Père Eugène Rognard, homme d'église, curé, Pére Eugène Rognard né le 8 septembre 1878 à Annecy, décède au Tampon La Réunion le 5 juillet 1945.

Père Eugène Rognard.

- Nom : Eugène Rognard.
- Naissance : 8 septembre 1878 à Annecy, en Haute-Savoie.
- Décès : 5 juillet 1945, Le Tampon, La Réunion.
- Fonction(s) :
- Prêtre.
- Créateur du Syndicat Agricole du Tampon, puis de la Caisse du Crédit Agricole.
- Créateur de la structure sociale : La goutte de lait.
- Créateur d'une colonie de vacances à la Plaine des Cafres.


Le Père Eugène Rognard, né à Annecy le 8 septembre 1878, arrive au Tampon à La Réunion en 1902. A cette époque il existe une chapelle en bois située non loin de l'actuel cimetière de la ville où se déroulent les offices religieux. Cette chapelle est dédiée à saint Gabriel, en l’honneur de Gabriel Le Coat de Kerveguen, donateur du terrain. Un petit bâtiment construit depuis 1837 sert au Père Rognard de résidence et le tout est cédé gracieusement par la famille Kerveguen.

La paroisse dépend donc sur le plan matériel de cette famille, qui a l’habitude de dicter ses lois au curé.

Père Eugène Rognard

Le comte Robert Kerveguen célibataire est tombé amoureux d'une actrice de la Comédie Française, Mlle Deverne. Il la ramène sur l'île et lui achète vers la fin 1908, à l'entrée de la ville du Tampon, le château de Belair, belle bâtisse de style colonial créole. Le curé, le Père Eugène Rognard s'oppose fermement à cette liaison qu'il juge illégitime, puisque hors mariage. Les dimanches, il fustige sans ménagement depuis sa chaire ce mauvais exemple.

Outre le problème " moral " évoqué par le curé, tout naturellement d'autres problèmes apparaissent encore entre Rognard et le maître du Sud, dès la fin octobre 1909. Par exemple, par lettre adressée à l'évêché datée du 25 octobre 1909, M. Robert de Kerveguen se plaint que lors de son arrivée à la chapelle du Tampon, le dimanche 24, son banc est occupé par quelqu'un d'autre. Inadmissible ! Cela lui déplaît fortement et il quitte l'église sans assister à la messe. Le Comte souligne dans son courrier que, non seulement le Père autorise d'autres personnes à s'asseoir sur son banc, dès qu'il a un léger retard, mais aussi, paraît-il, perçoit de ces personnes la taxe de location de ces places, coutumière à l'époque. Inadmissible encore une fois !

Le curé, par lettre officielle signée de la main de M. le Comte, est sommé de s'expliquer à son tour sur ce sujet. Le 26 octobre le Père Rognard répond laconiquement : " Je n'ai pas mandat pour répondre à vos doléances. "

Le 27, Robert de Kerveguen écrit à l'évêque en demandant tout simplement le déplacement de Rognard. Cette requête est judicieusement accompagnée d'une petite menace à peine voilée : " Il ne serait pas possible de continuer à mettre à disposition du curé actuel du Tampon une demeure et les divers avantages de nos propriétés, alors qu'il n'observe pas à mon égard la correction la plus élémentaire... ".

Bien entendu, même si l'évêché donne tort au Père au sujet de la polémique des bancs, il ne peut pas déplacer un prêtre sur la simple demande d'un paroissien, même s'il s'agit d'un Kerveguen. Cela créerait un précédent aux conséquences ingérables pour l'Église. Un délai d'un mois est fixé par les propriétaires pour que le curé puisse trouver une autre maison, mais, après insistance de l'évêque, ils acceptent de le prolonger jusqu'au 31 décembre 1909.

Le 27 novembre 1909, curieusement, un nouvel acteur apparaît dans cette histoire : Pierre Mottais, notaire à Saint-Pierre, écrit à l'évêque pour lui proposer de façon tout à fait " volontaire et personnelle ", de remplacer le curé du Tampon par le Père Martineau, beaucoup plus consensuel.

Malheureusement les affaires ne s'apaisent pas. Le 8 mars 1910, le Père Rognard est cité dans une plainte envoyée à l'évêché par M. le Comte, pour avoir célébré un service solennel de troisième classe et non de première, en faveur du repos des âmes des défunts de la famille Kerveguen. Ce à quoi l'évêque répond : " ...le plus ou moins de solennité n'ôte rien à la grandeur du saint sacrifice offert pour les défunts... "

Buste du Père Eugène Rognard

Le 9 novembre 1910 le Père Rognard reçoit finalement un blâme de l'évêché, signé du vicaire Pascal, pour cinq motifs :
- Allusions péjoratives aux Kerveguen lors de ses prédications.
- Église fermée en dehors des heures de service.
- Refus de prier pour les morts au cimetière, sans passage préalable par l'église.
- Refus de baptême gratuit, tous devant payer 2F50, même les pauvres.
- Sous-location non autorisée des dépendances du presbytère.

Il faut savoir que le Père Rognard fait tout son possible en cette année-là, pour récolter des fonds en vue de la construction de la nouvelle église, chose qui, compte-tenu de la situation, devient plus que nécessaire. Son zèle en ce qui concerne les services payants n'a que cela comme motivation. " Si on ne force pas un peu la générosité de certains de mes paroissiens, elle ne viendra jamais spontanément. "

Le Père trouve que la chapelle de Terrain Fleuri est trop petite, ce qui explique peut-être le problème des places, et aussi un peu trop éloignée du nouveau centre ville. Il envisage donc la construction d'une autre église, plus ample et mieux située. Cette idée n'est pas du goût des Kerveguen qui perdraient sans doute, avec l'avènement d'un bâtiment qui ne leur appartiendrait pas, un peu de l'influence dont ils savent si bien se servir. Passant outre certaines sensibilités, le Père réussit à trouver un terrain et les fonds nécessaires pour commencer enfin la construction de la nouvelle église du Tampon.

Le chantier démarre en 1910. Lorsqu'il arrive au niveau de la charpente, on lui déconseille de la faire en bois sous prétexte qu'elle ne résisterait pas aux cyclones. Il faut dire que dans les dernières années plusieurs églises de l'île avaient été fortement endommagées par les cyclones. Qu'à cela ne tienne, le Père obtient aussitôt d'un fournisseur en métropole une charpente métallique. Rien ne l'arrête dans son entreprise !

La messe inaugurale de l'église du Tampon a lieu le 16 juin 1912, par le Père Rognard lui-même. Elle prend le nom de Saint-François de Sales.

église Saint-François de Sales Le Tampon

Le Père Rognard apporta également sa contribution à la naissance de la commune du Tampon en se déplaçant personnellement à Paris pour obtenir auprès du ministère le décret visant à ériger Le Tampon en commune distincte de Saint-Pierre.

1930 : Création par le Père Eugène Rognard du Syndicat Agricole du Tampon, puis de la Caisse du Crédit Agricole. Environ 400 planteurs sont adhérents en 1938. Il crée également une structure sociale inédite « La goutte de lait » afin de distribuer du lait aux familles les plus déshéritées.

1933 : Ouverture par le Père Eugène Rognard d’une colonie de vacances à la Plaine des Cafres. Celle-ci deviendra en 1956 une section du foyer des pupilles de l’État, le Foyer Marie Poitevin.

Père des enfants abandonnés, animateur des œuvres sociales, il fut le cœur ouvert à toutes les misères”, peut-on lire sur une plaque dans l’église des “600”, à l’intérieur de laquelle il repose sous une dalle, depuis le 5 juillet 1945.



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