Paul Vergès, homme politique de La Réunion, maire, député, sénateur, président du Conseil régional.

Paul Vergès.

- Nom : Paul Vergès.
- Naissance : 5 mars 1925 à Oubone en Thaïlande.
- Décès : 12 novembre 2016 à Saint-Denis, La Réunion.
- Fonction(s) :
- Directeur du journal Témoignages, La Réunion.
- Conseiller général de Saint-Paul, La Réunion.
- Député de La Réunion.
- Conseiller général du Port, La Réunion.
- Conseiller général de Saint-Pierre, La Réunion.
- Maire de la ville du Port, La Réunion.
- Député européen.
- Conseil régional de La Réunion.
- Sénateur de La Réunion.
- Président du Conseil régional de La Réunion.
- Président de l'Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique en France métropolitaine et dans les départements et territoires d'outre-mer.
- Vice-Président de l’Association des Régions de France.


Paul Vergès est né le 5 mars 1925 à Oubone en Thaïlande. Il est le fils du docteur Raymond Vergès, alors consul de France au Siam, sa mère Pham Thi Khang est annamite et institutrice.

1928, Décès de sa mère. Il est alors élevé, ainsi que son frère Jacques, par sa grand-tante Marie Vergès. Paul vergès passe donc sa jeunesse à La Réunion avec son frère, l'avocat célèbre Jacques Vergès, ils sont jumeaux.

Paul Vergès maire de la ville du Port en 1983

Son père qui est né à La réunion est nommé en 1932 directeur du service de santé, de la station thermale d’Hell-Bourg et de la commune de Salazie.

Paul Vergès et son frère étudie au lycée Leconte de Lisle de Saint-Denis de La Réunion, où sont également scolarisés Raymond Barre et Auguste Legros.

1937 - 1938, il étudie pendant une année au Lycée Louis le Grand, à Paris, à l’occasion d’un congé de son père.

1942, Il est titulaire de deux baccalauréats, Philosophie et Mathématiques élémentaires.

Paul Vergès

28 novembre 1942, le contre-torpilleur Le Léopard commandé par Jules Evenou qui a pour mission le ralliement de la Réunion à la France libre débarque dans la colonie. 30 novembre 1942, à 8h45, le gouverneur pétainiste, Pierre Émile Aubert, se rend avec les honneurs. La Réunion est libérée.

1943, enthousiasmé par la libération de l’île, Paul Vergès part avec son frère Jacques pour l’Angleterre dans les Forces Françaises libres, École des Cadets de la France Libre, Promotion du 18 juin. Il intègre l'école d'officiers parachutistes de Ribbesford, Royaume-Uni en 1943, et l'année suivante, il est parachuté sur le territoire français dans le Poitou.

Paul Vergès démissionne de l’armée quand Massu recrute parmi les officiers de la France libre pour participer à la guerre d’Indochine. Il revient à La Réunion.

Il s'engage contre le colonialisme et devient militant communiste et anticolonialiste au sein du Comité républicain d'action démocratique et sociale, le CRADS, parti politique créé par son père Raymond Vergès.

Lorsqu' Alexis de Villeneuve, adversaire de son père aux élections législatives, est assassiné en plein milieu de la foule amassée pour l'entendre à proximité de la cathédrale de Saint-Denis le 25 mai 1946, Paul Vergès est accusé. Il est jugé et condamné par les assises puis amnistié par le pouvoir politique. Procès de Paul Vergès à Lyon juillet 1947 pour le meurtre d'Alexis de Villeneuve.

1947, en métropole il est permanent à la Section coloniale du Parti Communiste Français. Il y rencontre Laurence Deroin. Ils auront 4 enfants, Claude, Françoise, Laurent et Pierre.

1954, retour définitif à La Réunion. Paul Vergès est directeur du journal Témoignages. Il a un rôle déterminant dans le sauvetage de l’usine sucrière de Quartier Français assorti d’un accord favorable aux planteurs de canne.

1955 - 1961, il est conseiller général de Saint-Paul.

1956, passation de pourvoir entre Raymond Vergès et son fils Paul en vue des élections législatives de 1956.

Raymond Vergès, député sortant est malade, il a perdu la vue, il fait dont de son héritage politique à son fils Paul. Celui-ci se retrouve à la tête de liste communiste, l'ancien député Léon de Lepervanche ne souhaitant pas être le second du jeune Paul Vergès, il a 32 ans, laisse sa place à Raymond Mondon, troisième sur la liste communiste, Isnelle Amelin.

Des lettres du Préfet de La Réunion Pierre Philip, envoyées au Ministre de l'intérieur en décembre 1955, expliquent la passation de pourvoir entre Raymond Vergès et son fils Paul en vue des législatives de 1956.

" La liste communiste est assurée d'obtenir un siège malgré les frictions internes du Parti, la discipline devant finalement jouer en faveur de M. Paul Vergès... M. Paul Vergès se déplace souvent avec son père, député sortant : celui-ci a précisé qu'il se retireraient, mais que c'était le comité central du Parti communiste qui avait investi son fils ".

" Cette désignation effectuée sur le plan national n'a pas été sans causer quelque amertume au sein des leaders communistes réunionnais dont certains, tel, M. de Lépervanche, ancien député, pensaient, par leurs antécédents, leur expérience politique, offrir plus de garanties et de chances de succès que M. Paul Vergès.

De plus, Paul Vergès ne jouit pas des sympathies étendues dont bénéficiait son père en raison de sa profession médicale, d'une part et de sa serviabilité. Mais en définitive, la discipline du parti ne lui enlèvera pas un important pourcentage de voix, d'autant plus que les jeunes, plus nombreux, subissent moins nettement l'influence des anciens leaders ".

" Paul Vergès formé aux écoles de cadres communistes, est dangereux et peut éventuellement entraîner ses auditeurs à l'action directe ".

Paul Vergès propose un véritable changement de société pour les laissés pour compte de la départementalisation. Les rapports de la préfecture en 1955 montrent cependant qu'il a fallu au jeune leader communiste recaler son discours sur la réalité des attentes de la population rurale et ouvrière de l'île :

" Ce dernier commence à comprendre que les thèmes des écoles du parti et la violence pure ne produisent guère d'effet à La Réunion. Il s'adapte, essaye de faire rire ses auditeurs et prononce quelques phrases en créoles selon la méthode employée avec succès par M. Lépervanche. Nombre de ses proches regrettent qu'il ait été désigné comme tête de liste. Les deux autres candidats étant comme lui, partisans de la violence, mais ils voterons tout de même en sa faveur ".

Les élections législatives de janvier 1956 se déroulent dans un climat extrêmement tendu, où la fraude électorale est érigée en sport national Réunionnais. Les trois sièges sont répartis à la proportionnelle Cinq listes sont opposées.

- Liste du Parti Communiste, tête de liste Paul Vergès en second Raymond Mondon. La liste Vergès est dite liste d'union pour la défense des ouvriers et des planteurs.

- Liste de la Section française de l'Internationale ouvrière, SFIO.

- Liste du Mouvement républicain populaire, MRP et républicains sociaux.

- Liste du Rassemblement des Gauches Républicaines ,RGR, dirigée par les deux députés sortants, Raphaël Babet et Frédéric de Villeneuve.

- Liste travailliste et de défense du planteur.

Avec plus de 52% des suffrages exprimés, les communistes enlèvent avec Raymond Mondon et Paul Vergès deux des trois sièges de députés. La liste communiste obtient 36 522 voix sur 69 774 suffrages exprimés, une très nette progression par rapport à 1951, 25 580 voix 38 %.

La liste du Rassemblement des gauches républicaines, qui regroupe l'UDSR, le Centre National des Indépendants et l'Union pour la Défense des intérêts réunionnais, de Raphaël Babet emporte le troisième siège avec 20 939 voix, 30% des suffrages exprimés.

Paul Vergès à La Réunion en 2007

14 mai 1956. Le gouvernement de Guy Mollet réagit à la montée communiste en nommant une nouveau préfet pour La Réunion, Jean Perreau-Pradier.

12 juin 1956, Jean Perreau-Pradier prend sa fonction de préfet à La Réunion, il montre très vite sa volonté de s'opposer à cette progression des idées communistes dans le département.

Paul Vergès analyse la situation politique de La Réunion en 1956 : "Élu député et, depuis mon retour, directeur de Témoignages, j'estimais avoir toutes les cartes en main sur le plan politique. Il n'en était évidemment pas de même pour ce qui était des leviers du pouvoir économique et administratif. Dès juin 1956, un nouveau préfet a été nommé, Perreau-Pradier, dont l'objectif avoué était de combattre le Parti. Il s'est ensuivi une période difficile, très violente, très radicale. L'île était partagée en deux camps complètement antagonistes : la droite conservatrice soutenues par les autorités et le clergé d'une part et les communistes d'autre part. Cette longue crise a cependant eu des conséquences positives puisqu'elle nous a permis de renouveler l'appareil du Parti et de nous installer durablement dans le paysage de la Réunion."

23 et 30 novembre 1958, Paul Vergès se présente à la première législature de la Ve République, suite au référendum qui adopte le 28 septembre 1958, à une majorité de 79,25 % des voix, la nouvelle constitution, l'Assemblée nationale doit être reconstituée. Il pose sa candidature dans la première circonscription de La Réunion, il dénonce ce qui lui semble être un trucage électoral dirigé contre l'application intégrale de la départementalisation : " Pour éliminer le plus possible les communistes de l'Assemblée nationale, le Gouvernement a adopté le scrutin d'arrondissement majoritaire à deux tours. En outre les départements ont été découpés sur mesure pour faciliter l'élection. A la Réunion, grâce à ce découpage et grâce surtout à la fraude, la Réaction pense pouvoir faire élire pour cinq ans, trois de ses représentants, pour empêcher de faire entendre la voix des travailleurs, pour aggraver encore leur situation, et faire défendre en France leurs seuls intérêts ". Ils dénoncent également le sabotage de la loi de départementalisation : " l'action des députés communistes pour la réalisation de ce programme a été entravée par les manœuvres de la Réaction au parlement ".

Paul Vergès est battu au deuxième tour le 30 novembre 1958 par Frédéric de Villeneuve. Arrivé second au premier tour Marcel Vauthier, M.R.P. Mouvement républicain populaire se désiste en faveur de Frédéric de Villeneuve pour faire barrage au candidat communiste Paul Vergès. Les premiers scrutins législatifs de la Vème République marquent un nouveau tournant, c'est le début d'une longue période de non représentation parlementaire pour la gauche réunionnaise, il faudra attendre 1981 pour enregistrer l'élection d'un député socialiste et 1986 pour retrouver des communistes élus. Les élections législatives de 1958 à La Réunion.

8 Mars 1959 et 15 mars 1959, Les élections municipales de mars 1959 se déroulent dans un climat de violence généralisée. Pour la mairie de Saint-Denis s'affronte Paul Vergès et Gabriel Macé, le jour des élections le 15 mars 1959 le jeune militant communiste de 17 ans, Eliard Laude est tué, et Antoine Baïkom reçoit un coup de fusil dans la poitrine. Paul Vergés tête de liste de l’Union est violemment frappé lors d'affrontements par les forces de l'ordre. Gabriel Macé est élu, il est le nouveau maire de Saint-Denis.

18 mai 1959, la fédération réunionnaise du parti communiste français est dissoute. Paul Vergès crée le Parti communiste réunionnais, le PCR. C'est en présence de Léon Feix représentant du comité central, lors de 6e conférence fédérale des 17 et 18 mai 1959 que se déroule la transformation de la fédération en PCR. Le comité directeur du PCR : Paul Vergès, Bruny Payet, Alice Peverelly et Evenor Lucas. A ces quatre responsables s'ajoutent, pour former le bureau : Pierre Rossolin, Isnelle Amelin.

Paul Vergès est convaincu que la départementalisation est un échec et qu'il faut imaginer une nouvelle organisation administrative. La solution l'autonomie seul moyen selon lui de débarrasser définitivement La Réunion de ses oripeaux coloniaux. Ce nouveau discours sonne juste à l'oreille des militants, convaincus par leur parti qu'ils ne toucheront jamais les dividendes de la départementalisation.

Paul Vergès se heurte cependant à une vive opposition de vieux militants comme Léon de Lépervanche ou Raymond Mondon qui se sont battus pour obtenir l'assimilation par la départementalisation et la création de Fédération communiste locale, et qui se prononcent clairement contre le projet de thèse du nouveau parti.

Juillet 1960, Paul Vergès, secrétaire général du Partie Communiste Réunionnais met sur pied l'Organisation démocratique de la jeunesse réunionnaise, ODJR, avec comme tâche de sensibiliser la jeunesse, de former les futurs cadres et de représenter l'île au sein de la fédération mondiale de la jeunesse démocratique.

1961 - 1964, il est conseiller général du Port.

30 mai 1961, le préfet de La Réunion Jean Perreau-Pradier fait procéder à la saisie du journal de Paul Vergès, Témoignages, pour la simple raison que que le mot "autonomie" y figure dans la phrase suivante : " Les candidats communistes dénoncent le colonialisme et réclament l’autonomie ". Le Journal Témoignages fait l’objet de pas moins de 13 saisies, du 30 mai 1961 au 2 mars 1963, sur ordre du préfet Jean Perreau-Pradier. Ces saisies de “ Témoignages ” sont autant d’expressions d’un " abus de pouvoir caractérisé et illégal ", reconnaît le Conseil d’État dans un arrêt rendu le 1er décembre 1965.

16 juin 1961, Paul Vergès est inculpé pour atteinte à la sûreté de l'État pour avoir réclamé l'autonomie de La Réunion.

Novembre 1962, les élections législatives se déroulent dans un climat particulièrement houleux. Dans la première circonscription se présente le leader communiste Paul Vergès opposé à deux candidats Gabriel Macé ( Républicain Indépendant ) et David Moreau ( UNR ).

Bureaux de vote fermés, lignes téléphoniques coupés, irrégularités, il est évident que cette élection de la première circonscription va être invalidée.

Sont élus comme députés :
- dans la première circonscription Gabriel Macé.
- dans la deuxième circonscription Marcel Vauthier (MRP).
- dans la troisième Marcel Cerneau (Rassemblement démocratique).

30 janvier 1963, Paul Vergès, est en métropole pour défendre son recours administratif suite à l'élection de novembre 1962, Il se voie interdire par la police de l'air de quitter le territoire national pour rejoindre La Réunion. On indique au ministère de l'Intérieur que cette interdiction a été prise à la demande du préfet de La Réunion, Jean Perreau-Pradier, par mesure de sécurité en vertu de la Loi sur l'état d'urgence.

Le journal Témoignages, s'indigne : " Ouvriers, planteurs réunionnais, protestez partout ! Imposez le respect de nos droits et de nos libertés de Créoles contre l'arbitraire colonial. Exigez le retour de Paul Vergès ". Le Progrès, aux termes plus mesurés, dénonce quand à lui l'erreur politique grave que constitue une telle mesure. " La première idée qui vient à l'esprit est simple : on veut l'empêcher de prendre part aux élections législatives partielles ".

En métropole la presse s'empare également du problème. Libération : " On notera qu'en décrétant ici que La Réunion, réputée département d'outre-mer, ne fait pas partie du territoire national, le ministère de l'intérieur se rend coupable d'une atteinte caractérisée à l'intégrité du dit. En même temps que d'une inadmissible entrave à la liberté d'un citoyen contre lequel n'a été relevé aucune charge légale ".

Le secrétaire général du P.C.R. porte plainte contre X pour atteinte à la liberté individuelle, et introduit un recours devant le Tribunal administratif.

Cette mesure permet d'éviter la présence du leader communiste sur le terrain alors que s'organise la campagne en vue des législatives partielles. Le secrétaire général du P.C.R. doit attendre le 22 février 1963 pour voir annuler les poursuites à son encontre, c'est à dire le jour de l'annulation officielle des élections de novembre 1962. Le 25 février le juge Corbeil rend à Paul Vergès son billet pour son retour à La Réunion.

De toute évidence, le gouvernement ne peut se permette de maintenir plus longtemps Paul Vergès en métropole. Il le peut autant moins que les hautes instances de l'État étaient au courant de l'éventualité d'une candidature Debré à La Réunion. En effet le 26 février 1963, Georges Repiquet, sénateur de La Réunion est reçu par le Président de La République, il déclare : " voici pour mémoire ce que le Général de Gaulle m'a dit. La Réunion c'est la France. Je n'ignore pas que vous ayez des problèmes et que ces problèmes vous préoccupent en raison de leur importance, mais la France est un grand pays et peut les solutionner. Une chance s'offre à vous pour les résoudre, c'est la présence de M. Debré. Je serai tout disposer à conseiller à Debré de poser sa candidature à La Réunion, à la condition expresse que La Réunion, à l'exception des communistes souhaite sa candidature ".

18 mars 1963, Michel Debré battu aux élections législatives d'Indre-et-Loire de novembre 1962, décide de se présenter à la Réunion. Ce choix surprenant s'explique par sa crainte de voir ce qui reste de l'empire colonial français suivre la voie empruntée par l'Algérie, une indépendance dont il ne se console pas. Le moyen de contrarier le projet d'autonomie de l'île de La Réunion défendue par le leader du parti communiste réunionnais Paul Vergés.

Dans la première circonscription deux candidats sont opposés, Paul Vergès PCR et Michel Debré UNR. Debré est soutenu par les socialistes que l'autonomie rebute.

Dans la deuxième circonscription un affrontement tripartie, Bruny Payet PCR, Marcel Vauthier MRP et Paul Bénard Mouvement pour la communauté.

5 mai 1963, élections législatives partielles, les résultats :

- Dans la première circonscription. Inscrits - 54 170. Exprimés - 38 273. Michel Debré est élu député de La Réunion avec 80.75 % des suffrages exprimés, 30 908 voix contre 7 365 pour Paul Vergès soit 15.95 % des suffrages exprimés. Michel Debré devient immédiatement le leader de la droite locale. Il exercera son mandat de député pendant vingt-cinq ans.

- Dans la deuxième circonscription. Inscrits - 53 873. Exprimés - 32 463. Marcel Vauthier retrouve son siège de député dans la deuxième circonscription de La Réunion avec 60,13 % des suffrages exprimés, 19 519 voix contre 7 936 pour Bruny Payet 24.45 % et 5 008 pour Paul Bénard 15.42 %.

16 mai 1963, Paul Vergès dépose une requête à la préfecture de La Réunion pour faire annuler les élection dans la première circonscription. La requête est rejetée.

4 juillet 1963, la cour d'appel de Saint-Denis rend son verdict sur trois affaires de diffamation concernant Paul Vergès, suite à des articles publiés en 1961 dans Témoignages. Le premier jugement a été rendu par le tribunal correctionnel de Saint-Denis le 28 septembre 1962. Le secrétaire général du Parti Communiste Réunionnais étant relaxé pour deux d'entre-elles mais condamné avec sursis pour la troisième. Après appel Paul Vergès se retrouve condamné pour les trois affaires à trois mois de prison. Il porte alors l'affaire devant la cour de cassation, mais le gouvernement resserre encore l'étreinte judiciaire. Le secrétaire général du PCR est attaqué pour atteinte à l'intégrité du territoire, devant la Cour de Sûreté de l'État. Les poursuites sont basées sur une quarantaine d'articles de presse s'échelonnant sur plus de quatre ans, de mai 1959 à juillet 1963. A la poursuite de la Cour de Sûreté de l'État s'ajoute celle engagée par le ministre des Armées, Pierre Mesmer.

Novembre 1963, le tribunal correctionnel de Saint-Denis rend son jugement sur l'affaire et condamne Paul Vergés à trois moi de prison. En même temps, il condamne encore Paul Vergès à 10 000 F CFA d'amende. Le 18 mars 1964, Paul Vergès est démissionné de son poste de conseiller général, du fait de sa condamnation à de la prison ferme pour délit de presse.

Dans la nuit du 17 au 18 mars 1964, le secrétaire général du PCR décide de prendre la clandestinité et explique son geste dans Témoignages : "Il est incontestable qu'en temps normal, je n'aurais rien fait pour me soustraire à l'accomplissement de peine de 3 mois de prison, quel que soit par ailleurs le jugement personnel que je porte sur le caractère d'un tel verdict sanctionnant un article de journal vieux de trois ans et pour lequel je fus d'ailleurs acquitté en première instance... Je suis prêt à accomplir ma peine dès le moment où seront jugées les personnes qui sont à mes yeux et au regard même de la loi plus coupables que moi...".

Paul Vergès va disparaître pendant 28 mois, ridiculisant la police et le pouvoir. Cette cavale va le transformer en véritable héros, retrouvant le modèle des anciens Noirs marrons, qui fuyaient pour reconquérir leur liberté. L'affaire fait les gorges chaudes de toute l'île : on a vus Vergès ici, il repassera par là... Et les gendarmes ne voient rien, ou s'efforce de ne pas voir. Le journal de La Réunion Témoignages entame une campagne de presse et soutient son leader pendant toute sa période de marronnage.

Le 28 juillet 1966, à 15 heures, Paul Vergès qui du fait d'une loi d'amnistie n'est plus inculpé que " d'atteinte à l'intégrité du territoire ", se livre après 28 mois de clandestinité au Procureur général de la République. Le secrétaire général du Parti Communiste Réunionnais demande à être transféré le plus rapidement possible en métropole, c'est à dire en avion. Le Préfet s'y refuse sur prétexte que " les conventions internationales ne permettent pas le transit en territoire étranger d'un prisonnier accompagné de ses gardiens, à moins d'accord préalable avec les autorités des territoires concernés ". La préfecture avance également un éventuel coup de force du Colonel Nasser pour libérer Paul Vergès lors de l'escale obligée du Caire. Paul Vergès entame alors une grève de la faim, l'ordre est donné de Paris de le transférer par avion. Paul Vergès quitte La Réunion le 31 juillet 1966, devant " une foule considérable, difficile à évaluer mais certainement supérieure à 3 000 personnes " selon le J.I.R., le Journal de l'île de La Réunion. Il bénéficie alors d'une ordonnance de non-lieu de la part de la Cour de Sûreté de l'État.

Mars 1967, Paul Vergès est candidat aux élections législatives. Pour éviter l'affrontement avec Miche Debré dans la première circonscription, il se présente dans la deuxième circonscription, le P.C.R. dispose de solides implantations dans des villes comme Le Port ou Saint-Paul. " En fait, nous nous disions qu'il fallait leur porter un coup. Or nous avions des chances de l'emporter face à Gabriel Macé, maire de Saint-Denis élu par la fraude et ancien pétainiste " explique le secrétaire général du P.C.R. Paul Vergès.

Paul Vergès est opposé à Gabriel Macé, U.D.R-Ve, Groupe d'Union Démocratique pour la Ve République, à Marc Rivière Gaulliste indépendant et à Albert Ramassamy, F.G.D.S. goupe de la Fédération de la Gauche Démocratique et Socialiste.

Au premier tour le 5 mars 1967, Paul Vergès est en ballotage avec Gabriel Macé. Paul Vergès ne peut pas compter sur un report de l'électorat d'Albert Ramassamy, candidat de la Fédération de la gauche démocratique et socialiste, et défenseur acharné de la départementalisation. Max Rivière, candidat indépendant se désiste en faveur de Gabriel Macé.

Au deuxième tour Gabriel Macé est élu député de La Réunion dans le deuxième circonscription avec 23 635 voix 54.86 % des suffrages exprimés, Paul Vergès obtient 19 445 voix 45.14 % des suffrages exprimés. Une défaite pour le P.C.R. les trois députés élus sont du groupe U.D.R-Ve. Les élections législatives de mars 1967 à La Réunion.

1968, suite à la dissolution de l’Assemblée nationale par le Président de la République, le général de Gaulle, Paul Vergès est candidat de nouveau pour les élections législatives de juin 1968 dans la deuxième circonscription de La Réunion. Il est opposé à Jean Fontaine étiquette de l'Union des Démocrates pour la République UDR, et au député sortant Joseph Peyret-Forcade. Jean Fontaine est élu député de la Réunion dans la deuxième circonscription au second tour avec 26 622 voix contre 22 252 à Paul Vergès. Les élections législatives de juin 1968 à La Réunion.

1970 - 1976, il est conseiller général de Saint-Pierre.

En 1971, Paul Vergès devient maire de la ville du Port à La Réunion jusqu’en 1989.

1973, Paul vergès se présente aux élections législatives de mars 1973 dans la deuxième circonscription de La Réunion. Pendant cette campagne le leader du parti communiste réunionnais est bassement attaqué sur ses origines. Il est né en Thaïlande d’une mère vietnamienne, on en fait le symbole de son engagement anti-français. Paul Bénard, maire de Saint-Paul et farouche anticommuniste attaque Paul Vergès sur ses origines asiatiques, la feuille d’information municipale : Saint Paul Information, publie un numéro spécial qui affirme que " le bâtard n’a pas de patrie …. Il n’est ni réunionnais, ni créole. C’est un Métis. C’est un Eurasien. Tout en chacun sait que le métis, le bâtard n’a pas de patrie. Renié par ses pères, mères, et frères, il ne peut s’implanter nulle part. Asiatique de nature, aventurier de surcroît, belliqueux congénital, il fini par se transformer en caméléon. C’est un paranoïaque, son cas relève de la médecine psychiatrique. Tout citoyen devrait s’en méfier cet individu est dangereux...".

Jean Fontaine, UDR, qui affronte Paul Vergès dans le deuxième circonscription, fait lui aussi référence aux origines de son adversaire, Hebdo-Bourbon publie sa profession de foi dans laquelle il souligne : " Natif de ce département, fidèle à mon île et à mon origine. "

Paul Vergès est encore battu par le député sortant Jean Fontaine. Les élections législatives de mars 1973 à La Réunion.

Cantonales de mars 1976, Paul vergès conseiller sortant de Saint-Pierre se réprésente, il est battu.

En 1979, il est député européen. Paul Vergès réussit tout ceci en étant interdit de radio et de télévision, comme son parti, jusqu'en 1981. Il est à l’origine de plusieurs programmes de soutien aux DOM et du concept de RUP, Région ultrapériphérique bénéficiant d’un statut particulier dû aux handicaps de l’éloignement de l’Europe, de l’insularité, de l’étroitesse du marché intérieur.

20 février 1983, il présente sa liste : Liste Développement, Solidarité, Justice et Liberté ( P.C.R. ) pour les élections régionales, il est élu au Conseil régional de La Réunion avec son fils Laurent. Sa liste remporte 64 801 voix, soit 32.73 % des suffrages exprimés, et obtient 16 sièges à l'assemblée. Résultats des élections régionales de La Réunion de 1983.

6 mars 1983, il se représente aux élections municipales pour la ville du port, il est réélu maire avec 6 774 voix, soit 64.98 % des suffrages exprimés, son adversaire André Gontier, 3 650 voix, 35.01 % des suffrages exprimés. Résultats des élections municipales de 1983 à La Réunion.

Il démissionne de son mandat de député en 1987 pour manifester son désaccord sur la loi de parité sociale du 31 décembre 1986, laquelle priverait les Réunionnais de leur droit à l'égalité sociale.

1988, il est très marqué par la mort accidentelle en octobre 1988 de son fils Laurent Vergès, député et conseiller général.

Mars 1993, il est réélu député dans la deuxième circonscription de la Réunion, il laisse la direction du Parti communiste réunionnais, le PCR à Élie Hoarau. Résultats des élections législatives de mars 1993 à La Réunion.

Article paru le 2 mars 1993 dans L'Humanité : "Paul Vergès, secrétaire général du Parti communiste réunionnais depuis trente-quatre ans, a annoncé lundi sa démission de la direction du Parti et son remplacement par Élie Hoarau, député-maire de Saint-Pierre. Selon l’AFP, ce départ aurait été entériné par le Comité central du PCR le 24 février, qui l’avait alors désigné président du Parti. Dans sa résolution, le Comité central rappelle que Paul Vergès est depuis le 21 février un des dix vice-présidents du Mouvement pour l’égalité, le développement, la démocratie et la nature, présidé par le père René Payet. Ce mouvement, fondé il y a un an, prône " l’ouverture la plus large possible à toutes les tendances représentatives du monde réunionnais ". Le Comité central estime que pour permettre à Paul Vergès de faire face à ses responsabilités « dans l’esprit qui est celui du Mouvement ", il convient de le libérer de sa fonction de secrétaire général du PCR. Au cours d’une conférence de presse, où il était entouré de son fils Pierre Vergès et de Elie Hoarau, Paul Vergès a déclaré que son départ n’était pas le résultat " d’une lutte de tendances ou d’une lutte de clans au sein du PCR ", mais manifestait le souci de « répondre aux réalités".

15 avril 1996, Paul Vergès est élu sénateur de l'île. En septembre de la même année, il alerte l'opinion sur la nécessité de faire de l'étude des conséquences du réchauffement climatique, une priorité nationale. Le 19 septembre 2001, il fait voter, à l'unanimité des deux assemblées parlementaires, une loi reconnaissant cette priorité.

1998. Il est élu président du Conseil régional de La Réunion.

2000, il fonde l'Agence régionale de l'énergie de La Réunion, ou ARER, et lui assigne les missions d'accompagnement et de développement du concept d'autonomie énergétique à 100 % d'énergies renouvelables à l'horizon 2025 de l'île de La Réunion, comme réponse au changement climatique, et de diffuser cette démarche aux autres îles de la planète.

23 septembre 2001, Il est réélu sénateur et réélu en avril 2004.

2002, il est nommé président de l'Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique en France métropolitaine et dans les départements et territoires d'outre-mer, l'ONERC. D'une façon générale, l'environnement devient une source de préoccupation importante de son action politique. Il soutient activement le développement des énergies renouvelables.

2003, la Région a vingt ans, mot du président de la Région Paul Vergès :

" La Région a vingt ans.

C’est en effet en 1983 que les Réunionnaises et les Réunionnais ont élu pour la première fois leurs Conseillers Régionaux. Il s’agissait ainsi de rapprocher les prises de décisions de la réalité du terrain. Dans le cadre des compétences qui nous ont été déléguées, de pouvoir décider ici de la façon la plus adaptée de résoudre des problèmes réunionnais.

Les quarante-cinq premiers élus de notre Assemblée et la première équipe administrative composée de trente-cinq personnes ont été les pionniers de la mise en oeuvre de la décentralisation à La Réunion. À cette époque, La Réunion connaissait encore de grands retards de développement, notamment en terme d’équipements et d’infrastructures indispensables, comme le sont les lycées ou encore certains grands axes routiers.

Que de travail accompli ! De 1983 à 2003, l’action de la Région tout en préparant l’avenir et en apportant sa pierre à la construction du développement de La Réunion, a touché le quotidien des Réunionnais. Les domaines d’intervention sont nombreux : formation professionnelle, lycées, aides aux étudiants, routes nationales, aménagement du territoire, agriculture (élevage, aquaculture, voiries rurales,…), économie, développement local, culture, sport, coopération régionale, relation avec l’Europe, environnement, nouvelles technologies, etc.

2003-2023 : cet anniversaire nous invite, à la lumière des vingt ans passés, à réfléchir sur les vingt prochaines années. Aujourd’hui, nous devons relever d’autres défis encore plus importants et préparer La Réunion du million d’habitants. C’est un nouveau chapitre du développement que nous devons écrire ensemble. Il s’agit de répondre à la double exigence, d’une part d’inscrire La Réunion dans un monde moderne caractérisé notamment par la révolution des technologies de l’information et de la communication qui abolissent le temps et l’espace, et d’autre part de transmettre notre île dans les meilleures conditions aux générations futures dans le souci d’un développement durable et solidaire de La Réunion dans vingt ans."

En avril 2004, Paul Vergès est réélu président du Conseil régional de La Réunion.

En juin 2004, il est finalement élu au Parlement européen pour la circonscription Outre-mer qui comprend Saint-Pierre-et-Miquelon, la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, La Réunion, Mayotte, la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française et Wallis-et-Futuna et qui comporte 3 sièges sur 732 au total. En 2005, il est remplacé par Gélita Hoarau au Sénat français pour ne pas demeurer en situation de cumul de mandats.

2004 - 2010, il est Vice-Président de l’Association des Régions de France, ARF.

Mars 2010, il perd son mandat de président du Conseil régional de La Réunion. La liste conduit par Didier Robert remporte l'élection régionale, avec 45,46 % des voix et 27 sièges sur 45, dans le cadre d'une triangulaire, battant le président du conseil régional sortant Paul Vergès et le socialiste Michel Vergoz. Paul Vergès siège comme élu au Conseil Général.

25 septembre 2011, les grands électeurs sont appelés aux urnes pour élire les représentants au Palais du Luxembourg. Au total, huit candidatures sont officiellement déposées à la préfecture de La Réunion. Paul Vergès présente sa liste : Liste d’union pour défendre les Réunionnaises et les Réunionnais. Il est tête de liste, sa liste comprend l'actuelle sénatrice Gélita Horau, Michel Dennemont, Paulette Adois Lacpatia, Joé Bédier et Françoise Dennemont.

Paul Vergès a comme objectif la défense au Sénat des dossiers qui ont leur échéance en 2013, les Contrats de plan État-Région, et la réforme des collectivités locales.

25 septembre 2011, Paul Vergès est élu sénateur de La Réunion. Résultats des sénatoriales de 2011 à La Réunion.

Dimanche soir, 25 septembre 2011, Paul Vergès annonce sur Réunion 1ère "... J'adresserai dès demain ma démission au président du Sénat... ", laissant son siège à la sénatrice sortante Gélita Hoarau PCR. " ... je préfère être présent et actif à la Réunion pour mener la bataille et pour éviter l'explosion sociale ...".

Lundi 26 septembre 2011, changement de position, il annonce sur les ondes de Réunion Première, qui va se rendre à Paris, pour présider la première séance de la nouvelle assemblée du Sénat. En effet en tant que doyen d'âge des sénateurs, Paul Vergès doit présider la haute assemblée, un grand moment de l'histoire de la Ve République, la gauche est majoritaire au Sénat.

Samedi 1er octobre 2011, à 17 heures, Paul Vergès monte à la tribune du Palais de Luxembourg pour faire le discours d’ouverture de cette assemblée exceptionnelle qui élira le nouveau Président du Sénat. Discours de Paul Vergès. Jean-Pierre Bel, est élu au premier tour à la présidence du Sénat.

Paul Vergès meurt au CHU de Bellepierre dans la commune de Saint-Denis de La Réunion pendant la nuit du 11 au 12 novembre 2016.



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