Marcel
Vauthier rejoint alors les commissions de la France d’outre-mer et de
la justice. Il est également nommé juré à la Haute Cour de justice.
Il dépose un rapport au nom
du troisième bureau sur les opérations électorales du Gabon-Moyen Congo
pour le collège des citoyens puis prend part aux discussions relatives
à celles de son département.
10 novembre 1946, Aux élections
législatives il occupe la deuxième place position sur la liste d’Union
réunionnaise de
Raphaël Babet qui, devancée par celle du communiste Raymond Vergès,
n’obtient qu’un seul des trois sièges à pourvoir. Marcel Vauthier est
cependant ensuite élu par l’Assemblée nationale conseiller de l’Union
française, avant d’accéder au conseil municipal de Saint-Benoît comme
premier adjoint en 1947.
7 novembre 1948, aux élections
pour le renouvellement total du Conseil de la République, il conduit la
liste d’Union anticommuniste sous l’égide du RPF qui remporte les deux
sièges à pourvoir ; lui-même rassemble 259 voix des 449 suffrages exprimés.
Marcel Vauthier élu sénateur de La Réunion occupe
ce poste jusqu'à la fin de son mandat le 18 juin 1955.
Inscrit au groupe du MRP,
Marcel Vauthier participe, entre 1948 et 1955, aux travaux des commissions
de la France d’outre-mer, de la presse, de la justice et de l’intérieur.
1949, il présente un rapport
au nom de la commission de la France d’outre-mer concernant l’organisation
et le fonctionnement du Haut Conseil de l’Union française.
1950, il se prononce sur
la modification de la législation électorale dans les départements d’outre-mer
et dépose un amendement visant à donner le même indice de correction que
la solde des fonctionnaires de l’État aux indemnités de fonctions des
maires et adjoints de son département ainsi qu’un sous-amendement de nature
à accorder aux fonctionnaires d’outre-mer une prime compensatoire à la
perte de salaire.
Juriste averti, il rédige,
entre 1951 et 1954, huit autres rapports ou avis au nom de la commission
de la justice concernant aussi bien la protection de l’enfance et la question
des récidivistes que la conservation des dossiers par les greffiers, la
création ou la suppression de certains postes de magistrats et la cour
d’appel de Fort-de-France détachée à Cayenne ou encore les baux commerciaux
et industriels et l’indemnisation des communes de Moselle et d’Alsace
victimes de certains actes commis durant l’occupation par l’administration
allemande.
Cependant le résumé de ses
activités de rapporteur de la commission de la justice demeurerait incomplet
s’il ne mentionnait pas ses interventions dans les discussions sur le
changement des prénoms de l’adopté, son rapport oral concernant la législation
sur les loyers dans les territoires d’outre-mer et l’organisation des
justices de paix ou encore la création d’un fonds de développement de
l’industrie cinématographique.
1951, après avoir discuté
de l’application de la légalité républicaine en AOF, il s’exprime sur
le budget de l’éducation nationale pour faire part de ses observations
sur l’enseignement technique à la Réunion et de son école de droit.
1952 à 1954. Secrétaire de
la commission de l’intérieur, il dépose un rapport sur sa proposition
de résolution invitant le gouvernement à venir en aide aux victimes du
cyclone et des inondations qui ont dévasté son département ainsi que deux
autres relatifs à la réglementation de l’emploi des abrégés pour les appellations
françaises et étrangères et l’extension à l’Algérie de la loi sur les
indemnités aux victimes d’accidents.
1953, il pose au président
du conseil une question orale, qui sera suivie d’un débat, sur les mesures
sociales qu’il préconise pour que cesse la grève des fonctionnaires dans
les départements de la Guadeloupe, de la Guyane, de la Martinique et de
La Réunion puis soutient l’amendement de Raphaël Saller relatif au financement
de leur équipement agricole et rural.
En 1954, après avoir posé
au ministre des finances une question orale pour dénoncer la politique
de développement de la canne à sucre poursuivie par le FIDES en AEF, qu’il
estime contraire à la politique générale d’assainissement du marché sucrier
français, il rédige une dernière proposition de résolution en faveur des
producteurs sucriers dans les départements d’outre-mer.
1954, toujours en direction
des départements d’outre-mer, Marcel Vauthier intervient en faveur des
magistrats et des gardiens de prison, pour lesquels il requiert le versement
d’indemnités de nuit, avant de se pencher sur l’étude de la réglementation
de la pêche maritime, des conditions d’éligibilité de certains fonctionnaires
et du régime des assurances sociales.
1954, Il est réélu juré à
la Haute Cour de justice.
Ayant abandonné entre-temps
le conseil municipal de Saint-Benoît pour celui de Saint-André, il se
représente aux élections sénatoriales du 19 juin 1955 à la tête
d’une liste sans étiquette qui n’obtient aucun des deux sièges à pourvoir.
Il perd son siège au Sénat.
30 novembre 1958, Marcel
Vauthier se présente au élections législatives dans
la première circonscription de la Réunion comme candidat
du MRP. Il arrive second au premier tour avec 34% des suffrages exprimés.
Il se désiste au second tour pour permettre au député
sortant Frédéric
Champierre de Villeneuve candidat sous l’étiquette Indépendant
national de l’emporter face au candidat du PC.R, Parti Communiste
Réunion, Paul
Vergés.
Novembre 1962,
Marcel Vauthier se présente aux élections législatives
dans la deuxième circonscription de La Réunion sous l'étiquette
MRP, Mouvement républicain populaire. Il profite du désistement
du député sortant Valère
Clément. Dans sa profession de foi, l’avocat remercie ce dernier
« de son geste réaliste et courtois », et donne des
garanties à ses électeurs en promettant de « concilier
la sauvegarde des principes républicains avec le respect dû
au général De Gaulle, le sauveur de la patrie ». Il
s’oppose résolument à " toute forme d’autonomie,
qui ne peut conduire le pays qu’à la division, la faiblesse
et la haine ". En ces temps de décolonisation, Vauthier exprime
sa conviction que la Réunion, " fille de France ", sera
toujours " Goutte de patrie dans l’Océan indien ".
Dans la seconde circonscription
réunionnaise, sa candidature l’oppose à Léon
Félicité, candidat du PCR, Parti Communiste Réunionnais.
Marcel Vauthier est élu député de La Réunion
en novembre 1962 avec 85.40 % des suffrages exprimés. Mais la fraude
électorale est si flagrante que le Conseil Constitutionnel annule
les résultats de la première et de la deuxième circonscription.
Il se représente à
l'élection législative partielle de 5 mai 1963
cette fois-ci sans affiliation politique toujours dans la deuxième
circonscription. Il affronte deux listes : la liste de Bruny Payet, liste
de " l’Union contre la fraude électorale pour la défense
des intérêts ouvriers et planteurs pour la liberté
et dignité réunionnais " et la liste de Paul Bénard,
liste du " Mouvement pour la Communauté ". Marcel Vauthier
est élu député de La Réunion dans la deuxième
circonscription, au premier tour, avec 60,1% des suffrages exprimés.
1962, il est nommé membre de la
Commission des lois constitutionnelles, de la législation et de
l’administration générale de la République.
ses nombreuses interventions à
la tribune du Palais-Bourbon ont pour sujet la Réunion et l’outre-mer
en général. Ainsi, dès le 22 janvier 1963, lors de
la discussion du projet de loi de finances pour cette même année,
il prend part au débat pour souligner les nombreux problèmes
de son île : en particulier la " démographie galopante
", et le manque d’aménagements pour l’accès
à l’eau.
Lors de la discussion du
projet de loi de finances pour 1964, il prend également part à
la discussion concernant les départements d’outre-mer et
s’exprime au nom des " représentants de la France lointaine
". Il souligne les lacunes du budget en ce qui concerne les anciennes
colonies, notamment en ce qui concerne la dotation du Fonds d’investissement
d’outre-mer (FIDOM), l’alimentation en eau, la construction
de routes et les effectifs de gardiens de la paix à la Réunion.
Il aborde enfin la question de l’entrée des départements
d’outre-mer dans le marché commun européen.
1965, il est nommé membre de la
Commission de la production et des échanges.
15 octobre 1965, il s’oppose à
Michel Debré et souligne les nombreux problèmes que rencontre
la Réunion sur les plans économique et social : " Nous
ne pouvons pas être d’un optimisme béat et dire que
tout va très bien ", Il appelle de ses vœux la mise en
place d’une " infrastructure " qui permettrait à
la Réunion d’invoquer des droits plutôt que de réclamer
et d’attendre des subventions : " à la mentalité
d’assisté succèderait la dignité du citoyen
à part entière ". Exprimant son désir de mettre
fin au " paternalisme gouvernemental " dont les réalisations
sont loin de permettre à la Réunion un niveau de vie suffisant,
il finit en disant que " le Réunionnais doit se sentir l’égal
de n’importe quel électeur de l’Indre-et-Loire, du
Lot ou de la Seine ".
3 novembre 1965, Marcel Vauthier intervient
de nouveau pour mettre en garde le gouvernement contre le " malaise
" qui pèse sur son département : " la menace de
l’autonomie ". Il demande au contraire " l’intégration
complète de la Réunion dans la communauté des départements
français ", précisant que « lorsque les Réunionnais
pourront constater que leur grande patrie, la France, considère
leur petite patrie comme un département à part entière,
ils résisteront encore mieux au chant des sirènes et l’autonomie
sera reléguée définitivement au rang des mauvaises
légendes ".
30 novembre 1965 Marcel Vauthier prend
part au débat sur les questions orales relatives à la propagande
lors des élections municipales, pour dénoncer les pratiques
frauduleuses du préfet de la Réunion en faveur de certains
candidats UNR.
20 octobre 1966, il participe à
la discussion des affaires sociales dans le cadre du projet de loi de
finances pour 1967 et dénonce la pénurie de personnel dans
les services de santé scolaire à la Réunion.
Aux élections législatives
de 1967,
Marcel Vauthier ne dépose pas sa candidature au renouvellement
de son mandat. Il décède le 26 mai 1988 à Saint-Denis
de la Réunion.
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