Le
3 Octobre 1855, il prend le commandement supérieur de la Marine
à Constantinople, puis le 3 Mars 1857 le commandement par interim
de la Marine à Alger.
Rodolphe Augustin Darricau
est nommé gouverneur de La Réunion en remplacement de Henri Hubert Delisle,
il prend ses fonctions le 28 mars 1858.
La Réunion connaît grâce
à la canne à sucre une situation florissante, mais Darricau juge rapidement
que la prospérité de l'île est artificielle et que les moyens qui la sous-tendent
sont dangereux. Pour Darricau il y a deux mondes " à côté de la
plus luxuriante culture la plus triste pénurie, à côté de la richesse
dans un petit nombre de mains moins que la médiocrité dans la plus grande
partie de la population ".
Monoculture de la canne et
structuration du marché du travail avec le recours à l'immigration, mais
sous la pression et face aux demandes incessantes des grands propriétaires
qui ont besoin de main-d'œuvre pour cultiver les cent vingt mille hectares
de terres agricoles de la colonie, Darricau accepte de relancer l'immigration.
Cette immigration sera Indienne
et Chinoise en effet, le 15 septembre 1859 le ministre des colonies de
Napoléon III, le marquis de Chasseloup-Laubat, a interdit l'immigration
venant d’Afrique, de Madagascar et des Comores.
Au 31 décembre 1859, la colonie compte 64 403 engagés.
Darricaud demande au directeur
de l'intérieur de prendre des mesures pour développer les cultures vivrières
et le petit élevage. Plusieurs objectifs sont alors poursuivis : donner
du travail aux oisifs, subvenir aux besoins de nécessiteux et leur permettant
d'accéder à des produits de consommation courante et agir sur les prix.
Le gouverneur va jusqu'à
recommander qu'une prime soit octroyée à tous ceux qui se livreraient
à la culture " des légumes, des fruits et l'élevage du petit bétail
". Encourager la production donc, mais permettre également sa commercialisation.
C'est ainsi qu'un nouveau marché et une petite halle aux poissons, doivent
être ouverts d'urgence à Saint-Denis.
En octobre 1858, Darricau
reprend et soutient le projet initié par son prédécesseur, Hubert Delisle,
et fonde l'établissement de La Providence. La gestion est confié à la
Congrégation du Saint-Esprit qui l’administre à ses risques et périls,
moyennant le paiement des traitements des pères et des frères qui y sont
employés et un prix de journée tarifé tenant compte des différentes catégories
d’individus qui y sont envoyés. Cet établissement public regroupe un hospice
de vieillards et d’infirmes, une école agricole et professionnelle pour
les jeunes affranchis, ainsi qu’un pénitencier pour jeunes délinquants.
Les apprentis accueillis
font l'objet d'une prise en charge de tous les instants; sur un même site
totalement clos, ils prient, travaillent, mangent, dorment. les métiers,
menuiserie, forge, mécanique, charronnage, taille de pierres, cordonnerie,
carrosserie, charpente, sont proposés en résonance avec les besoins de
l'industrie locale.
En 1859, un fléau terrible,
le choléra, s’abat sur la colonie. Le 17 février 1859 le navire Les Mascareignes
qui appartient au négociant Jules de Rontenay qui est aussi membre de
Conseil du Gouvernement, arrive en rade de Saint-Denis avec, à son bord,
des engagés.
Recrutés dans une région
contaminée par le choléra, de nombreux africains meurent au cours de la
traversée. Le capitaine d'Agnel, pour ne pas perdre le bénéfice de son
voyage va dissimuler la réalité du mal. Il fournit un faux rapport et
des certificats de complaisance, il dit que ses passagers souffrent de
simple dysenterie. Les travailleurs africains sont alors débarqués pour
le lazaret. C’est pendant la période d’observation prévue par les règlements
de la colonie qu’est enregistré le premier cas mortel de la maladie. Nous
sommes le 12 mars. Le 16 tous les immigrants sont répartis chez différents
engagistes sauf une quinzaine d’entre eux qui, officiellement atteints
de dysenterie, sont envoyés à l’hospice civil. Mais avant même la sortie
des engagés, des créoles ont été atteints. Un jeune ferblantier qui a
travaillé sur une conduite d’eau à l’intérieur du Lazaret meurt le 14
mars. Sa mort est suivie, le 17, par celle de quatre hommes de l’atelier
de discipline.
Quand le choléra est identifié
c'est trop tard. Saint-Denis est déjà touchée. A la fin du mois de mai
quand cessa l'épidémie, on dénombre uniquement dans Saint-Denis 863 morts.
Ailleurs, la contagion a
été portée par les Dionysiens fuyant la capitale. De ce fait Sainte-Marie
compte cent quarante-quatre morts ; Sainte-Suzanne, quatre-vingt-treize.
A Saint-André, après avoir débuté au centre de la commune, la maladie
s’est étendue à tout le quartier et y a fait cent quatre-vingt-cinq victimes.
Saint-Benoît, pour sa part,
en totalise trois cent dix-huit.
La Possession a été touchée
dès le 15 mars dans des proportions moindres.
Dans le Sud entre Saint-Leu,
Saint-Joseph et Saint-Pierre on a enregistré une centaine de décès.
Les responsables du Mascareignes
seront traduits devant les assises. Le procès qui dure du 24 janvier au
ler février 1860 passionne la colonie au grand étonnement de tous, les
accusés sont acquittés. Mais malgré cet acquittement le propriétaire du
navire, M. de Rontaunay, sera moralement très compromis. Le 6 septembre
le gouverneur lui écrit pour lui signifier sa mise à la retraite.
L'administration du gouvernement
Darricau a également été marquée par des catastrophes naturelles dont
la plus impressionnante est le tremblement de terre qui précède l'éruption
volcanique de mars 1860.
Le 11 juillet 1859, Gabriel
Le Coat de Kerveguen, le plus gros propriétaire terrien de l'île, obtient
l'autorisation de l'administration locale d'introduire sur ses domaines,
pour payer ses engagés indiens, 227 000 pièces d'argent de 20 kreutzers.
8 septembre 1863. Le Crédit
Foncier Colonial, société financière française, s'installe à La Réunion.
L'installation du Crédit
Foncier Colonial à La Réunion se fait dans une période où la dégradation
de la situation financière est de plus en plus manifeste. Les sucriers
réunionnais doivent trouver des capitaux pour surmonter les difficultés
du moment en améliorant la rentabilité de l'entreprise sucrière. La création
du Crédit Foncier Coloniale constitue une étape importante dans l'histoire
financière de La Réunion.
A la différence des sociétés
de prêt créées dans l'île depuis la première caisse d'escompte, le Crédit
Foncier Colonial institue un nouveau système de prêts à long terme, garantis
principalement sur les propriétés foncières. L'accord entre le colonie
de La Réunion et le Crédit Foncier Coloniale fut conclu le 8 septembre
1863, date à laquelle le représentant du Crédit Foncier Colonial et le
Ministre de la Marine et des Colonies signe la convention qui lie les
deux parties. Le Conseil général avait en effet donné les pleins pouvoirs
au gouvernement pour agir en ses lieu et place. Deux décrets, celui du
31 août 1863 et celui du 7 octobre 1863, confirmèrent la convention du
8 septembre 1863 donnant à la Société de prêts un privilège de 40 ans.
Le siège social de la nouvelle institution de prêt se trouve à Paris et
est représenté dans la colonie par une agence locale.
En quittant La Réunion en
septembre 1864 à bord de l’Émyrne, paquebot à voile et à vapeur de la
compagnie maritime française, Rodolphe Augustin Darricau, inaugure le
services des Messageries Maritimes.
Il rentre à Marseille
le 17 Octobre 1864 avec le grade de Contre Amiral.
Le 20 Février 1865
il est nommé membre de la Commission des Phares.
Le 13 Mai 1867 il est nommé
Major Général à Rochefort.
16 Juillet 1868, prétextant
du décès de son frère, Charles, et de l'obligation
pour lui de prendre soin de sa mère et de sa belle-soeur, il demande
par lettre la faveur d'être relevé de ses fonctions de Major
Général. Ce qu'il obtiendra avec une retraite anticipée
de 6 mois.
Il quitte le service actif
en 1869 et meurt à Paris en 1877.
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