| Auteur : Etienne Azéma | ||
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| Extrait. | ||
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Inspirations |
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| Sur des sommets nouveaux allez, volez, poètes ! | ||
| Du Pinde assez longtemps les antiques retraites | ||
| Des accords de la lyre ont répété le bruit. | ||
| Venez et préludez sous le ciel des tropiques, | ||
| Chantez et son azur et ses reflets magiques | ||
| Et sa brise et sa nuit. | ||
| Ici tout est parfum ; dans les champs, sur les grèves | ||
| Tout est mystère, amour, émotions ou rêves, | ||
| Et murmures d'en haut par les vents soupirés. | ||
| Les rochers ont des voix, les forêts ont une âme, | ||
| Et les soleils couchants des couronnes de flamme | ||
| Pour vos front inspirés. | ||
| Ici, planant au haut des montagnes sauvages, | ||
| Amante tout à tour des sablonneux rivages | ||
| Et des palmiers en butte aux fougueux ouragans, | ||
| La muse, aigle hardi, se pose sur les cimes, | ||
| Dans les rocs crevassés et près des noirs abîmes | ||
| Creusés par les volcans. | ||
| A vous ces pics géants que le brouillard assiège, | ||
| Dont le front resplendit de glaces et de neige, | ||
| Tandis qu'à leurs flancs verts la fleur brille en tout temps | ||
| A vous les cocotiers aux palmes rayonnantes, | ||
| Le palmiste élancé, les cascades brillantes | ||
| Et l'éternel printemps. | ||
| Au bruit de l'Océan mêlez votre harmonie. | ||
| Son horizon sans bornes agrandit le génie. | ||
| Sur la face des eaux marche l'esprit de Dieu. | ||
| Chantez, soit que la mer jette un son monotone, | ||
| Soit que dans la tourmente elle écume et bouillonne | ||
| Sous un ciel tout en feu. | ||
| Escaladez les monts dont les sombres entrailles | ||
| Rendent des bruits pareils au canon des batailles, | ||
| Quand mugit oppressé l'effroyable Géant, | ||
| Allez, trempez vos vers, abreuvez vos pensées | ||
| Dans les laves de feu qui roulent élancées | ||
| De l'abîme béante. | ||
| Avez-vous parcouru ces mornes volcaniques, | ||
| Que n'abritent jamais les bois mélancoliques, | ||
| Et franchi les hauteurs de leur pic solennel ? | ||
| Vous entendez des bruits et des voix inconnues, | ||
| Mystérieux concerts des astres et des nues, | ||
| Soupirs tombés du ciel. | ||
| Peignez-nous l'Ouragan, lugubre météore, | ||
| Lorsque troublant les airs de sa clameur sonore | ||
| Il s'abat dans son vol sur les toits écrasés, | ||
| Roule du haut des monts les forêts qu'il enlève, | ||
| Bouleverse les mers et lance sur la grève | ||
| Les navires brisés. | ||
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Etienne AZEMA. |
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