Charles
Desbassyns est le cinquième fils de la célèbre et richissime
Madame Desbassyns, propriétaire agricole. Il est né à
Saint-Paul le 28 octobre 1782.
Charles fait ses études à
Paris et aux États-Unis.
Il rentre à l'île natale
après la mort de son père, Henri Paul Panon, dit Desbassyns, mort, le
11 octobre 1800.
Charles se préoccupe de la
vie de l'habitation gérée par sa mère.
En 1808,
il épouse une mauricienne tout juste âgée de 15 ans, Louise-Sophie Labauve
d'Arifat qui lui donnera trois filles.
Charles Desbassyns, sera
le grand promoteur de l'industrie sucrière naissante. Avant lui d'autres
propriétaires avaient expérimenté sans succès la fabrication du sucre
dans la colonie. Ainsi, la première usine à sucre au XIX ème siècle avait-elle
été édifiée par Savarian, usine qui précédait de peu celle de Montrose
Bellier et qui emploie le même procédé des usines à sucre de Saint-Domingue
avant la Révolution française.
En 1815,
Charles Desbassyns crée la première sucrerie moderne au Chaudron.
Il commence par s'inspirer
des conseils et des procédés de fabrication des industriels mauriciens,
mais le matériel se révèle vétuste et les rendements insuffisants.
Après de longs mois d'étude
et de documentation, ce précurseur fait venir de Londres une batterie
de trois moulins verticaux en fer, mûs par un manège entraîné par des
mulets qu'il commande à la firme Henkel et Dubuisson.
Pour la construction de la
sucrerie proprement dite, il recrute un ancien soldat d'artillerie comme
maître-maçon, Lesci Boucot.
L'emploi de la charrette
devenant indispensable, il recrute également un maître charretier pour
le dressage des animaux. Il fallait désormais transporter les cannes des
champs à l'usine, et le sucre de l'usine au port d'embarquement pour l'exportation.
Pour évacuer le sucre, Charles améliore même à ses frais la voie d'accès
entre le Chaudron et la marine de Saint-Denis.
Charles Desbassyns achète
en 1817
le premier moulin à vapeur de l'île, qu'il commande une nouvelle fois
à une firme anglaise. " Les pompes à feu " comme on les appelait
alors permettent de produire plus de sucre. Au lieu d'être broyées dans
des moulins à manège mis en mouvement par des mules, les cannes le sont
désormais par des cylindres broyeurs actionnés par un moteur à vapeur.
Charles et Joseph
Desbassyns son frère surent s'entourer de bons chercheurs, Gimart
et Joseph
Martial Wetzell, l'île est bientôt à la pointe de la technologie sucrière
mondiale.
Charles Desbassyns est nommé
en 1820
membre du comité consultatif d'agriculture et de commerce de Bourbon.
Cinq ans plus tard, il est
chevalier de la légion d'honneur.
23 octobre 1826.
Le gouverneur de Bourbon, Achille
Guy Marie de Penfentenyo, comte de Cheffontaines le nomme conseiller
colonial.
Élu conseiller municipal
de Sainte-Marie en 1854,
il devient conseiller général du même canton l'année suivante.
En 1854, il devient le premier
président de la chambre d'agriculture, et deux plus tard, président du
conseil général.
Trois ans avant sa mort le
5 juillet 1863,
Charles Desbassyns est fait officier de la légion d'honneur.
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