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Le Ramadan et la fête de Eidul Fitr à l'île de la Réunion. |
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| Ramadan”
est le nom arabe du neuvième des douze mois que compte le calendrier
lunaire islamique. On calcule le premier jour du mois en fonction
d’observations physiques de la Lune et de calculs astronomiques. Durant cette période, plus d’un milliard de musulmans dans le monde entier jeûnent durant toute la journée et se réunissent, à la tombée de la nuit, pour partager le repas. Du lever au coucher du soleil, chaque jour pendant trente jours, ils s’abstiennent intégralement de manger, de boire, de fumer et d’avoir des relations sexuelles. Ils sont aussi censés s’abstenir de dire du mal de quiconque, de jurer, de respirer du parfum et de se mettre en colère. Bref, une façon de lutter contre leurs faiblesses personnelles et de tester leur foi. |
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| Le
ramadan est avant tout une période sainte, de recueillement individuel
et collectif. Il fait partie des cinq obligations fondamentales inscrites
comme “piliers” de l’islam, avec la profession de foi, la prière,
l’aumône et le pèlerinage. Mais le ramadan n’est pas seulement un
mois de jeûne, de piété et de prière, c’est également une période
de convivialité et de fête, l’occasion de retrouvailles familiales et
d’actions de solidarité. Les dix derniers jours du ramadan sont considérés
comme hautement bénis, et en particulier la 27e nuit, la nuit du destin,
pendant laquelle le Coran a été révélé à Mohammed. |
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| Enfin,
les trois jours qui suivent le ramadan sont des jours de fête, appelés
l’Aïd-al-Fitr, la fête de fin du jeûne, durant laquelle on offre des
cadeaux aux enfants, pour les récompenser de leurs efforts. Le nom “ramadan” vient du mot arabe ramida, ou ra-mad, qui signifie une chaleur et une sécheresse intenses, brûlantes, en particulier concernant le sol. Certains disent que ce nom vient du fait que le ramadan brûle les péchés grâce aux bonnes actions, comme le soleil brûle le sol. |
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| Le ramadan est l’un des cinq piliers de l’islam. Les 70 000 pratiquants réunionnais attendent une observation formelle de la Lune pour commencer ce mois d’abstinence, qui est aussi celui de la convivialité et du partage. L’astre n’ayant pas été “trouvé” hier soir, le jeûne débutera demain au lever du soleil. | |||
| Hier soir, la communauté musulmane de l’île a commencé à “chercher la lune” dans le ciel. Les fidèles de l’ensemble du département ont eu les yeux rivés vers la voûte céleste dès la tombée de la nuit. “L’an dernier, c’est nous qui l’avons vu en premier, à Saint-Denis” se souvient un jeune croyant, devant la mosquée dionysienne des Lataniers. “Mais non, c’était il y a trois ans !”, rétorque l’un de ses camarades, tandis que la prière de 18 heures se termine. Un sujet de discussion inépuisable... La présence particulière du satellite est en effet le signe du début du jeûne, le commencement du neuvième mois musulman. C’est la “Nuit du doute”. Bien souvent, les observations décisives sont réalisées du côté de Saint-Paul, ou dans le Sud. | |||
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Lorsque
l’astre apparaît sous l’angle attendu, ceux qui l’ont découvert
s’empressent de téléphoner à leurs proches, qui confirment ou non
l’événement. Selon les responsables religieux locaux, le début du
ramadan commencera demain matin au lever du jour, la Lune n’ayant pas
été observée hier soir. La nouvelle sera confirmée sur les panneaux
d’information de toutes les mosquées du département, une fois les
imams alertés. Les quelque 70 000 musulmans que compte la Réunion (un
peu moins de 10 % de la population) se préparent donc à jeûner
pendant un mois, du lever au coucher du soleil. “Ce mois de jeûne
s’inscrit dans la continuité des religions monothéistes qui ont précédé”
souligne Cader Macdoum, secrétaire général de l’association Islam
Sounnate Djamatte (AISD), qui gère la grande mosquée de Saint-Denis
(1). “Le jeûne est un appel vers le créateur, c’est un mois
d’abstinence morale mais aussi physique, au cours duquel il faut
freiner ses passions. Il s’agit de mieux comprendre son prochain, de
partager, c’est le mois du pardon et de la piété, du
rassemblement” ajoute-t-il. Chaque pratiquant sera invité pendant les
quatre prochaines semaines à appliquer ces préceptes dans sa vie
quotidienne. Les mosquées connaissent pendant le ramadan une assiduité plus importante qu’à l’accoutumée. En conséquence, les salariés musulmans des entreprises parviennent en général à se libérer pour répondre à ces exigences. Le jeûne n’étant effectué qu’au cours de la journée, la communauté musulmane se réfère à un calendrier solaire et lunaire prédéterminé et adapté à la position géographique de l’île. L’abstinence alimentaire est rompue au coucher du soleil : il s’agit de “casser le carême”, selon l’expression créole. Une fois le repas terminé, tous les soirs après la dernière prière rituelle de la journée, les fidèles réalisent une prière spécifique, propre au mois de ramadan, nommée Tarawih. Elle consiste à réciter un livret du Coran. Qu’ils soient d’origine comorienne, indienne, malgache ou maghrébine, tous les pratiquants sont concernés par cette tradition. Selon l’AISD, l’île compterait aujourd’hui environ quarante-cinq mosquées et lieux de prière. Plus de la moitié de la population musulmane est composée de fidèles originaires de l’Inde. La tradition sunnite reste majoritaire, mais quelques pratiquants chiites sont également présents dans le département. Vingt-cinq mille musulmans vivent aujourd’hui dans le Nord de l’île. | |||
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(1)
L’AISD
gère non seulement la grande mosquée de Saint-Denis (rue
du Maréchal Leclerc), mais aussi celle des Lataniers, de Montreuil, du
Moufia et de Sainte-Clotilde. Seule la mosquée située rue Mazagran
(non loin du lavoir) ne dépend pas de l’association. | |||
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La
communauté musulmane de Saint-Pierre a débuté hier soir le ramadan.
Du côté de la mosquée, l’organisation ne déroge pas à celle des
années précédentes. Chaque soir, quelque 400 pratiquants se
regrouperont pour la prière Isha, la cinquième de la journée, avant
d’entamer la prière Talawee à partir de 20 heures 30. Ce lieu de
culte sera épaulé par les très nombreux centres de prière disséminés
un peu partout dans les écarts de la capitale du Sud. Selon le président
de la mosquée, Farouck Omarjee, le nombre de musulmans à observer le
mois de ramadan est toujours aussi important. Et notamment chez les
jeunes, très respectueux de la pratique. “Beaucoup connaissent entièrement
le Coran. Cette période est tout de même une façon de se le remémorer
grâce à une lecture quotidienne du livre sacré”, ajoute le président
de la mosquée. Quant aux commerçants, beaucoup adaptent leurs horaires
afin d’être disponibles pour les prières de la journée. Ils sont
nombreux à fermer peu avant 18 heures, se libérant ainsi pour la
rupture du jeûne. Si cela peut sembler évident, il est à noter que la
mosquée ne demande en aucun cas aux commerçants pratiquants de
modifier leurs habitudes. | |||
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“PLUS
DE FRATERNITÉ” “Ce mois de l’année est pour nous une rupture avec nos habitudes de vie. C’est une période qui nous permet de nous rapprocher de Dieu et de faire un pas vers plus de fraternité humaine”, indique Farouck Omarjee. Un peu partout dans les foyers musulmans, une préparation spirituelle a donc débuté avant même le début du ramadan. Le soir, au sein de la mosquée, entre 18 heures et la rupture du jeûne, de nombreux problèmes spirituels seront abordés. Il en sera de même dans les autres villes du Sud et de l’île où l’ensemble des membres de la communauté - quelle que soit leur origine - a commencé hier ce mois de ramadan. | |||
| La fête de Eidul Fitr | |||
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Après
avoir passé un mois de jeûne, les musulmans fêtent l'Eid, qui marque
la fin du "mois béni", le Ramadhân.
Cette fête appelée plus communément "Eidul Fitr"
(fête de la rupture du jeune) par les musulmans est une journée de
joie et de rencontre mais aussi de prière. En effet, contrairement aux
autres jours pendant lesquels ils prient cinq fois, il y a une sixième
prière "obligatoire" en ce jour (vers 6h30) , qui se tient généralement
en dehors de la mosquée, sur un terrain non couvert appelé Eidgah
ou Mousalla, situé aux limites de la ville. Après avoir écouté
le discours (Khutba) de l'imam et prié ensemble, les fidèles
repartent ensuite chez eux et se retrouvent en famille. Commence alors
les festivités pour les musulmans comme l'avait rappelé un jour de Eidul
Fitr le Prophète Mouhammad (Paix sur lui) : "Chaque
peuple a sa fête et celle ci est la nôtre.". C'est un
moyen de resserrer les liens de fraternité qui existent entre les
musulmans en s'offrant mutuellement des cadeaux, mais aussi en les
invitant à partager les différents repas de la journée. On rend
visite aux connaissances mais les plus démunis ne sont pas oubliés :
en effet, il est obligatoire aux plus aisés d'aider ceux qui ne le sont
pas en leur donnant une aumône appelé "Sadaqatoul Fitr"
(l'aumône de la rupture de jeûne). Il est important de rappeler que
cette aumône doit être donnée -au plus tard- avant la prière du
matin faite au Mousalla, afin que ceux qui en ont besoin puissent
fêter ce jour décemment. Il est conseillé de porter ses plus beaux vêtements
en ce jour mais tout en gardant à l'esprit que l'Islam n'autorise
aucune chose en ce jour qui est interdite (comme la musique non permise,
l'indécence, etc...) Les prières obligatoires de la journée ne
doivent pas être non plus oubliées car en Islam, fête ne signifie pas
l'oubli de ses obligations religieuses mais bien le contraire car la
"fête" d'après le dictionnaire est définie comme une "solennité
religieuse ou civile commémorant un fait important." Le
Ramadhân est un tremplin pour le musulman, une période de ressource
spirituelle qui doit l'aider à passer le reste de l'année plus proche
de Dieu.
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Article rédiger par : M. Bilâl.
Centre islamique de la Réunion
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