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Histoire Bourbon île de La
Réunion : Textes, lois, codes, décrets, courriers, récits.
Proclamation
de l'Assemblée Coloniale du 11 juillet 1799. Séance du 25 messidor, an
7 de la République.
Page(s) liée(s) : Histoire
de la Réunion année 1799.
Extrait enjoignant les
habitants de faire porter tous leurs efforts vers un renforcement des
défenses de la colonie. A la fois contre les Anglais et les Français abolitionnistes.
... " Il est encore
un moyen de défense qui, sagement employé, accroît le nombre de nos bras,
sans aucun danger pour l'intérieur. Ce moyen est l'instruction à la manœuvre
des canons de côte, d'un nombre de noirs proportionné à la population
de chaque commune. Depuis longtemps cette instruction est ordonnée ; plusieurs
fois le Comité administratif a rappelé les citoyens à l'observance de
cette mesure salutaire ; mais il a eu la douleur de voir que leur zèle,
si manifeste dans toutes les autres dispositions de sûreté, n'avait pas
été le même dans l'exécution de cette dernière.
Le Comité se gardera bien
de chercher à affaiblir dans vos esprits, le sentiment de vos forces personnelles
sur lequel sans doute vous fondez le succès de votre défense. Ce sentiment
est noble ; il appartient aux habitants de la Réunion, assez nombreux
pour garnir à la fois les différents points d'attaque, assez courageux
pour braver leurs ennemis, assez forts de leur attachement à la République,
pour que rien ne résiste à leur valeur ; mais, dut ce nouveau moyen qui
vous est offert, n'avoir d'autre avantage que de ménager des citoyens
aussi précieux, cette seule considération ne suffirait-elle pas pour qu'on
le saisit avidement et faire regarder comme très coupables ceux qui s'y
seraient refusés.
Le but de la présente proclamation
est, citoyens, de vous exhorter à l'exécution la plus entière de toutes
les mesures qui tendent à la conservation de votre territoire, et principalement
de celle relative à l'instruction des noirs à la manœuvre des canons de
côte. Éprouvés déjà par des sacrifices longs et pénibles, pourriez-vous
risquer, pour des privations légères et momentanées de compromettre le
sort de vos propriétés, celui de vos familles, la paix, la sûreté, tous
les biens dont vous jouissez, et qui doivent vous être d'autant plus chers,
que vous les avez comme arrachés aux tourmentes de la révolution.
Le président du Comité administratif Fréon.
Le secrétaire Lagironde. Vu l'agent général Bédier.
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