A
la Restauration Philippe de Richemont est nommé administrateur général
des établissement français en Inde. Profitant de la qualité de ses relations
avec l'Angleterre, il peut négocier avantageusement le rachat des privilèges
de la Compagnie Française des Indes Orientales sur le sel et l'opium.
Il est nommé le 8 mai 1816,
commissaire général de la marine et ordonnateur à Bourbon, il arrive à
la colonie avec le nouveau commandant, Hilaire
Urbain de Lafitte de Courteil, le 28 juin 1817.
Il introduit à Bourbon les
frères des écoles chrétiennes et, est à l'origine de la fondation du collège
royal. Il est l'auteur des fameuses ordonnances de 1825,
qui servirent de modèle aux textes qui ont fixé le statut de nos colonies.
La restauration le nomme, Comte de Richemont le 6 octobre 1827
et commandeur de la légion d'honneur. Mais pour les réunionnais c'est
l'homme qui développa le système éducatif.
Lettre de Panon Desbassyns
de Richemont, aux habitants de Bourbon :
" En prenant les rênes
de l'administration que le Roi a daigné nous confier, nous éprouvons une
vive et douce satisfaction de pouvoir vous annoncer que sa Majesté a accordé
à ses fidèles sujets de l'île Bourbon tout ce qui pouvait contribuer à
leur bonheur et aussi à la prospérité de cette intéressante colonie ....
L'envoi est fait, dans la colonie d'une compagnie d'ouvriers de toutes
les professions qui contribuera à répandre le goût du travail et la connaissance
des arts utiles à la société ; douze jeunes créoles seront attachés à
ce corps et ceux qui, parmi eux, se distingueront par leur disposition
et leur bonne conduite seront envoyés en France pour compléter leur instruction.
Le Roi, touché de la fidélité
et du dévouement que vous avez montrés dans une circonstance récente et
douloureuse, a voulu consacrer à jamais le souvenir de votre noble conduite,
en accordant à perpétuité à vos enfants, six bourses gratuites dans les
collèges de France et trois places dans l'École royale des demoiselles
de la Légion d'honneur : touchante bonté qui récompense dans les enfants
la fidélité des pères. Mais ce n'était pas assez bon pour le bon Roi d'assurer
votre bonheur présent ; sa sollicitude a été plus loin : il a voulu qu'à
l'avenir vos besoins et vos réclamations lui fussent connus par l'organe
d'un député choisi parmi vous et résidant auprès du ministre de la Marine
à Paris. J'en ai dit assez, Messieurs pour vous faire sentir que si, au
milieu des désastres qui ont affligé la France, le père de famille s'est
vu forcé de donner ses premiers soins à ceux de ses enfants qui étaient
placés auprès de lui, il vous en dédommage aujourd'hui, en comblant pour
vous la mesure de ses bienfaits ".
Il est nommé ensuite inspecteur
général des établissement français dans l'Inde.
De retour en France, il est
nommé au Conseil d'État et au Conseil d'amirauté à sa création.
Il est également choisi à
deux reprises comme député de la Meuse.
Le 25 février 1824,
il est élu député dans le 2ème arrondissement
de la Meuse par 182 voix sur 248 votants et 280 inscrits.
Le 17 novembre 1827, il échoue
dans le même arrondissement avec 95 voix contre 147 données
à l'élu M. Beaupoil de Saint-Aulaire; mais huit jours après,
le 24 novembre, le collège du département de la Meuse le
renvoye à la Chambre par 75 voix sur 123 votants et 140 inscrits.
1er août 1828,
il reçoit les grandes médailles d’or des Conseils
privés et des Cours d'assises destinées à consacrer
sa coopération aux deux organisations :
- Rapporteur de la commission
chargée de l'organisation administrative des colonies.
- Président de la commission d'organisation judiciaire.
Il abandonne ses fonctions
politiques lors de la Révolution de 1830 qui vit la chute des Bourbons.
En 1832,
il se retire dans le château de Cangé situé à
Saint-Avertin, Indre-et-Loire qu'il vient d'acheter.
Philippe Panon-Desbassyns
de Richemont meurt à Paris, le 7 novembre 1840.
Un an plus tôt, il avait été durement éprouvé par la mort subite de sa
fille Madame La Comtesse Dodun de Keroman.
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