Radio Freedom émeutes de février et mars 1991 Affaire Freedom et télé Freedom à La Réunion

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  Affaire Freedom, émeutes de février et mars 1991
   
   
  Depuis quelques années, la France voit éclore de nombreuses radios libres qui émettent dans l’illégalité et dont certaines se 
  regroupent au sein de l’Association pour la libération des ondes ( ALO ). Le candidat socialiste Mitterrand a promis de légiférer à ce 
  propos. A La Réunion, comme en France métropolitaine la fin du monopole radio est lié à l’élection de François Mitterrand à la 
  présidence de la République. 
   
  29 juin 1981, La première radio libre réunionnaise : Radio Détente n°1,  émet, elle est issue du mouvement lycéen.
   
  14 juillet 1981, création de Radio FreeDom. L'adhésion des créoles qui rejettent les monopoles et les maîtres à penser, à la première 
  radio libre de l'île est fulgurante. Le créateur de cette radio, Camille Sudre, un médecin ' Zoreil ' est adoré, parce qu'il a osé créer la 
  première radio libre. La date du 14 juillet 1981 est choisie symboliquement, comme la fréquence d’émission : 97,4 mégahertz sur la 
  bande FM, c’est-à-dire le numéro du département de la Réunion. D’emblée, Radio Freedom affiche ses valeurs :  Liberté, liberté 
  d’expression, indépendance vis-à-vis de tout gouvernement, de toute idéologie et des puissances économiques. Un logo, une 
  colombe blanche, accompagne dorénavant la destinée de la station, tandis que Camille Sudre n’apparaît jamais en public autrement 
  que vêtu de blanc. Il s'agit pour ses promoteurs de permettre aux auditeurs de s'exprimer en créole ou en français et en direct , 
  quelles que soient leur appartenance politique ou leur condition sociale. La radio libre diffuse des émissions de radio doléances durant 
  lesquelles chacun commente l'actualité ou évoque un sujet du moment. L’initiative d’une première expérience d’émissions interactives 
  dans lesquelles les auditeurs interviennent en direct revient toutefois à une autre radio libre, proche du Parti communiste réunionnais, 
  Kanal océan indien ( KOI ), implantée au Port. José Macarty anime alors l’émission  Alon kosé  qu’il décrit comme  une expérience 
  pédagogique offrant aux Réunionnais la possibilité concrète de s’exprimer. Les émissions de Radio Freedom sont diffusées 24 heures 
  sur 24, et une équipe d’animateurs bénévoles se relaie dans un petit studio. La station est encore considérée comme illégale, mais le 
  9 novembre 1981, une loi provisoire admet les dérogations au monopole. La loi du 1er août 1984 autorise ensuite la publicité.
   
  13 mars 1986, Camille Sudre lance Télé Freedom qui diffuse des films de karaté et les premiers films érotiques de l'histoire de la
  Réunion. Si la création de la radio s’est déroulée sans heurt, le lancement de Télé FreeDom le 13 mars 1986 constitue le point de
  départ d’un rapport de force permanent entre la Justice, les pouvoirs publics, et Camille Sudre. Ce dernier tente à maintes reprises de 
  mobiliser la rue, appelant à des manifestations, dans le dessein de légitimer sa télévision qui ne parviendra pourtant jamais à émettre 
  dans la légalité. 
   
  Les évènements de février mars 1991.
   
  Le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel. demande à Télé Freedom de stopper ses émissions, qui émet illégalement depuis 1986. 
  Camille Sudre refuse, les téléspectateurs soutiennent Télé Freedom, un espace pour eux de liberté à préserver à tout prix.
   
  Après la décision du CSA d’attribuer le canal 25 à Antenne Réunion et Canal Plus Réunion, Télé Free Dom qui émet sur ce canal 
  interrompt ses émissions le 1er février 1991. Le 23 février 1991, une manifestation de soutien s’achève dans de violentes 
  échauffourées. En accord avec le procureur de la République, le préfet Daniel Constantin ordonne la saisie des émetteurs qui a lieu le 
  lendemain matin. Camille Sudre est condamné à trois mois de prison avec sursis et à 800 000 francs de dommage et intérêt. 
   
  Les laissés-pour-compte de la la société réunionnaise ne supportent pas qu'on fasse taire leur télé. Galvanisés par les appels au 
  soulèvement de Camille Sudre. Ils s'attaquent aux signes extérieures de richesse d'une société de consommation dont ils se sentent 
  écartés.
   
  Du 22 au 26 février 1991, des émeutes éclatent après la saisie de Télé Freedom, on lance des galets, on brûle des voitures, on brise 
  les vitrines, on pille les magasins, et c'est dans l'un deux que se produit le drame, un groupe de personnes est bloqué par un rideaux 
  pare-feu automatique dans un magasin en flammes. Bilan 8 morts. Cet affreux fait-divers calme l'agitation pendant quelques 
  semaines , puis les manifestations pour le rétablissement de la télévision reprennent en mars. L'épicentre de ce déchaînement de 
  violence commence dans le quartier du Chaudron, les émeutes ensuite s'étendent au quartier des Camélias qui brûle à son tour. La 
  classe politique s'enflamme. 
   
  La déclaration de Monseigneur Aubry, le mardi 26 février : " Les jeunes se sont attaqués de manière inconsciente mais réelle aux
  signes d'opulence fragile et étalée d'une civilisation dont ils se sentent plus ou moins exclus. Nous aurions tort de prendre à la légère
  ces évènements qui invitent tous les responsables à travailler à une cohérence réunionnaise pour sortir des contradictions internes."
   
  Le 17 mars 1991, le Premier ministre, Michel Rocard accompagné du ministre des DOM-TOM, Louis Le Pensec se rendent à La 
  Réunion. Les partisans de Freedom ont organisé un pique-nique en bordure de la route de l’aéroport. De nouvelles émeutes se 
  produisent et le Premier ministre doit regagner l’aéroport en soirée sous la protection de véhicules blindés. Des mouvements de rue 
  se déroulent pendant une semaine dans divers quartiers de Saint-Denis. La villa du directeur de RFO située à Bellepierre, sur les 
  hauteurs de la ville, est incendiée.
   
  Le 20 mars 1991,  Louis Le Pensec accuse Free Dom d'avoir orchestré la casse, en conseil des ministres, François Mitterand
  admoneste le Premier ministre Michel Rocard à qui il reproche sa mauvaise gestion du dossier.
   
  Le 22 mars 1991, l’épouse du président de la République, Danielle Mitterrand, présidente de l’organisation France Liberté, arrive à La 
  Réunion pour rencontrer les différents acteurs sociaux, notamment les habitants du Chaudron ; elle leur assure avoir compris leur 
  situation et leur promet d’en informer le président. 
   
  28 mars 1991, Télé Freedom est morte, mais les émissions de radio Freedom reprennent.
   
   
   
 

   
 
   
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