Pierre
Etienne Cuinier est né le 24 avril 1824 à Basse-Terre Guadeloupe.
Cuinier est créole de Guadeloupe,
il est le fils de Pierre Cuinier, propriétaire, et de Victoire Lannay.
Il occupe un poste administratif
dans son île natale comme écrivain de la marine.
C'est en poste en Guyane,
qu'il rencontre sa future épouse Marie-Joséphine Rousseau Saint-Philippe.
Gravissant avec succès tous les échelons de la fonction publique coloniale,
Cuinier finit par décrocher le grade de commissaire général de la Marine.
Le 25 janvier 1879, Pierre
Etienne Cuinier est nommé gouverneur de La Réunion. Il prend ses fonctions
à Saint-Denis le 3 mai 1879.
Sa première décision, prise
le 5 mai, est de promulguer le décret du 22 avril 1879 qui étend à La
Réunion le régime monétaire de la métropole. Désormais, toutes les monnaies
étrangères qui circulent dans La Colonie doivent être retirées, circulent
dans l’île des piastres espagnoles, des roupies et autres pagodes indiennes.
La décision du gouverneur
sème le désordre et ouvre une grave crise économique. Refusés par les
commerçants qui perdent confiance, les Kreutzers, monnaie autrichienne
introduite par Kerveguen en 1859, deviennent sans valeur et leurs propriétaires
se sentent floués. La police supplie les commerçants de laisser leurs
boutiques ouvertes et d’accepter les kerveguens. Ainsi, durant quatre
mois d’avril à juillet 1879, l’économie réunionnaise se voit presque paralysée.
Pour désamorcer la crise, Cuinier fait marche arrière et décide que les
Kreutzers sont acceptés en l'acquit de l'impôt.
10 octobre 1879, Pierre Étienne
Cuinier, décide de fermer le pénitencier des mineurs à
l’Ilet à Guillaume, de licencier les frères du Saint-Esprit
et de transférer les détenus à la prison de la Providence.
Le 2 mars 1880, un vice-rectorat
est créé par décret, dirigé par un inspecteur d'académie qui prend le
titre de vice-recteur.
En 1881, une école normale
est crée, le 24 avril 1883 elle est assimilée par décret aux Écoles normales
de France.
1882, inauguration
du chemin de Fer de La Réunion :
- 11 février 1882 : Inauguration
de la ligne de Saint-Denis à Saint-Benoît.
- 12 février 1882 : Inauguration de la ligne de Saint-Denis à Saint-Louis.
- 15 février 1882 : Arrêté autorisant la mise en exploitation de la ligne
du chemin de fer comprise entre Saint-Benoît et Saint-Louis.
- 5 juillet 1882 : Arrêté autorisant la mise en exploitation de la ligne
du chemin de fer comprise entre Saint-Benoît et Saint-Pierre.
Le 11 février 1882, le chemin
de fer est inauguré, en présence de nombreuses personnalités, dont le
gouverneur Cuinier. C'est M. Blondel qui a dirigé les travaux. Le premier
train inaugural relie Saint-Denis à Saint-Benoît puis à Saint-Louis. 4
ans de travaux ( 1878-1882 ) pour 126 km de ligne, 41 ponts métalliques,
14 ponts en maçonnerie, des dizaines de ponceaux, aqueducs et tranchées.
On notera pour la petite
histoire que le voyage inaugural du chemin de fer sera l'occasion également
d'inaugurer la longue série de déraillements qui, année après année, rythmeront
l'histoire du ti train. Il n'empêche que malgré ses déboires et son caractère
plus que folklorique, ce train a sauvé l'économie de l'île et procuré
aux habitants de ce pays un moyen commode de déplacement entre le Nord
et le Sud.
Discours
d'inauguration du Chemin de Fer le 11 février 1882 par le Gouverneur de
La Réunion Pierre Etienne Cuinier.
- Récit
du trajet inaugural du chemin de fer de La Réunion du 11 février 1882
et du 12 février 1882.
11 février 1882. C'est
un vrai jour de fête. Les locomotives jettent à la brise
leurs sifflets stridents qui avertissent au loin les invités et
la foule des curieux que la séance va commencer. Dès dix
heures, une foule immense assiège la place Candide, la gare, et
les abords de la voie ferrée. La police et la gendarmerie ont beaucoup
de peine à contenir le flot humain, dont les houles tumultueuse
contrastent avec les vagues de la mer qui viennent expirer doucement sur
la plage bruyante.
Les locomotives sont rangées
en une ligne majestueuse devant l'estrade. Elles sont décorées
de drapeaux tricolores. Les invités arrivent successivement à
la gare et de là se rendent sous la tente où doit avoir
lieu la cérémonie.
Après les discours
: du Gouverneur de La Réunion Pierre Etienne Cuinier, de l'Évêque
de la Réunion Monseigneur Coldefy, celui-ci, entouré de
ses vicaires et de plusieurs membres du clergés, bénit les
locomotives. Puis, les invités se rendent au train, composé
de six voitures, et de deux fourgons. L'heure du départ est solennelle.
La foule, échelonnée des deux côté de la route,
salue les invités qui, les premiers, vont parcourir la voie ferrée.
La musique de la Milice jouie la Marseillaise au départ du train.
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