Pierre-Louis
Frédéric Levavasseur est né le 11 février
1811 à Sainte-Marie à La Réunion. Il est issu d'une
famille aisée, arrivée à Bourbon ( La Réunion
) en 1760.
Le jeune Levavasseur fait
des études brillantes au collège royale de Saint-Denis,
sous l'autorité de Warnet, un spiritain. Celui-ci s'occupant de
son éducation, lui fait lire la vie de Louis de Gonzague, ( Béatifié
le 12 mai 1604, lors d'un synode à Mantoue, par le pape Clément
VIII, il est canonisé le 26 avril 1726 par Benoît XIII, Il
est le saint patron de la jeunesse catholique ). Cette lecture donne à
frédéric Levavasseur l'envie de devenir prêtre.
Mais son père qui
n’approuve pas cette idée, l’envoie en métropole
en mai 1825 poursuivre ses études et préparer l’examen
d’entrée en Polytechnique.
Il échoue à
l’examen, et en 1832 se tourne vers sa vocation. Il entre en contact
avec le Supérieur du noviciat de Saint-Sulpice et prend des leçons
particulières. En 1834, il entre au collège Stanislas pour
y suivre les classes de seconde et de rhétorique.
En décembre 1835,
il est de retour dans son île natale, ce qui lui permet d’expliquer
sa décision à son père, il repart en mars 1836 pour
la métropole et rentre au séminaire d’Issy-les-Moulineaux,
où il rencontre l’abbé Libermann, son moniteur. En
1838, il fait sa théologie à Saint-Sulpice.
C'est pendant ses années
de séminaire que Frédéric Le Vavasseur, accompagné
de son confrère Eugène Tisserand, dont la mère est
née à Haïti présentent leur projet d'apostolat
au Père Libermann, La moralisation chrétienne des noirs.
Le père François
Libermann approuve et participe au projet des deux créoles, mais
il faut une réforme du clergé pour que les noirs ne soient
plus laissés pour compte dans les colonies. Il faut d'abord obtenir
l'approbation de Rome. En janvier 1840, François Liberman se rend
à Rome accompagné de Paul Drach, bibliothécaire de
l'Institution pour la propagation de la Foi. Ils obtiennent une audience
auprès du pape Grégoire XVI le 17 février, remettent
un mémoire le 11 mars, et obtiennent la réponse le 6 juin.
Le projet est accueilli favorablement. Libermann met alors au point la
règle de la nouvelle institution du Saint-Cœur de Marie.
Après son ordination
Frédéric Vavasseur missionnaire du Saint-Cœur de Marie
regagne Bourbon, il embarque le 16 février 1842
pour arriver le 10 juin 1842. Il entreprend dès son arrivée
la mission des Noirs, d’abord seul, puis avec l’aide des abbés
Collin et Blampin et par la suite les abbés Lambert, Plessis et
Schwindenhammer.
Il ouvre à Sainte-Suzanne
une mission sur l’habitation de son oncle, Boyer de la Girauday.
En 1843,
Monseigneur Poncelet confie à Levavasseur, la mission fondée
par Alexandre
Monnet à La Rivière des Pluies, très vite, ce
dernier lieu devient le quartier général de la petite communauté.
Les missionnaires de Saint-Cœur
de Marie ne se déclarent pas ouvertement hostiles à l’esclavage.
Ils en dénoncent les abus, en particulier la conduite des employés
blancs, véritables petits tyrans sur les habitations. Une majorité
de colons continue de s’opposer à tout ce qui est susceptible
d’ébranler ses privilèges et réduire son autorité.
La pratique religieuse ou les instructions sont accusées de perturber
le travail sur les habitations et d’être utilisées
par les esclaves comme des prétextes à paresser.
Le gouverneur de La Réunion
Charles
Léon Joseph Bazoche tolère les missionnaires mais s’en
méfie. Ils échappent à son autorité dans la
mesure où ils ne sont pas inscrits sur le cadre du clergé
colonial. Le gouverneur remédie à cette lacune en obligeant
le père Levavasseur à s’inscrire sur le cadre en qualité
de vicaire de Sainte-Suzanne.
La mission des prêtres
du Saint-Cœur de Marie se révèle efficace. Si les obstacles
sont nombreux, les progrès sont incontestables. L’appui de
l’aristocratie catholique ne faiblit pas. Le préfet apostolique
Poncelet encourage les efforts religieux. Quelques prêtes de paroisses
et les Frères des Ecoles chrétiennes viennent se joindre
à eux. La mission des Noirs prend consistance et se dote de méthodes
pastorales inspirées de l’abbé Monnet et de la métropole.
Dans le domaine de l’enseignement
et du culte, les principes et les méthodes sont ceux qu’utilisait
déjà Monnet. Le contenu du catéchisme est ramené
à l’essentiel, les séances d’instructions sont
courtes, pas plus d’une heure, entrecoupées d’histoires
et de cantiques, agrémentées de réflexions vivantes
et de questions faciles.
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