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Julien
Gaultier de Rontaunay, fis d'un capitaine de vaisseau et d'une
demoiselle d'excellente famille, de Senneville, est né à l'île de France
(Maurice) le 5 septembre 1793.
Orphelin de père à 7 ans,
de mère à 12 ans, il s'engage dans la marine impériale à 15 ans.
De Rontaunay volontaire embarque à bord de la frégate La Cannonière.
Le 1er décembre 1810, il
participe au combat de la Montagne Longue à l'île de France contre les
Anglais. Mais l'île doit capituler, refusant de prêter allégeance à l'
Angleterre, il rejoint l'île Bourbon ( La Réunion ) en 1811.
Julien Gaultier de Rontaunay,
s'installe à l'île Bourbon comme commerçant. Ses affaires réussissent
si bien qu'il possède bientôt deux des plus belles maisons de Saint-Denis
: le Palais Rontaunay et une demeure au 18 rue de Paris.
En 1819, il est agent de
change et se tourne vers Madagascar où il fonde des comptoirs sur la côte
Est. Pour les desservir, il crée une flotte de commerce qui en 1857 comprendra
19 navires appartenant en propre à la Maison Rontaunay et 47 navires affrétés.
Les essais de colonisation de Madagascaz réussissent, les résultats
promettent un avenir brillant ; mais les expéditions Gourbeyre
de 1828 et Défossé de 1845, ruinent toutes ces espérances.
De Rontaunay est obligé d'interrompre ces affaires avec la grande
île.
De 1827 à 1830, confiant
la gestion de ces affaires, il effectue un voyage en Métropole,
à son retour sa position est complètement détruite
par une gestion à laquelle il a manqué, non seulement sa
fortune est engloutie, mais il reste débiteur de sommes très
importantes.
M. de Rontaunay, grâce
à la confiance et à l'estime générales, obtint
des délais, se remit à l'oeuvre et en cinq ans retrouva
la fortune.
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Siégeant
au conseil d'administration de la Caisse d'Escompte, membre de la Chambre
de commerce, puis du Conseil Colonial de 1834 et du Conseil privé du gouverneur,
M. de Rontaunay est un des personnages les plus puissant de l'île. Outre
son commerce, il est un des plus gros propriétaire de l'île et possède
plus d'esclaves que la légendaire Mme Desbassyns.
En 1842, il est nommé
Commandant des Milices de Saint-Denis, poste qu'il quitte en 1848.
En 1849, il est à
la Direction de l'Intérieur.
En 1851,
M. de Rontaunay se démet de son titre de Conseiller Privé,
le gouvernement de Métropole n'accepte pas cette résolution
et le comte de Chasseloup-Laubat, ministre de la marine, lui confère
le titre de Conseiller Privé honoraire ; en 1857,
M. le Gouverneur Hubert
Delisle fait appel à son patriotisme et obtient de lui reprendre
les fonctions dont il s'était éloigné.
Toutes ces charges publiques
acceptées par Rontaunay ne l'empêche pas de ménager une large part à la
bienfaisance :
A partir de 1847, il subventionne
l'Ecole des mousses de Nantes, fonde des prix, les rend perpétuels
par un don considérable.
En 1850, la hausse se met
sur le riz à la suite d'un ouragan terrible, M. de Rontaunay livre
le siens à la classe nécessiteuse, sans en augmenter le
prix.
En 1852, la varile ravage
la colonie, il établit un hôpital au faubourd du Butor,le
plus pauvre quartier de la ville de Saint-Denis, il fait soigner à
domicile les malades qui redoutent l'entrée à l'hôpital,
et pourvoit aux frais d'inhumation de ceux qui succombent.
Il dote l'école primaire
de Salazie d'un terrain qui lui manque, il fonde chez les Frères
de Saint-Denis un cours de musique vocale et instrumentale ; établit
dans la même école un gymnase et un cours d'hydrographie,
et couronne son oeuvre par la création de la belle route qui relie
Saint-Denis au Brûlé, dont l'inauguration est faite le 22
avril 1854.
17 février 1859 le navire
Les Mascareignes qui lui appartient, il est toujours négociant et aussi
membre de Conseil du Gouvernement, arrive en rade de Saint-Denis avec,
à son bord, des engagés, recrutés dans une région contaminée par le choléra.
Le choléra fera 2200 morts en deux mois et demi. Les responsables du Mascareignes
seront traduits devant les assises. Le procès qui dure du 24 janvier au
ler février 1860 passionne la colonie au grand étonnement de tous, les
accusés sont acquittés. Mais malgré cet acquittement le propriétaire du
navire, M. de Rontaunay, sera moralement très compromis. Le 6 septembre
1859, le gouverneur lui écrit pour lui signifier sa mise à la retraite.
Le 13 janvier 1863, Julien
de Rontaunay termine brusquement sa carrière . Il meurt à Saint-Denis,
dans sa maison de la rue de Paris.
Le 15 janvier 1863, les maisons
de commerce de Saint-Denis sont fermées dès le matin, en
signe de deuil. A trois heures et demie, la foule commencent à
affluer. A quatre heure, le convoi mortuaire se met en marche, il est
précédé par la musique de la Milice et un piquet
de cent hommes forme une double haie ; les élèves des Frères
et les jeunes Malgaches de la Ressource suivent sur deux files. Derrière
le char funèbre se presse un immense cortège, on y remarque
l'Ordonnateur, le Directeur de l'Intérieur, le Contrôleur
Colonial, le Président de la Cour Imprériale, le Commandant
des Milices et les officiers du corps, les employés des différentes
administrations civiles et militaires et toutes les notabilités
de la ville.
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