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Histoire Bourbon île de La
Réunion : Textes, lois, codes, décrets, courriers, récits.
Procès-verbal
de la pose de la première pierre du Barachois à Saint-Denis, le 27 novembre
1819.
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Milius :: Histoire
de La Réunion année 1819
Aujourd'hui, 27 novembre
1819, à sept heures et demi du soir, en raison de la marée,
Pierre-Bernard Milius, captitaine de vaisseau, chevalier des ordres royaux
et militaires de Saint-Louis et de la légion-d'Honneur, commandant
et administrateur pour le roi à l'île Bourbon, nous sommes
transporté au bord de la mer, au canton Saint-Denis, au lieu dit
le Barachois, suivi des autorités civiles et militaires, du préfet
apostolique et du clergé, des compagnons d'élite de la milice,
du bataillon de Bourbon, et d'une brigade de gendarmerie, ainsi que d'un
grand concours des habitants de la ville, où étant, nous
avons été salué par 21 fusées, aux cris répétés
de Vive le Roi.
Ayant été reçu
par MM. Partiot et Gaudin, ingénieurs en chef des Ponts et Chaussées,
et par eux conduit sous la tente à ce destinée, M. Partiot,
auteur du projet, nous en a présenté les dessins que nous
avons revêtu de notre approbation.
De là, accompagné
de MM. les ingénieurs en chef, nous étant rendu sur les
travaux, nous avons déposé dans la fondation, sous la place
destinée à recevoir la première pierre, une boîte
de plomb de dix-neuf centimètres carrés et de deux millimètres
d'épaisseur, dans laquelle nous avons mis une plaque de plomb sur
laquelle est l'inscription suivante :
Sous le règne de Louis
XVIII, ce port, objet des voeux de toute la colonie, fut entrepris par
les soins de Pierre-Bernard Milius, commandant et administrateur pour
le roi, captaine de vaisseau,chevalier des ordres royaux et militaires
de Saint-Louis et de la légion-d'Honneur. La première pierre
a été posée par lui de 27 novembre 1819. Devant un
grand concours de peuple, aux cris mille fois répétés
de vive le Roi. J. B Partiot, ingénieur en chef des ponts et chaussées
de France, auteur du projet, en commença l'exécution ; J.
F. D Gaudin, ingénieur en chef des ponts et chaussées de
France, fut chargé de la continuer.
Nous avons ajouté
dans la boîte de plomb une pièce de cinq francs, une de deux
francs, et une d'un franc, une de cinquante centimes à l'effigie
et aux armes de Sa Majesté; plus cinq pièces de dix centimes
au chiffre du Roi.
La boîte de plomb ayant
été fermée, ayant ceint le tablier, pris la truelle
et le marteau, les conducteurs et chefs d'ateliers aidant à l'apport
de la première pierre, nous l'avons posée, et en cet instant
les cris de vive le Roi se sont répétés, et la batterie
a tiré vingt-un coups de canon.
Cette opération terminée,
M. Pasquiet, préfet apostolique, suivi du clergé, s'est
approché et a béni le travail commencé. Le Te Deum
et le Domine salvum fac regem ont été chantés, et
la cérémonie a été terminée par un
bouquet d'artifice accompagné des cris répétés
de Vive le Roi !
De là nous étant rendu sous
la tente, le procès-verbal a été dressé et
signé par nous, par :
M. Bussy de Saint-Romain, premier président de la cour royale,
M. le comonel Maingard, sous-directeur d'artillerie,
M. Thomas, commissaire de marine, chargé des détails du
service administratif,
M. Gillot-L'étang, avocat général,
M. Gérard, contrôleur colonial,
MM. Partiot et Gaudin, ingénieurs en chef des ponts et chaussées,
M. Pasquiet, préfet apostolique,
M. Dupar, président du tribunal de première instance,
M. Michault-d'Emery, procureur du roi,
M. Gabet, capitaine de frégate et de port,
M. Pitois, maire de la commune de Saint-Denis,
M. Blanchin, capitaine commandant de la milice, en l'absence de M. Raoul,
chef de bataillon,
M. Duplessis, chef de bataillon, commandant le bataillon de Bourbon,
MM. Julienne et Gamin, négocians,
M. Ozoux, secrétaire archiviste du gouvernement,
les jours, mois et an que dessus, le port étant éclairé
par une brillante illumination et aux cris répétés
de Vive le Roi !
Suivent les signatures.
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