Il
subsiste à Saint-Pierre 12 sites possédant une cheminée, les sucreries
et les domaines agricoles dont elles dépendent constituent alors des lieux
de vie pour la majorité des Réunionnais. Le canal Saint-Etienne à Saint-Pierre,
réalisé dans les années 1820 - 1840, rend possible l'irrigation et la
mise en culture de centaines d'hectares autrefois difficilement cultivables.
A Saint-Pierre plus du dizaine
d'établissements industriels s'installent sur le tracé du canal, l'eau
est également nécessaire au fonctionnement de l'usine, en particulier
pour l'alimentation des chaudières à vapeur. Autour des usines sucrières
se sont villages, des quartiers qui naissent, s'installent les camps des
esclaves, puis des engagés ou des ouvriers agricoles.
Chaque usine sucrière possède
une, voire quatre à cinq cheminées. Elles servent pour la production de
la vapeur ou pour la concentration du jus de canne. Leur taille est directement
liée au mode de fonctionnement de l'usine. De petites dimensions, 5 à
10 mètres de hauteur, elle sert à l'évaporation du vesou ou jus de canne,
effectuée à feu nu. Plus élevée, elle est liée à la présence de générateurs
à vapeurs de grande dimensions, dont le bon fonctionnement nécessite un
tirage important.
Aujourd'hui les bâtiments
industriels ont souvent disparu ou sont en ruines. Lorsqu'ils subsistent,
c'est naturellement la cheminée qui est la plus visible et qui devient
emblématique de l'histoire de l'évolution du village, du quartier.
Cheminée
de l'ancienne distillerie Isautier.
2 rue François Isautier 97410 Saint-Pierre. Inscrite le 16 avril 2002
en totalité au titre des monuments historiques, y compris son terrai
d'assiette.
Situé en plein centre ville
de Saint-Pierre, cette cheminée d'élévation cylindrique, peu représenté
à La Réunion, témoigne du passé sucrier des bâtiments qui sont construits
autour d'elle. Compris entre les rue du Four à Chaux, du Canal Saint-Etienne
et la loge et le boulevard du front de mer, l'établissement se compose,
d'une usine à sucre dans la partie haute du terrain, d'une distillerie,
d'une maison principale, de deux pavillons, de magasins et de plusieurs
autres dépendances. Il possède également une voie ferré de raccordement
à la ligne du CFR, Chemin de Fer Réunionnais. Actuellement, il ne reste
de cet établissement que cette cheminée et la bâtiment de l'ancienne distillerie
qui abrite le conservatoire.
Sucrerie
de La Vallée. Domaine de La Vallée,
chemin Badamier 97410 Saint-Pierre. Inscrite aux monuments historiques
le, 11 juillet 2002, en totalité, y
compris son terrain d'assiette.
Anicet Orré, propriétaire
à Saint-Pierre commence à constituer le domaine dès 1822 en achetant le
premier terrain de La Vallée. L'usine de 1837 fonctionne au moyen d'un
moulin mû par une roue à eau grâce à l'eau du Canal Saint-Étienne, alors
établis à proximité du domaine. Les ruines de l'usine de forme carré datent
de 1871, la cheminée à chaînages verticaux et horizontaux en bois est
la seule de l'île à posséder à son somment un belvédère probablement construit
après la fermeture de la sucrerie au début du XXe siècle.
Cheminée
La Rivière-Saint-Étienne.
Route de l’Entre-Deux, Saint-Pierre. Inscrite aux monuments historiques
le, 11 juillet 2002, en totalité,
y compris son terrain d’assiette.
Il ne reste de l'usine de
la Rivière Saint-Etienne créée par Gabriel Kervéguen en 1852, que trois
cheminées carrées. La plus petite semble avoir appartenu à la première
usine, alors que les deux autres, beaucoup plus grandes, sont sans doute
plus tardives. Ces dernières en pierres sont renforcées au moyen de madriers
de bois destinés à les rendre plus résistantes aux efforts qu'elles subissent
à cause de la silatation due à la chaleur dégagée par les fourneaux.
Cheminée
de Basse-Terre. Basse-Terre-les-Bas. Inscrite
aux monuments historiques le, 10 juin 2002, en totalité, y compris son
terrain d’assiette.
La cheminée de l'usine de
Basse-Terre est l'unique vestige de l'établissement de Basse-Terre, situé
autrefois au-dessus de Saint-Pierre. Lorsque la sucrerie et le domaine
sont vendus en 1857 par la famille Deheaulme et Cadet à Jean Philippe
Hoarau, l'ensemble vaut 1 243 000 francs. L'usine fonctionne avec un moulin
à eau alimenté par le Canal Saint-Etienne, et les sirops produits par
la sucrerie sont conduits au moyen de tuyau de fonte vers la purgerie,
où le sucre achève de cristalliser et de sécher dabs des formes.
Usine
sucrière et Cheminée de Grand-Bois.
Grand-Bois. Inscrite aux monuments historiques le, 14 juin 2002, en totalité,
y compris son terrain d’assiette.
La première sucrerie de Grand-Bois
existe sur le site dès les années 1830, fondée par la famille Choppy.
En 1875, une sucrerie plus importante est rebâtie sous la direction de
Blanville Choppy. La façade sud présente de nombreux détails révélant
l'influence néoclassique à l'honneur dans l'île depuis les premières années
du XIXe siècle. Au cours de la seconde moitié de ce siècle, Charles Augustin
Choppy, fils de Blainville, fait comte romain dans les premières années
du XXe siècle, rassemble de nombreux domaines sucriers dans le sud. Grands-Bois
devient le centre névralgique d'une immense propriété qui couvre de Terre
Rouge à la ravine de la Petite-Île et de Monvert. Résidant le plus fréquemment
en métropole, Charles-Augustin Choppy confie la gestion de ses biens à
des hommes de confiance, comme Jean-Baptiste Célicourt Dennemont ou Valère
Hugot, dernier directeur des domaines Choppy avant leur cession en 1922
à la compagnie foncière Maurice Réunion Limietd. En partie démembré, le
domaine est acquis par les actionnaires de la Société anonyme des Grands
Bois, fondée à la fin des années 1920, qui fusionne en 1948 avec d'autres
sociétés sucrières pour donner naissance aux Sucreries de Bourbon.
L'usine sucrière de Grands-Bois ferme définitivement ses portes en 1991.
La cheminée appartient au type de cheminée d'élévation pyramidale, de
base carrée, elle témoigne d'une architecture industrielle de qualité
qui se développe à La Réunion dans les années 1860 - 1970.
Cheminée
de Ravine-des-Cabris. rue du Moulin à café,
Ravine-des-Cabris Inscrite aux monuments historiques le, 10 juin 2002,
en totalité, y compris son terrain d’assiette.
Cheminée
Mahavel. 11, allée Bois-Noirs, Ravine des Cabris,
Saint-Pierre. Inscrite aux monuments historiques le, 08 juillet 2002,
en totalité, y compris son terrain d’assiette.
Au XIXe, Mahavel devint une
propriété sucrière, on installa une usine pour broyer les cannes de l'Entre-Deux.
Un câble en fil de fer tendu au dessus du Bras de la Plaine, sur une largeur
de trois cents mètres, pour permettre aux cannes d'arriver à l'usine.
Cette première installation s'étant rompue, on commanda en France, des
câbles plus solides avec double voie, et des caissons pour faciliter le
transport des cannes. Ces aménagements n'empêchèrent pas Mahavel de fermer
ses portes lors de l'agrandissement de l'usine Pierrefonds quelques années
plus tard. La propriété de Mahavel n'existe plus, il ne demeure que les
ruines de l'ancienne usine sucrière englouties par la végétation., la
cheminée est visible de la route. Fermeture de l'usine sucrière de Mahavel
en 1921.
Cheminée
Mon Repos . Mon Repos. Inscrite aux monuments
historiques le 16 avril 2002, en totalité, y compris le terrain d’assiette.