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Hôtel
de Ville de Saint-Denis. Ancien hôtel de
ville.
Situation : 14 rue de Paris 97400 Saint-Denis.
Ancien Hôtel de Ville de
Saint-Denis classé en totalité parmi les monuments historiques le 13 octobre
1975.
Saint-Denis n'avait pas d'hôtel
de ville. Simple locataire en ces derniers temps, la mairie du chef-lieu
allait d'un point à l'autre, au grand péril de ses précieuses archives.
Aussi, les diverses administrations municipales qui s'étaient succédé
depuis 25 ans, s'étaient-elles préoccupées de doter Saint-Denis d'un Hôtel
de Ville en rapport avec l'importance du chef-lieu, et dans les conditions
voulues pour assurer, d'une part, la sécurité des archives qui lui sont
confiées, de l'autre, la dignité que commande la gravité des actes qui
s'y accomplissent.
Dès 1834,
le terrain pour la construction d'un hôtel de ville était acquis par la
commune au prix de 50 000 francs. C'est l'administration de M. Amédée
Bédier qui a fait cette acquisition, comme c'est à elle, représentation
élue de la cité, que revient l'honneur de poser la première pierre de
l'édifice, le 11 octobre 1846.
M. Amédée Bédier maire de Saint-Denis de 1832
à 1848.
Mais les circonstances financières
empêchèrent cette administration de donner suite aux travaux. l'emprunt
de 400 000 francs voté le 22 août 1850
par le Conseil municipal, sur le rapport de M. Élie Pajot, n'eut pas de
succès, la commune ne trouva pas de prêteurs.
A M. Gustave Manès, appelé
pour la seconde fois en 1854
aux fonctions de maire, il était réservé de triompher des difficultés
de finances, et à son administration de réaliser l'idée de ses devancières.
Gustave Manès Maire de Saint-Denis de 1848 à 1849
et de 1854 à 1855.
Le nouveau maire à peine
installé, deux négociants de Saint-Denis, M. Blay et M. Moreau, lui soumettaient
une proposition par laquelle ils offraient de prêter à la commune les
400 000 francs demandés pour l'édification de l'Hôtel de Ville. Le système
de cette proposition, calqué sur le mode d'emprunt des villes et départements
de France, a bien vite saisi l'esprit de l'homme distingué qui vient de
prendre les rênes de l'administration municipale. M. Manès ne perd pas
de temps et, sur son rapport, la commission municipale s'empresse d'accepter
la proposition par une délibération du 29 mars 1854 que l'administration
supérieure n'a eu qu'à sanctionner. Plus tard deux autres emprunts de
200 000 francs chacun, durent être contractés pour l'achèvement de l'édifice,
l'un le 16 août 1858, l'autre le 22 novembre 1859,
chaque fois la négociation fut des plus faciles. Le montant total des
emprunts porte à 800 000 francs le capital demandé au crédit, et si l'on
y ajoute les 50 000 francs payés pour l'acquisition du terrain en 1854,
on trouve que ce capital s'élève, en dehors des intérêts de remboursement
et des frais de négociation, à la somme totale de 850 000 francs.
Le successeur de M. Manès,
M. Gilbert des Molières, qui a eu l'honneur d'achever l'Hôtel de ville,
s'exprimait ainsi sur la mesure financière dans son discours d'inauguration,
le 21 avril 1860
:
" Ce mode d'emprunt
réalisé sous forme d'obligations transmissibles et remboursables par la
voie de l'amortissement à long terme, a rendu un service peut-être plus
important que celui de faciliter l'édification de l'Hôtel de Ville ; il
a fondé le crédit de la commune ; il a donné l'essor à l'esprit d'entreprise
et avancé l'œuvre du progrès, en permettant de faire contribuer l'avenir
auxcharges du présent. "
Trois administrations successives
ont concouru à la création du monument. Trois ingénieurs se sont aussi
partagé la confection du plan et l'exécution des travaux :
- M. Grenard est l'auteur
du Plan.
- M. Henry a fait le gros
oeuvre.
- M. Schneider a dû terminer
les travaux et compléter, dans tous ses détails décoratifs et autres,
l'appropriation du monument.
Les entrepreneurs :
- M. Nauche, pour le gros
œuvre un creusoit.
- M. Camus, pour la charpente,
bien connu pour son habilité dans l'exploitation des bois pays.
- M. Madrolle, pour la décoration
et l'ameublement, maître en son art, c'est lui qui a fait les travaux
d'ébénisterie de la cathédrale de Saint-Denis.
L'emprunt de 400 000 francs
réalisé, les travaux de maçonnerie furent adjugés le 3 juillet 1854, sous
l'obligation de livrer les constructions dans l'espace de deux années.
Cependant, nous l'avons vu, l'inauguration n'a pu avoir lieu que dans
mes premiers mois de 1860. Ce retard, dont n'ont point à répondre les
soumissionnaires des travaux, s'explique par l'obligation de faire venir
de France le plus grand nombre des pièces de menuiserie, serrurerie et
décoration. Les modifications du plan primitif n'ont pas dû, non plus,
y rester étrangères. Le premier projet étudié en 1844
par M. Grenard, avait été approuvé en France par le Conseil des bâtiments
civils, le 6 avril 1846, avec la simple addition, d'un campanile ou belvédère,
pour l'horloge. Lorsque dix ans plus tard, en 1854, les travaux durent
commencer, M. Manès crut devoir faire subir au plan approuvé, plusieurs
changements essentiels, mais sans toucher ni à l'assiette ni au périmètre
du monument, lequel resta ce que nous le voyons aujourd'hui, un carré
parfait avec façade principale sur la rue de Paris, vestibule et cour
intérieure.
Un carré parfait mesurant
37 mètres de côté hors oeuvre sur 13 mètres de hauteurs sous comble. La
superficie couverte est de 1 333 mètres 84 centimètres et le développement
total de la grille d'enceinte d'environ 143 mètres.
La façade principale à l'Est
et la façade latérale au Nord sont plaquées, chacune, d'un frontispice
semblable à deux ordres différents de colonnes superposées, Toutes deux
sont percées de 22 baies ; Les onze du rez-de-chaussée, à plein cintre
avec petits balcons à consoles, celles de l'étage, rectangulaires, avec
chambranles et corniches à moulures. Les deux ordres sont terminés en
attique par une galerie à balustres, qui masque le comble.
Au milieu de l'attique sur
la façade principale, est posé le petit campanile, il a pour base un dé
carré en charpente, dans lequel est inscrit le cadran de l'horloge.
La façade latérale au Sud
et la façade postérieure à l'Ouest sont simples et dénudées de tout ornement.
Le rez-de-chaussée :
Un perron de six marches
et cinq portes à plein cintre mènent au vestibule. A droite et à gauche
du grand escalier se développe, sur trois côtés de la cour intérieure,
une galerie tournante à arcades, le long de laquelle sont disposés différents
services : la justice de Paix, la Chambre de Commerce, le bureau de police
municipale , le bureau des Eaux, l'État major de la Milice, la Recette
des Contributions et les bureaux de l'État-civil.
Le plan en "U", ménageant
au centre du bâtiment une cour intérieur entourée d'une galerie à deux
niveaux, n'est pas perceptible de l'extérieur. C'est l'une des principales
originalités de l'édifice. Au centre la cour intérieur, environ 16 mètres
sur une largeur de 8 mètres. En son milieu s'élève à ciel ouvert une élégante
fontaine à deux vasques, couronnée d'un jet d'eau qui atteint le niveau
de la galerie supérieure. Un groupe célèbre de la Renaissance, les trois
grâces de Germain Pilon, masque le fût de la grande vasque. Le bassin,
en Fonte, avec trois têtes de lions chimères en relief, est élevé sur
une base hexagonale à deux rangs de marches.
Étage :
Au premier étage, le bureau
du maire occupe une vaste pièce dont la configuration n'a pas changé depuis
1860.
Le grand salon, on y accède
par un escalier d'honneur en fer à cheval à deux rampes. La vaste salle
se déploie sur 35 mètres de long et neuf de large pour une hauteur sous
plafond de 4 mètres. Sur les 17 fenêtres qui règlent l'ordonnance de la
pièce, six sont ouvertes aux extrémités et 11 sur la façade, ces dernières
répondant à un égal nombre de portes symétriques.
Se trouve également à l'étage,
la salle des mariages, la salle du Conseil et sa bibliothèque, le secrétariat.
De 1860 aux années 1880,
l'édifice a été entièrement blanc, chaînage de balsate compris. Vers 1890-1900,
une légère polychromie est perceptible. Dès 1904,
il est de nouveau blanc. Vers 1936,
on pose sur les façades extérieures une peinture de couleur beige. Les
murs de la cour intérieure et de la façade Ouest sont peint en blanc.
A la fin des années 1950, les murs sont peints en gris clair et les chaînages
en balsate grattés afin de laisse la pierre volcanique apparente.
En 1975 l'ancien hôtel de
ville est classé par le Ministère de la Culture. De 1982 à 1988, puis
de 1995 à 2001, la municipalité et l'État financent la restauration du
monument. |
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