Le
8 juillet 1810,
l'île Bonaparte ( La Réunion ) après une ultime résistance, menée par
le colonel Jean-Chrysostôme de Sainte-Suzanne capitule devant l'armée
anglaise.
Le 9 juillet 1810, l'acte
de capitulation prend effet, les Français rendent les armes. Ce même acte
installe à la tête de la colonie Robert Townsend Farquhar.
Robert Townsend Farquhar
est né en Angleterre le 14 octobre 1776,
il est le fils cadet de Walter Farquhar, agent de l'Est India Company.
Il sert d'abord dans la marine
britannique jusqu'au grade de vice-amiral. Il commençe sa carrière
administrative en 1804
comme lieutenant-gouverneur de l'île de Penang (Malaisie) où
il se fait remarquer par des travaux d’aménagement portuaire.
Par la suite il travaille aux Moluques (Indonésie), pour la Compagnie
anglaise des Indes orientales.
Robert Farquhar qui a assisté
à bord du HMS Boadicea à la prise de Saint-Denis débarque le 9 juillet
1810 et reçoit les pleins pouvoirs du gouverneur le colonel de Sainte-Suzanne.
Texte de la capitulation
du 8 juillet 1810 paraphé : R.T.Farquhar, H.S. Keating, J. Rowley,
Sainte-Suzanne.
Capitulation pour la reddition
de Saint-Denis, capitale de l'île Bonaparte, et de toute la dite colonie,
convenue entre le colonel Sainte-Suzanne, commandant de l'île Bonaparte
pour sa Majesté l'Empereur des Français, roi d'Italie, etc., etc. d'une
part ;
Et le Commodore Rowley, commandant
l'escadre de Sa Majesté Britannique et de l'honorable Compagnie, et R.T.
Farquhar, esquire,de l'autre part.
Toute l'île Bonaparte sera
livré à Sa Majesté Britannique savoir : la ville de Saint-Denis demain
9 juillet, à midi ; et toutes les autres stations militaires aussitôt
que la présente capitulation y sera parvenue.
Demain, à midi, les troupes
françaises qui occupent l'arsenal et la batterie impériale évacueront
ces postes qui seront occupés pas la compagnie de grenadiers du 86e régiment
de cipayes de Madras, aussitôt que le pavillon britannique aura remplacé
le pavillon français.
Tous les honneurs de la guerre
seront accordés aux troupes de ligne et à la garde nationale. Elles sortiront
de la ville avec armes et bagages, tambours battant, mèche allumée, avec
l'artillerie de la compagnie, et elles déposeront leurs armes sur le front
de la batterie impériale faisant face à la mer. Les troupes de ligne se
rendront prisonnières de guerre et seront embarquées comme telles pour
le Cap de Bonne Espérance ou pour l'Angleterre.
En considération des qualités
distinguées du colonel Sainte-Suzanne et de ses officiers, et de leur
brillante défense, les officiers de tout rang conserveront leurs épées
et leurs décorations militaires ; ils se rendront aussi prisonniers et
seront embarqués pour le Cap ou l'Angleterre. Le colonel Sainte-Suzanne
donnera sa parole d'honneur de ne point servir pendant la présente guerre
jusqu'à ce qu'il soit régulièrement échangé et lui sera accordé, ainsi
qu'à sa famille, un passage pour l'île de France ou pour la France. Les
honneurs funèbres seront rendus, selon leurs rangs, aux officiers français
qui ont péri dans le combat.
On dressera un inventaire
de toutes les propriétés généralement quelconques, appartenant à l'État,
qui sera délivré à la personne que le gouvernement anglais nommera à cet
effet. Toutes les munitions de guerre, magasins et provisions, chartes,
plans et archives sont compris dans cet article.
Les lois, coutumes et religions
des habitants ainsi que leurs propriétés particulières de quelque espèce
qu'elles soient seront respectées et garanties.
Fait à Saint-Denis, le 8
juillet 1810, à 6 heures.
Dès sa prise de fonction
comme gouverneur de la colonie qui est redevenue île Bourbon, Farquhar
adresse une première proclamation aux habitants. Une seconde suit, le
18 juillet 1810, portant sur le mode d'administration de la colonie. Sont
donc maintenus, selon les lois et règlements en application avant la reddition,
les établissements ecclésiastiques ainsi que les établissements judiciaires
et de police. Les magistrats sont maintenus dans leurs emplois et les
ecclésiastiques dans leurs fonctions. L'administration anglaise assure
donc aux colons de Bourbon le respect de leurs lois, coutumes et religion.
Des mesures visant à assurer l'ordre public sont également prises.
Le 31 juillet, un texte règle
la police du marronnage, toujours sur le même principe, c'est-à-dire en
se référant aux lois existantes lors de la reddition de l'île.
En août, des dispositions
relatives aux déserteurs des forces britanniques, sont arrêtées ainsi
que celles fixant les formalités à remplir pour quitter la colonie. |