Histoire
du Lazaret de la Grande Chaloupe.
Les engagés Indiens.
L'immigration indienne entre
1860 et 1882, durant la convention franco-britannique, 30 000 engagés
vont venir effectuer un labeur acharné sur les champs de cannes de l'île.
Les engagés sont recrutés dans des conditions souvent floues. Les recruteurs
souvent indiens eux-même, sont payés à la "tête", ce qui laisse place
à toutes les dérives : fausses promesses, contrats mensongers et forcés.
Les nouveaux venus, principalement
pour des raisons sanitaires, vont être immédiatement placés dans des lieux
de quarantaines afin qu'ils guérissent de leurs éventuelles maladies ou
qu'ils en meurent. C'est à cette fin que vont être édifiés les fameux
lazarets " anciennes léproseries ", le choix du lieu de construction se
fixe sur la Ravine de la Grande Chaloupe, endroit suffisamment isolé et
à la limite des communes de Saint-Denis et de Saint-Paul.
Le transport est assuré par
des navires à peine plus confortables que les négriers de jadis, fer en
moins. L'espace vital est calculé au plus juste. L'hygiène est plus qu'approximative.
Les immigrants après 30 jours de bateau, avec les conditions de voyage
de l'époque plus de 4 % de mortalité, se retrouvent dans le monde carcéral
du lazaret. Certains d'entre eux tenteront de s'échapper, mais ils seront
vite capturés.
La vie aux lazarets.
A peine débarqués, les immigrants
engagés sont conduits à la visite médicale. Ils subissent systématiquement
une série de vaccins. La vie aux lazarets ne laisse alors que peu d'espoir
aux indiens, parqués sans considération pour leur dignité. Certains, déjà
très affaiblis par le voyage, succombent.
Les engagés suffisamment
gaillards sont soumis à une série de corvées. La corvée d'eau, le ramassage
de bois mort pour cuisiner et pour réaliser les sépultures, le nettoyage
des bâtiments et des latrines, la préparation des repas. Un engagé a droit
tous les jours à 800 grammes de riz, 125 grammes de morue ou 250 grammes
de grains secs, 15 grammes de sel et 8 grammes de graisse.
Après cette période de quarantaine
la main-d'œuvre sera soumise à une visite médicale obligatoire. Elle se
passe à Saint-Denis, elle est prodiguée par le médecin-chef, le commissaire
d'immigration, deux propriétaires et un représentant de l'expéditeur du
convoi. Ils différencieront individus aptes des rebutés. Les rebutés seront
achetés moins cher par les propriétaires terriens, cette visite médicale
sera souvent faussée pour d'évidentes raisons d'ordre économique. Les
travailleurs déclarés assez vigoureux seront répartis par lots de dix
puis acquis par les engagistes. Ils reçoivent un numéro d'immatriculation
au commissariat de l'immigration et un livre td'engagement.
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