Situation :
Saint-Bernard est un village
situé dans le territoire communal de Saint-Denis. Le village est accessible
depuis Saint-Denis par une route en lacets escaladant le rempart qui occupe
la rive gauche de la rivière Saint-Denis. La route, nommée la route de
La Montagne ( D41 ) atteint la route de Saint-Bernard à la hauteur du
19ème kilomètres sur la droite.
Le cœur du village l'ancienne
léproserie reconvertie en centre commercial, on y trouve des commerces
de proximité, et la bibliothèque municipale. Un centre équestre se trouve
un peu plus bas dans le quartier du petit moulin. A l'entrée du
village, l'église de Saint-Bernard, avec le mausolée du
Père Raimbault, et en descandant la mairie annexe.
Le village de Saint-Bernard
est traversé de part en part par le chemin des anglais : sentier
historique formé de pavés qui amène les promeneurs à La Grande Chaloupe.
Randonnée
: Chemin des Anglais Chemin Crémont.
Histoire :
L'histoire de Saint-Bernard
est liée à celle de la lèpre à Bourbon. La
maladie y sévissait depuis 1726
mais aucun endroit n’était prévu pour les malades.
C’est seulement en 1852
que le gouverneur Louis
Isaac Pierre Hilaire Doret décida de leur ouvrir l’ancien
lazaret de la ravine à Jacques.
En 1854, le gouverneur Louis
Henri Hubert Delisle. fait bâtir une autre léproserie
à Saint-Bernard. Les religieuses " Filles de Marie ",
y travaillent comme infirmières, et aident les malades.
La paroisse Saint-Bernard
est fondée le 6 novembre 1857.
Très vite, le premier curé de la paroisse, le Père
Horner, sera appelé " l’aumônier des lépreux
".
Par la suite, c'est le Père
Clément Rimbault âgée du cinquantaine d'années quand il arriva à La
Réunion le 5 août 1935,
qui remet la léproserie en état. Passionné par les plantes, il s'intéressa
à toutes celles qui avaient des propriétés médicinales. Il travailla avec
l'institut Pasteur, prenant des notes sur ses expériences. Pendant la
guerre, alors que La Réunion est privée de médicaments, il soigna les
gens avec les plantes, il trouva un remède pour guérir les lépreux mais
celui-ci, très douloureux, fut abandonné.
Le cyclone du 26 et 27 janvier
1948
provoque un effrondement d'une partie des locaux, tuant trois religieuses,
soeur Marie de la Nativité, soeur Marie Aimée du Divin Coeur,
soeur Marie Gabriel Perboyre et un lépreux.. Il y a 165 morts pour
toute l'ile, Clément lui-même a été jeté
en dehors de sa case par le vent, il est blessé. Mais, pire pour
lui, le laboratoire est de nouveau par terre ( déjà détruit
par un cyclone le 11 avril 1944
). Ses instruments sont inutilisables.Ses notes se sont envolées.
Des médicaments sont perdus. Les cobayes sont morts. Les cultures
de vaccins sont répandues. Le manuscrit sur les plantes médicinales
qu'il composait peu à peu et qui comptait déjà 3500
pages git dans la boue. De mémoire, il tente de recomposer les
textes, aboutissant à un maigre opuscule de 70 pages.
C'est épuisé
que le père Clément Raimbault meurt le 12 Décembre
1949
à l'âge de 74 ans. Sa dépouille est déposée
deux ans plus tard dans un mausolée situé à côté
de l'église de Saint-Bernard. Cette église dont la première
pierre a été posée le 21 janvier 1968,
à été inaugurée le 16 janvier 1969
à l’occasion de la 16e Journée mondiale contre la
lèpre. Le Père Clément Rimbault reste pour tous les créoles,
le curé des lépreux.
La lèpre pouvant être
soignée à domicile, les bâtiments ont depuis la fin
des années 1970 été réffectés à
des activités commerciales, la chapelle de la léproserie
désormais désaffectée, est vide de toute ornementation
et mobilier liturgique. |