Aristide Patu de
Rosemont est le fis de Joseph Patu de Rosement arrivé en novembre 1788
à Bourbon qui a épousé la jeune créole
Jeanne Tarsile
Bregeault le 11 février 1790 à Saint-Benoît.
Le jeune Rosemont
effectue ses études en métropole, il entre à Saint-Cyr en 1819, nommé sous lieutenant en 1821, il est affecté au
régiment des chasseurs de Dordogne.
1826, Aristide
Patu de Rosemont revient à l'île Bourbon, trois ans plus tard en 1829
il est nommé chef de la milice de Saint-Benoît.
1830, comme de
nombreux colons propriétaires, il est touché par la crise économique,
il adhère alors au mouvement des Francs
Créoles, attaché aux valeurs coloniales, le mouvement veut prendre le pouvoir politique local pour pouvoir s'opposer à l'abolition de
l'esclavage qui menace l'ordre établi.
Rosemont s'intéresse à l'agriculture ; Propose un projet de mise en culture de la Mare à Poule d'Eau, et rédige un rapport sur la mise
en culture des Plaines des Cafres et des Palmistes ; dans le même temps il réorganise les milices.
1832 il est Conseiller Général et, en 1833 Conseiller Colonial.
En 1837, il est nommé Conseiller Municipal de Saint-Benoît, fonction
qu'il occupera sans discontinuité jusqu'en 1859, date de sa nomination comme Maire.
Aristide Patu de
Rosemont, sachant que l'abolition de l'esclavage est inéluctable, propose dès 1844 l'introduction de travailleurs
Indiens dans l'île ; En 1848, avec la venue au pouvoir en Métropole de la second République, il participe à la rédaction du programme
de l'Assemblée Générale des délégués des Communes qui déclare illégal le décret sur l'abolition de l'esclavage, en demandant
l'ajournement pour permettre la récolte et une juste et préalable indemnité.
Il sera entendu, puisque le décret sur l'abolition ne sera
promulgué que le 20 décembre 1848, après que les récoltes eurent été faites et que les colons seront indemnisés.
Intéressé par les problèmes de l'éducation, il participe à une commission de l'instruction publique dès 1841 et, en 1853 il émet l'idée
de créer un institut agricole à la Réunion, et deux écoles pratiques d'agriculture à Saint-Benoît. Il obtiendra avec l'aide de la
collaboration de Monseigneur
Desprez qu'un collège soit créé en 1856 à Saint-Benoît ; Ce collège accueillera 70 élèves en 1856.
En 1756, Patu de
Rosemont écrit un mémoire sur la colonisation des terres de
l'intérieur de La Réunion, adressé au Gouverneur. il
considère que la
colonisation et la mise en valeur des hauts sont possibles, mais elles
doivent être réalisées par des engagés
européens. Par
contre, pour développer les bas, la colonie peut recourir à des
engagés indiens et africains.
" ...
Indépendamment des engagés de couleur, je désirerais l'introduction
de plusieurs milliers d'Européens. Vous savez tous Messieurs que des allemands,
des Suisses, des Alsaciens trompés par les promesses mensongères d'intrigants
spéculateurs partent chaque jour des ports de France pour aller mourir
de faim et de misère en Amérique, à la Nouvelle Hollande. Je ne veux
pas les voir employés sur le littoral, quoique là même, comme
charretiers, meuniers, jardiniers et pâtres, ils pussent devenir d'une
grande utilité. C'est à Salazie qu'est leur véritable place. Le
climat y est celui de leur mère patrie, le sol y rend les productions
qu'ils connaissent, qu'ils sont habitués à cultiver. Là, ils
donneront l'exemple du travail aux fainéants, aux petits créoles. Pour
les alliances inévitables, ils croiseront cette race, et créeront un
noyau population centrale, énergique, laborieuse. ..."
En 1861, il est nommé président de la commission pour l'industrie séricigène et propose de sensibiliser les élèves scolarisés à l'école
au sujet de cette culture.
Aristide Patu de Rosemont
décède à Saint-Benoît le 28 Mai 1867.