Cathédrale
de Saint-Denis.
Situation : 22, avenue de La Victoire 97400
Saint-Denis.
La Cathédrale de Saint-Denis
est inscrite aux monuments historiques le 13
octobre 1975, en totalité,
ainsi que sa place avec sa fontaine.
C'est
4 novembre 1829
que fut posée la première pierre de l'actuel édifice, élevé sur l'emplacement
et sur les fondations de l'ancienne église de Saint-Denis. Cette cérémonie
de la pose de la première pierre se fit avec une pompe extraordinaire
; toutes les autorités de la Colonie en rehaussèrent l'éclat de leur présence.
A l'issue du service divin,
dix-heures du matin, dit le procès-verbal de cette imposante solennité,
M. le Gouverneur Achille
Guy Marie Comte de Cheffontaines, précédé processionnellement de M.
l'abbé Collin vice-préfet apostolique, curé de Saint-Denis, et de tout
le clergé, se rendit aux fondations de la nouvelle église.
Avant la pose de la première
pierre, M. le Directeur de l'intérieur prononça un remarquable discours.
Après ce discours, le vice-préfet apostolique bénit les fondations du
nouveau temple en présence d'un concours immense de fidèles, pieusement
recueillis. Puis M. Hyacinthe Tabur, maire de Saint-Denis, présenta aux
Gouverneur les médailles qui devaient être scellées dans la pierre.
Ces médailles étaient au
nombre de trois :
- La première représentait
Sa Majesté Charles X, revêtu des habits royaux, la main droite appuyée
sur son sceptre, ayant près d'elle la couronne et la main de la justice,
tenant de la main gauche la Charte coloniale. Au revers on lisait : Colonies
française, Conseil privé.
- La seconde représentait
le buste de Charles X avec la couronne et le manteau royal, au revers
la justice debout, tenant de la main droite l'épée élevée, et de la gauche
la balance ayant pour légende : Colonies Françaises, Cours d'Assises.
- La troisième représentait
le Buste de Charles X et portait au revers ces mots : Caisse d'escompte
et des prêts de l'île Bourbon.
Ces médailles furent scellées,
avec soin, dans la pierre fondamentale ; et sur une plaque en métal on
grava cette inscription latine :
DEO FAVENTE
CRESCENTE INCOLARUM NUMERO,
LOCO AEDICULAE SANCTI DYONISII,
EX AERARIO, DONIS QUE PUBLICIS ET PRIVATIS,
CIVITATIS PIETAS
TEMPLUM AEDIFICAVIT
CUI PRIMA FUNDAMINA POSUIT,
CAROLO DECIMO REGNANTE,
BARONE HYDE DE NEUVILLE
SUMMAM RERUM NAVALIUM ET COLONIARUM
ADMINISTRANTE,
COMES DE CHEFFONTAINES
COLONIAE BORBONICAE GUBERNATOR,
ANNO M DCCC XXIX
GENIALI DIE IV NOVEMBRIS.
Trois ans après cet acte
solennel de naissance, l'église de Saint-Denis dont les travaux avaient
été adjugés à Prosper Gourel de Saint-Perne, moyennant la somme de trois
cent vingt-deux mille deux cent vingt-sept francs soixante centimes, les
matériaux de l'ancienne église y compris pour vingt-cinq mille francs,
fut ouverte au culte catholique.
Les fonds alloués à
l'architecte constructeur avaient été insuffisants ; la ville avait épuisé
toutes ses ressources ; et la sollicitude de l'édilité de Saint-Denis
apparaît, dans tout son jour, dans l'examen des délibérations qu'elle
prit, pour conduire à bonne fin un monument pour lequel elle s'imposait
tant de sacrifices.
De nouvelles adjudications
partielles eurent lieu, ainsi que l'attestent les procès-verbaux des séances
municipales de cette époque ; et avant que le temple qu'elle avait entrepris
d'élever fût terminé, le gouvernement et la ville devaient dépenser près
de cinq cent mille francs ! Quand on en pris possession, pressé qu'on
était par le besoin d'en finir avec un provisoire déplorable, il était
nu, pauvre et inachevé, se montrant tristement aux regards de tous avec
ses grandes murailles de vingt mètres de hauteur ; et se développant,
y compris ses nefs latérales, sur une étendue de vingt-deux mètres de
largeur, et quarante-cinq de longueur. La grande nef, le chœur et le sanctuaire
étant pavés avec des carreaux de marbre noir et blanc.
Le porche n'a pas été réalisé
durant cette première campagne de travaux et les abords de l'église restent
un terrain vague jusqu'au milieu du XX ème siècle. Cette construction
se termine en 1832.
En 1850,
l'église Saint-Denis devient cathédrale.
De
1856
à 1860,
le monument est agrandi à l'arrière de trois nouvelles pièces entourant
l'abside.
C'est le
28 septembre 1860 que ce temple, qui sert de cathédrale, a
été solennellement consacré par Monseigneur
Armand-René Maupoint, évêque de La Réunion, en présence de toutes
les autorités de la ville et du clergé de la Colonie. La cathédrale est
dédiée à Dieu sous le vocable de Saint-Denys, Évêque martyr, et patron
de la ville épiscopale.
Le porche est achevé en 1863,
décoré d'un haut-relief en terre cuite représentant le martyre de Saint-Denis,
issu des ateliers Virebent Frères de Toulouse, auquels M. l'abbé Peyrou
en avait fait la commande. La matière est en grès, d'une solidité et d'un
poli parfaits. Le sujet est le martyre de Saint-Denys et de ses compagnons,
Rustique, prête, et Eleuthère, diacre, condamnés à avoir la tête tranchée
par ordre du préfet Fescennius.
Entre
1860 et 1863, un lambris teck embellit le chœur, garni de stalles
et d'une cathèdre. Entre deux piliers de la nef, on insère une chaire
à prêcher monumentale, richement sculptée. Stalles et chaire sont réalisées
sous la direction du menuisier Camus. La nef est dotée en 1869, d'un plafond
à caissons avec nervures dorées et pendentifs de style Renaissance. Dans
la seconde moitié du XX ème siècle, des fenêtres sont percées dans les
murs sud et nord des bas-côtés, rendant l'intérieur plus lumineux.
Propriété du ministère de
la Culture et de la Communication, l'édifice n'a guère changé jusqu'en
1962, date à laquelle le cyclone Jenny
emporte ses toitures, plafond et clocher. Des restaurations sont effectuées
dans les années 1970, et dans
les années 1990.
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