La
surveillance du collége est confiée à un directeur
nommé par nous. Ces fonctions sont gratuites et compatibles avec
toutes autres fonctions quelconques.
- Le personnel du collége
est composé comme suit :
- 1 Proviseur, chef de la maison.
- 1 Professeur de mathématiques.
- 1 professeur de réthorique.
- 2 Professeur d'humanités.
- 1 Professeur de dessin, devant enseigner l'architecture civile et militaire.
- 1 Maître de lecture.
- 1 Maître d'écriture.
- 1 Surveillant des élèves.
- 1 Portier.
- M. Maingard est nommé
directeur du collége royal de la colonie de l'île Bourbon.
En matière d'aménagement,
Milius se révèle également un homme d'action. Il sillonne l'île, dresse
de nombreux rapports pour les autorités ministérielles et impulse plusieurs
projets hors du champ de l'instruction, qu'il contribue à développer.
Ainsi, il préconise le développement de la petite culture.
Pour lutter contre l'insécurité,
Milius, par ordonnance du 6 mars 1819,
organise la police des embarcations, souvent volées par des esclaves en
fuite, et surtout la lutte contre le marronnage. L'ordonnance du 12 avril
1819 définit les conditions de déplacement des esclaves, la définition
des délits de petit marronnage, absent plus de trois jours et moins d'un
mois, et de grand marronnage, absent plus d'un mois, ainsi que les tarifs
des primes de capture. Tout esclave retrouvé sur la voie publique sans
un billet de passage signé du maître, avec son nom, sa caste, l'objet
qu'il porte, sa destination et la date de sa sortie, sera conduit au dépôt
des Marrons à Saint-Denis ou à Saint-Paul.
27 novembre 1819, il fait
construire une jetée au Barachois de Saint-Denis pour l'embarquement et
le débarquement des marchandises. Sur le site :
Procès-verbal
de la pose de la première pierre du Barachois à Saint-Denis, le 27 novembre
1819.
C'est également sous son
gouvernement que sont conduits les travaux du canal sur la Rivière Saint-Étienne
qui devait approvisionner Saint-Pierre en eau.
Ordonnance du commandant
et administrateur pour le roi, portant qu'il sera ouvert un canal de dérivation
de la rivière Saint-Etienne.
Saint-Pierre, le 22 octobre
1819.
Vu la requête qui nous
a été présentée par les habitants du quartier
Saint-Pierre, tendant à obtenir qu'il soit ouvert un canal de dérivation
d'une portion des eaux de la rivière Saint-Etienne pour fertiliser
les terres comprises entre cette rivière et la rivière d'Abord,
et procurer au quartier Saint-Pierre des fontaines d'excellente eau dont
il est dépourvu ;
Considérant qu'un
pareil projet a un but éminemment utile, et que d'après
la différence de niveau des deux points extrêmes du canal
projeté, la possibilité de l'exécution est démontrée
;
Que cependant un travail
de cette importance ne peut être arrêté avant que l'on
ait fait les opérations géométriques nécessaires
pour arriver à l'appréciation des dépenses qui en
résulteront.
vons ordonné et ordonnons
ce qui suit :
Art. 1. Il sera levé
par l'arpenteur du roi, sous la direction de l'ingénieur en chef,
un plan exact du terrain traversé par le canal projeté,
ainsi que du bras de la rivière Saint-Etienne situé à
l'est, depuis le point où il se sépare de l'autre bras jusqu'au
point de leur réunion, un peu au-dessus duquel dont commencer le
canal.
Art. 2. Ce travail et les
mémoires, devis, etc., nous seront remis le plus tôt qu'il
sera possible, afin que nous puissions en ordonner l'exécution.
Le commandant et administrateur
pour le roi. Signé P. Milius
Pierre Bernard Millius organise
des nombreuses expéditions afin de ramener des espèces nouvelles de plantes
sur l’île. La vanille fut introduite par le commandant Philibert, en 1819
à Bourbon suite à une de ces expéditions.
Parmi les tâches qui attendent
Milius, il y a la lutte contre la traite : L'ordonnance du Roi du 8 janvier
1817, concernant l'abolition de la traite des esclaves est promulguée
dans l'île le 26 juillet 1817.
Les pénalités prévues sont : la confiscation du bateau négrier et de sa
cargaison autre que les esclaves, l'interdiction de commandement faite
au capitaine s'il est de nationalité française. Les esclaves sont libérés
et confiés aux Atelier du Roi. Décisions qui sont applicables depuis moins
de quatorze mois à l'arrivée du gouverneur, et que celui-ci va avoir d'autant
de mal à imposer qu'elles sont aussi récentes qu'impopulaires.
Milius avec ardeur essaie
de stimuler le zèle de ses subordonnés ou d'associer les autorités de
Maurice à sa lutte contre la traite, mais c'est seul qu'il se trouve quand
il tente d'obtenir l'appui des habitants et de certains magistrats pour
confondre les négriers. Il a quand même dans l'année 1819, six confiscations
de bateaux négriers prononcées par les magistrats.
Si la vigueur avec laquelle
Milius combat la traite contribue pour beaucoup à son impopularité, les
initiatives qu'il prend en faveur des, Noirs du Roi, c'est-à-dire des
esclaves qui appartiennent à l'État, sont volontiers tournées en ridicule,
notamment quand il décide de les faire conduire régulièrement à la messe,
ou quand dans un souci d'humanité mais aussi d'efficacité, il veut leur
attribuer un nouveau camp. Le gouverneur s'inquiète de la maltraitance
des esclaves par les propriétaires, il adresse une lettre au ministre
de la Marine et des Colonies. le 6 mars 1819 :
" ... s'il fallait en
croire les diverses autorités de la colonie, il n'existerait point où
les esclaves fussent généralement traités avec plus de douceur, d'humanité
et de philanthropie que dans la nôtre. Mais lorsque je considère que tous
ceux à qui je m'adresse ... sont eux-mêmes propriétaires, j'ai bien des
raisons pour considérer leur témoignage comme suspect ... Il n'est pas
rare de voir expirer des esclaves sous le fouet, mais il est presque impossible
de le constater tant les chefs d'habitation prennent de mesures pour le
cacher. Ils disent avec une fastueuse assurance que leurs esclaves leur
appartiennent sans restriction une fois qu'ils les ont payés et qu'ils
sont maîtres d'en disposer selon leur volonté ".
Milius fixe les heures ouvrables
de l'administration :
Règlement du commandant
et administrateur pour le roi, qui fixe les heures de bureau pour les
administrations de l'île Bourbon. Saint-Denis, le 13 Mai 1819. Nous Pierre-Bernard
MILIUS, capitaine de vaisseau, etc.,
Ordonnons :
Art. 1er. A compter du 15
Mai, tous les bureaux des administrations seront ouverts de huit heures
du matin à quatre heures de l'après-midi, et les employés tenus de s'y
trouver pendant ces heures.
2. Un commis de marine attaché
au magasin général et un employé des douanes seront désignés pour se rendre
à leur service respectif au lever du soleil; le premier sera présent à
l'ouverture du magasin et y surveillera les distributions jusqu'à huit
heures; le deuxième délivrera les permis d'embarquement et de débarquement,
conformément aux règles établies.
3. Les deux employés ci-dessus
et le commis préposé aux appels pourront quitter leur bureau à trois heures
de l'après-midi.
4. Afin que les chefs de
service puissent suivre avec plus de précision la reddition et la confection
des comptes, les bureaux ne seront ouverts au public que de onze à deux
heures, à moins de circonstances extraordinaires; le reste du temps sera
employé exclusivement à la mise en règle des écritures.
5. Toutefois cette disposition
n'est pas applicable aux personnes qui sont au service, et dont les communications
avec les bureaux des administrations ne pourraient être entravées sans
nuire à la marche des affaires publiques.
6. A la fin de chaque mois,
les chefs de service feront un rapport au commissaire de marine chargé
des détails du service administratif, sur l'assiduité, le zèle et la capacité
qu'auront montrés les employés; ces rapports seront transmis, avec les
observations du commissaire de la marine, à M. le commandant et administrateur
pour le roi, et serviront à régler le droit de chacun à l'avancement et
aux grâces du gouvernement.
7. Le commissaire de marine,
le contrôleur et les directeurs des administrations financières sont chargés,
chacun en ce qui le concerne de veiller à l'exécution du présent règlement,
qui sera enregistré au contrôle de la marine.
Donné en l'hôtel du gouvernement,
à Saint-Denis, île de Bourbon, le 13 Mai 1819. Le commandant et administrateur
pour le roi, P. MILIUS
1820,
Bourbon est endeuillée par une épidémie de choléra venue de l’Inde. Le
gouverneur Pierre Bernard Milius et les pouvoirs publics réagissent immédiatement
et avec vigueur afin que la maladie ne pénètre pas dans l’île. Or des
négriers indélicats apportent le choléra dans la capitale. Heureusement
l’épidémie sera circonscrite à Saint-Denis.
Entre le 1er et le 16 janvier
1820 , seize esclaves meurent dans le quartier de Saint-Denis. On dénombre
encore six morts le 31 janvier. De ce fait Milius prend, le 1er février
1820 , un arrêté qui établit un cordon de troupes autour de Saint-Denis
afin de " refermer le mal dans le lieu même où il a pris naissance ".
Peu à peu tout rentre dans l’ordre ; le 23 février la pêche en rade de
Saint-Denis est à nouveau autorisée. D’après les chiffres officiels deux
cent soixante-dix-huit personnes ont contracté le choléra et deux cent
trois en sont mortes.
Milius déploie une énergie
considérable pour mettre au point un projet de recrutement des travailleurs
à Madagascar, l'immigration des Noirs libres pourrait remplacer la traite.
Soutenu par une poignée de sucriers mais désavoué par la majorité des
planteurs qui préfèrent la solution d'un esclavage qu'ils imaginent durable,
Milius doit renoncer à son dessein.
6 août 1820, il crée
la Société philotechnique de Bourbon afin d'entretenir le goût des arts,
des lettres et des sciences dans la colonie.
Ordonnance du commandant et adminsitrateur
pour le Roi, portant création de la Société Philotechnique.
Le commandant et administrateur pour
le Roi, de la colonie de l'île Bourbon, après avoir délibéré
en conseil de gouvernement et d'administration, attendu que l'établissement
à l'île Bourbon d'une société composée
des habitants les plus estimés dans l'agriculture, les sciences
et les arts, ne peut qu'être favorable à la prospérité
de la colonie, en ce que cette société aurait pour but de
constater et de publier les observations et les découvertes recueillies
dans l'île, d'y faciliter l'introduction des plantes et des machines
utiles, de rechercher et d'appliquer, selon les localités, les
méthodes les plus propres à améliorer les terres
et à perfectionner la culture, ainsi que les meilleurs procédés
pour la manipulation et la préparation des produits ; de faire
naître le goût de l'étude et du travail parmi la jeunesse,
et l'émulation dans toutes les classes de la population, en accueillant
les mémoires ou les projets qui concernent les arts, et en proposant
des récompenses et des distinctions honorables pour le prix des
essais heureux et les travaux utiles ;
Vu la lettre de S. Exc. le ministre
secrétaire d'état de la marine et des colonies, en date
du 14 avril 1820 ;
A ordonné et ordonne, pour
être exécuté provisoirement, sauf l'approbation de
S. M., ce qui suit :
Il sera créé à
l'île Bourbon une société libre, sous la dénomination
de Société Philotechnique.
Les travaux de la société
auront pour objet de répandre dans la colonie le goût des
arts et des sciences, d'y propager les connaissances utiles, et d'y introduire
les machines propres à améliorer l'agriculture, etc.
Donné en l'hôtel du gouvernement
à Sainte-Suzanne, île Bourbon, le 6 août 1820.
Le commandant et administrateur
pour le roi. Signé Baron Milius.
Actif certes mais à poigne,
le gouverneur Milius connaîtra de nombreux problèmes avec une partie de
la population de Bourbon. Écœuré par le peu de reconnaissance des habitants
de Bourbon, il demandera son rappel.
Il quitte l'île en février
1821.
Le nouveau gouverneur Louis
Henri Desaulses de Freycinet arrive à Bourbon le 15 février 1821.
Milius se retrouve administrateur
de la Guyane de 1823
à 1825.
Pierre Bernard Milius est
nommé, le 18 novembre 1827
contre-amiral, il meurt brusquement à Bourbonne-les-Bains le 11 août 1829.
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