur prétexte que " les
conventions internationales ne permettent pas le transit en territoire
étranger d'un prisonnier accompagné de ses gardiens, à
moins d'accord préalable avec les autorités des territoires
concernés ". La préfecture avance également
un éventuel coup de force du Colonel Nasser pour libérer
Paul Vergès lors de l'escale obligée du Caire. Paul Vergès
entame alors une grève de la faim, l'ordre est donné de
Paris de le transférer par avion. Paul Vergès quitte La
Réunion le 31 juillet 1966, devant " une foule considérable,
difficile à évaluer mais certainement supérieure
à 3 000 personnes " selon le J.I.R., le Journal de l'île
de La Réunion. Il bénéficie alors d'une ordonnance de non-lieu
de la part de la Cour de Sûreté de l'État.
Mars 1967, Paul Vergès
est candidat aux élections législatives. Pour éviter
l'affrontement avec Miche Debré dans la première circonscription,
il se présente dans la deuxième circonscription, le P.C.R.
dispose de solides implantations dans des villes comme Le Port ou Saint-Paul.
" En fait, nous nous disions qu'il fallait leur porter un coup. Or
nous avions des chances de l'emporter face à Gabriel Macé,
maire de Saint-Denis élu par la fraude et ancien pétainiste
" explique le secrétaire général du P.C.R. Paul
Vergès.
Paul Vergès est opposé à
Gabriel
Macé, U.D.R-Ve, Groupe d'Union Démocratique pour la
Ve République, à Marc Rivière Gaulliste indépendant
et à Albert
Ramassamy, F.G.D.S. goupe
de la Fédération de la Gauche Démocratique et Socialiste.
Au premier tour le 5 mars 1967, Paul Vergès
est en ballotage avec Gabriel Macé. Paul Vergès
ne peut pas compter sur un report de l'électorat d'Albert Ramassamy,
candidat de la Fédération de la gauche démocratique
et socialiste, et défenseur acharné de la départementalisation.
Max Rivière, candidat indépendant se désiste en faveur
de Gabriel Macé.
Au deuxième tour Gabriel
Macé est élu député de La Réunion dans
le deuxième circonscription avec 23 635 voix 54.86 % des suffrages
exprimés, Paul Vergès obtient 19 445 voix 45.14 % des suffrages
exprimés. Une défaite pour le P.C.R. les trois députés
élus sont du groupe U.D.R-Ve. Les
élections législatives de mars 1967 à La Réunion.
1968,
suite à la dissolution de l’Assemblée nationale par
le Président de la République, le général
de Gaulle, Paul Vergès est candidat de nouveau pour les élections
législatives de juin 1968 dans la deuxième circonscription
de La Réunion. Il est opposé à Jean
Fontaine étiquette de l'Union des Démocrates pour la
République UDR, et au député sortant Joseph
Peyret-Forcade. Jean Fontaine est élu député
de la Réunion dans la deuxième circonscription au second
tour avec 26 622 voix contre 22 252 à Paul Vergès. Les
élections législatives de juin 1968 à La Réunion.
1970
- 1976, il est conseiller général de Saint-Pierre.
En 1971, Il devient maire
de la ville du Port à La Réunion jusqu’en 1989.
1973, Paul vergès
se présente aux élections législatives de mars 1973
dans la deuxième circonscription de La Réunion. Pendant
cette campagne le leader du parti communiste réunionnais est bassement
attaqué sur ses origines. Il est né en Thaïlande d’une
mère vietnamienne, on en fait le symbole de son engagement anti-français.
Paul Bénard, maire de Saint-Paul et farouche anticommuniste attaque
Paul Vergès sur ses origines asiatiques, la feuille d’information
municipale : Saint Paul Information, publie un numéro spécial
qui affirme que " le bâtard n’a pas de patrie ….
Il n’est ni réunionnais, ni créole. C’est un
Métis. C’est un Eurasien. Tout en chacun sait que le métis,
le bâtard n’a pas de patrie. Renié par ses pères,
mères, et frères, il ne peut s’implanter nulle part.
Asiatique de nature, aventurier de surcroît, belliqueux congénital,
il fini par se transformer en caméléon. C’est un paranoïaque,
son cas relève de la médecine psychiatrique. Tout citoyen
devrait s’en méfier cet individu est dangereux...".
Jean Fontaine, UDR, qui affronte
Paul Vergès dans le deuxième circonscription, fait lui aussi
référence aux origines de son adversaire, Hebdo-Bourbon
publie sa profession de foi dans laquelle il souligne : " Natif de
ce département, fidèle à mon île et à
mon origine. "
Paul Vergès est encore
battu par le député sortant Jean Fontaine. Les
élections législatives de mars 1973 à La Réunion.
Cantonales de mars 1976,
Paul vergès conseiller sortant de Saint-Pierre se réprésente,
il est battu.
En 1979, il est député européen.
Paul Vergès réussit tout ceci en étant interdit de radio et de télévision,
comme son parti, jusqu'en 1981. Il est à l’origine de plusieurs
programmes de soutien aux DOM et du concept de RUP, Région ultrapériphérique
bénéficiant d’un statut particulier dû aux handicaps
de l’éloignement de l’Europe, de l’insularité,
de l’étroitesse du marché intérieur.
20 février 1983, il
présente sa liste : Liste Développement, Solidarité,
Justice et Liberté ( P.C.R. ) pour les élections régionales,
il est élu au Conseil régional de La Réunion avec son fils Laurent. Sa
liste remporte 64 801 voix, soit 32.73 % des suffrages exprimés,
et obtient 16 sièges à l'assemblée. Résultats
des élections régionales de La Réunion de 1983.
6 mars 1983, il se représente
aux élections municipales pour la ville du port, il est réélu
maire avec 6 774 voix, soit 64.98 % des suffrages exprimés, son
adversaire André Gontier, 3 650 voix, 35.01 % des suffrages exprimés.
Résultats
des élections municipales de 1983 à La Réunion.
Il démissionne de son mandat
de député en 1987 pour manifester son désaccord sur la loi de parité sociale
du 31 décembre 1986, laquelle priverait les Réunionnais de leur droit
à l'égalité sociale.
1988, il est très marqué
par la mort accidentelle en octobre 1988 de son fils Laurent
Vergès, député et conseiller général.
Mars 1993, il est réélu député
dans la deuxième circonscription de la Réunion, il laisse
la direction du Parti communiste réunionnais, le PCR à
Élie Hoarau. Résultats
des élections législatives de mars 1993 à La Réunion.
Article paru le 2 mars 1993
dans L'Humanité :
" Paul Vergès, secrétaire
général du Parti communiste réunionnais depuis trente-quatre ans, a annoncé
lundi sa démission de la direction du Parti et son remplacement par Élie
Hoarau, député-maire de Saint-Pierre. Selon l’AFP, ce départ aurait été
entériné par le Comité central du PCR le 24 février, qui l’avait alors
désigné président du Parti. Dans sa résolution, le Comité central rappelle
que Paul Vergès est depuis le 21 février un des dix vice-présidents du
Mouvement pour l’égalité, le développement, la démocratie et la nature,
présidé par le père René Payet. Ce mouvement, fondé il y a un an, prône
" l’ouverture la plus large possible à toutes les tendances représentatives
du monde réunionnais ". Le Comité central estime que pour permettre
à Paul Vergès de faire face à ses responsabilités « dans l’esprit qui
est celui du Mouvement ", il convient de le libérer de sa fonction
de secrétaire général du PCR. Au cours d’une conférence de presse, où
il était entouré de son fils Pierre Vergès et de Elie Hoarau, Paul Vergès
a déclaré que son départ n’était pas le résultat " d’une lutte de
tendances ou d’une lutte de clans au sein du PCR ", mais manifestait
le souci de « répondre aux réalités ".
15 avril 1996, Paul Vergès
est élu sénateur de l'île. En septembre de la même année, il alerte l'opinion
sur la nécessité de faire de l'étude des conséquences du réchauffement
climatique, une priorité nationale. Le 19 septembre 2001, il fait voter,
à l'unanimité des deux assemblées parlementaires, une loi reconnaissant
cette priorité.
1998. Il est élu président
du Conseil régional de La Réunion.
2000, il fonde l'Agence régionale
de l'énergie de La Réunion, ou ARER, et lui assigne les missions d'accompagnement
et de développement du concept d'autonomie énergétique à 100 % d'énergies
renouvelables à l'horizon 2025 de l'île de La Réunion, comme réponse au
changement climatique, et de diffuser cette démarche aux autres îles de
la planète.
23 septembre 2001, Il est
réélu sénateur et réélu en avril 2004.
2002, il est nommé président
de l'Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique
en France métropolitaine et dans les départements et territoires d'outre-mer,
l'ONERC. D'une façon générale, l'environnement devient une source de préoccupation
importante de son action politique. Il soutient activement le développement
des énergies renouvelables.
2003, la Région a
vingt ans, mot du président de la Région Paul Vergès
:
" La Région
a vingt ans.
C’est en effet en
1983 que les Réunionnaises et les Réunionnais ont élu
pour la première fois leurs Conseillers Régionaux. Il s’agissait
ainsi de rapprocher les prises de décisions de la réalité
du terrain. Dans le cadre des compétences qui nous ont été
déléguées, de pouvoir décider ici de la façon
la plus adaptée de résoudre des problèmes réunionnais.
Les quarante-cinq premiers
élus de notre Assemblée et la première équipe
administrative composée de trente-cinq personnes ont été
les pionniers de la mise en oeuvre de la décentralisation à
La Réunion. À cette époque, La Réunion connaissait
encore de grands retards de développement, notamment en terme d’équipements
et d’infrastructures indispensables, comme le sont les lycées
ou encore certains grands axes routiers.
Que de travail accompli !
De 1983 à 2003, l’action de la Région tout en préparant
l’avenir et en apportant sa pierre à la construction du développement
de La Réunion, a touché le quotidien des Réunionnais.
Les domaines d’intervention sont nombreux : formation professionnelle,
lycées, aides aux étudiants, routes nationales, aménagement
du territoire, agriculture (élevage, aquaculture, voiries rurales,…),
économie, développement local, culture, sport, coopération
régionale, relation avec l’Europe, environnement, nouvelles
technologies, etc.
2003-2023 : cet anniversaire
nous invite, à la lumière des vingt ans passés, à
réfléchir sur les vingt prochaines années. Aujourd’hui,
nous devons relever d’autres défis encore plus importants
et préparer La Réunion du million d’habitants. C’est
un nouveau chapitre du développement que nous devons écrire
ensemble. Il s’agit de répondre à la double exigence,
d’une part d’inscrire La Réunion dans un monde moderne
caractérisé notamment par la révolution des technologies
de l’information et de la communication qui abolissent le temps
et l’espace, et d’autre part de transmettre notre île
dans les meilleures conditions aux générations futures dans
le souci d’un développement durable et solidaire de La Réunion
dans vingt ans."
En avril 2004, il est réélu
président du Conseil régional de La Réunion.
En juin 2004, il est finalement
élu au Parlement européen pour la circonscription Outre-mer qui comprend
Saint-Pierre-et-Miquelon, la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, La
Réunion, Mayotte, la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française et Wallis-et-Futuna
et qui comporte 3 sièges sur 732 au total. En 2005, il est remplacé par
Gélita Hoarau au Sénat français pour ne pas demeurer en situation
de cumul de mandats.
2004 - 2010, il est Vice-Président
de l’Association des Régions de France, ARF.
Mars 2010, il perd son mandat
de président du Conseil régional de La Réunion. La liste conduit par Didier
Robert remporte l'élection régionale, avec 45,46 % des
voix et 27 sièges sur 45, dans le cadre d'une triangulaire, battant
le président du conseil régional sortant Paul Vergès
et le socialiste Michel Vergoz. Paul Vergès siège comme
élu au Conseil Général.
25 septembre 2011, les grands
électeurs sont appelés aux urnes pour élire les représentants
au Palais du Luxembourg. Au total, huit candidatures sont officiellement
déposées à la préfecture de La Réunion.
Paul Vergès présente sa liste : Liste d’union pour
défendre les Réunionnaises et les Réunionnais. Il
est tête de liste, sa liste comprend l'actuelle sénatrice
Gélita Horau, Michel Dennemont, Paulette Adois Lacpatia, Joé
Bédier et Françoise Dennemont.
Paul Vergès a comme
objectif la défense au Sénat des dossiers qui ont leur échéance
en 2013, les Contrats de plan État-Région, et la réforme
des collectivités locales.
25 septembre 2011, Paul Vergès
est élu sénateur de La Réunion. Résultats
des sénatoriales de 2011 à La Réunion.
Dimanche soir, 25 09 2011,
Paul Vergès annonce sur Réunion 1ère "... J'adresserai
dès demain ma démission au président du Sénat...
", laissant son siège à la sénatrice sortante
Gélita Hoarau PCR. " ... je préfère être
présent et actif à la Réunion pour mener la bataille
et pour éviter l'explosion sociale ...".
Lundi 26 septembre 2011, changement de
position, il annonce sur les ondes de Réunion Première,
qui va se rendre à Paris, pour présider la première
séance de la nouvelle assemblée du Sénat. En effet
en tant que doyen d'âge des sénateurs, Paul Vergès
doit présider la haute assemblée, un grand moment de l'histoire
de la Ve République, la gauche est majoritaire au Sénat.
Samedi 1er octobre 2011,
à 17 heures, Paul Vergès monte à la tribune du Palais
de Luxembourg pour faire le discours d’ouverture de cette assemblée
exceptionnelle qui élira le nouveau Président du Sénat.
Discours
de Paul Vergès.
Jean-Pierre Bel, est élu au premier
tour à la présidence du Sénat.
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