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Histoire Bourbon île de La
Réunion : Textes, lois, codes, décrets, Proclamations, courriers.
Août
1669, Le sieur Dubois, un voyageur qui vint à Bourbon en août 1669, et
qui y séjourna, nous donne une description de Bourbon :
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de l'année 1669 à La Réunion
Il trouva l'île couverte
de forêts magnifiques, et nous dit que l'air y est des meilleurs qu'il
y ait sous le ciel, que l'eau des rivières et étangs est remplie de poissons
et d'anguilles monstrueuses, et que le gibier y abonde. Outre les cabris
et les cochons déposés autrefois par les Portugais et les Anglais, les
bœufs apportés par les Français, il y a, dit-il, des flamands, des oies
sauvages à bec rouge, des petits canards de rivière, des butors vivant
de poissons, des poules d'eau, des aigrettes blanches et grises et des
cormorans.
Les oiseaux de terre sont
: le solitaire, comme une grosse oie, blanc, avec du noir à l'extrémité
des ailes et de la queue, où il y a des plumes pareilles à celles de l'autruche,
col long, bec de bécasse, mais plus gros, pieds de poule d'Inde : se prennent
à la course et volent peu. C'est un des meilleurs gibiers de l'île.
Les oiseaux bleus, gros comme
les précédents, avec bec et pieds rouges, faits comme pieds de poules,
ne volant pas, mais courant très vite.
On y trouve aussi en abondance
des pigeons sauvages, ramiers, tourterelles, petites perdrix, bécasses,
râles, huppes, merles, grives, perroquets gris et d'autres couleurs, papangues,
pieds jaunes, émerillons, petits oiseaux rouges, etc., etc.
Il y a aussi beaucoup de
tortues de terre et de mer, et des chauves-souris grosses comme des petits
chats.
Le pays habités, dit-il encore,
sont Sainte-Suzanne où séjournent environ cent blancs et noirs, c'est
le pays le plus peuplé de l'île ; Saint-Denis, qui est aussi habité et
où le gouverneur fait sa principale résidence ; Saint-Paul, où il y a
trois Français et une habitation pour le roi, le commandant et les habitants
y ont longtemps séjourné ; enfin, Saint-Gilles, où il y a quelques habitants.
Il y a de quoi habiter dans l'île plus de dix mille personnes.
On recueille dans cette île
: riz, blé de Turquie, fèves du Brésil, antacques, haricots, voèmes, amberics,
ouvys foutchis, cambarres, songes, oumimes, bananes et figue d'Adam, ananas,
acajous, citrons doux et aigres, oranges, vangasecs, limons, orge et avoine.
On a commencé à y cultiver le blé.
Outre ces fruits, il y en
a de sauvages qui sont bons.
La vigne y vient bien ; on
l'a planté depuis peu. Les cannes à sucre y viennent très bien ; on y
pourrait faire des sucreries. On fait du vin de canne qui vaut le cidre
; le tabac y est assez bon ; l'indigo y vient de lui-même.
Après une longue liste de
légume l'auteur ajoute : Tous les plantages et fruits ci-dessus y ont
été apportés par les Français ; il y a cinq ans que l'on porta les mouches
à miel dans l'île : elles ont tellement multiplié, que l'on trouve à présent
du miel dans les bois quand on en veut.
Il y a des poules, et il
commence à y avoir des poulets d'Inde. Sauf de petits scorpions, il n'y
a aucun reptile ni bête venimeuse. On y trouve aussi des lézards. Quant
aux chats, ils n'y ont que faire ; il n'y a ni rats ni souris.
Sauf les oies et les flamands,
qu'il faut tuer au fusil, on peut avoir toutes espèces d'oiseaux à coups
de gaule. On prend les cochons et les cabris sauvages avec des chiens
qui les arrêtent ; mais les cochons tuent quelquefois les chiens.
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