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Histoire Bourbon île de La
Réunion : Textes, lois, codes, décrets, courriers, récits.
Récit
de Purchas concernant un voyage à La Réunion du 27 mars 1613 au 1 er avril
1613. Parution dans His Pilgrimes en 1625, d'après les souvenirs d'un
nommé Tatton, voyageant à bord de la Pearl.
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de La Réunion et les premiers habitants.
Le 23 mars 1613, par 16°50'
de latitude Sud, la variation étant de 23°10', nous avons fait route vers
le Sud-Ouest. Le 27, par 21° de latitude, nous avons aperçu dans l'Ouest-Sud-Ouest,à
cinq lieues environ, une île très élevée. A 6 heures du soir, nous avons
mouillé sur la côte Est, à un mille de terre, par 10 brasses, fond de
sable noir. Depuis 40 brasses jusqu'a 4 brasses, c'est-à-dire tout près
de la terre, il y a un beau sable fin et noir.
Nous avons envoyé un canot
à terre et nous y avons trouvé un nombre considérable de grandes tortues
terrestres, aussi grosses qu'un homme peut porter et qui étaient excellente
à manger.
La pointe Nord-Est de l'île
est haute et abrupte. Un peu dans le Sud-Est la terre est basse et arrosée
par un joli cours d'eau ; quoique les canots ne puissent pas y pénétrer,
et qu'il faille aller chercher l'eau à une certaine distance du rivage,
ce n'en est pas moins une excellente place pour s'en approvisionner. L'île
est toute boisée ; aussi l'ai-je nommée England's Forest, mais d'autres
personnes l'ont appelée Pearl Island, du nom de notre navire.
Il y a une grande quantité
d'oiseaux, petits et grands, tourterelles, perroquets, etc... et une grosse
espèce de volaille, de la taille d'un dindon, si grasses et à ailes si
courtes qu'elle ne peut voler. Ses plumes sont blanches et elle n'est
pas sauvage, comme du reste tous les animaux de cette île, aucun d'eux
n'ayant jusqu'ici été tracassé ni chassé. Dix hommes en tuaient assez,
à coups de pierres et de bâtons, pour nourrir quarante personnes.
En parcourant l'intérieur,
nos gens ont découvert un autre cours d'eau et un étang couvert de canards
et d'oies sauvages ; ils y pêchèrent de grosses anguilles, aussi savoureuses
qu'en aucun pays du monde ; elles n'étaient nullement farouches et, lorsqu'on
les manquait, elles allaient seulement deux ou trois mètres plus loin
où l'on pouvait les prendre tout à son aise. J'en ai pesé une, car ces
anguilles étaient plus grosses que toutes celles que j'avais vues jusque
là : elle pesait 25 livres ; sa chair était exquise. A mon avis, c'est
un enfroit pour se ravitailler aussi favorable qu'on peut le souhaiter,
d'autant plus que l'île est inhabitée.
Le 1 er avril 1613, nous avons mis la voile...
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