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C'est
dans le polygone délimité par l'île Maurice, Rodrigues, les Seychelles
et La Réunion que la musique typique prend le nom de Séga, qui désigne
à la fois la danse et la chanson rythmée qui l'accompagne. Le séga
reste avant tout une danse mais s'agrémente de paroles dont
l'accent et le zézaiement du patois créole font qu'elles est
toujours curieusement écoutée.
Séga et instruments de musique traditionnels.
Le séga avant de se "
civiliser " était à l'île de La Réunion la danse érotique des
travailleurs noirs africains. Les dimanches, c'est noirs de l'Afrique
se réunissaient au bord de la mer et, à l'ombre des filaos, se livraient
à leur passion favorite, la danse que l'on appelait le séga.
Les instruments de l'orchestre étaient les plus simples mais des
plus efficaces : L'instrument mélodique était le timbila de
Mozambique, véritable xylophone manié d'une façon parfaite par un
musicien expérimenté.
L'accompagnement était tenu
par le bobre, sorte de contrebasse comprenant une caisse de
résonance faite d'une calebasse vidée de sa substance et séchée,
montée sur un long manche de bois courbé servant de support et également
de tension à une corde d'aloès ou de boyau d'animal desséché. L'exécutant
tient de la main qui lui convient le mieux ; la calebasse fixée à l'arrière
du manche est tournée du côté du ventre. De l'index libre, il corrige les
sonorités en le faisant glisser sur la corde frappée d'une petite baguette, le
ticouti tenue de l'autre main. Du talon, il martèle le sol
ou le plancher afin de soutenir la mesure. |
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Un
autre instrument était le caïamb',
il se présente sous la forme d'un caison de 40 X 60 cm en bois léger sur
lequel on appose une armature à base de tiges de bambou creux.
Le réceptacle ainsi obtenu permet l'utilisation des graines de cascavelle,
Arbus
precatorius d'un arbre du même
nom ou de graines de safran marron. Secoué en cadence de droite et de
gauche, il créé un glissement des graines " la grainée "
dont le bruit sert à rythmer le déhanchement des danseurs. Le son
s'apparente à celui des maracas sud-africain.
Mentionnons que pour donner
toute la cadence à cette danse, deux tambours
différents étaient incorporés à l'orchestre. Un tambourin
attaché à la taille, pendait entre les jambes du batteur, lequel gardait
la position debout. Les notes grêles qui s'en échappent font un genre
de roucoulement.
La grosse caisse, le Houler
ou Roulèr était un tronc d'arbre creusé sur lequel on
montait une peau de chèvre. Il sert à syncoper le rythme. Notons
que celui qui bat ce tambour le place entre les jambes et s'assied dessus.
l'instrument repose sur un billot, le musicien frappe de la paume
des mains ou des doigts la peau tendue.
La danse le séga.
Le séga se pratique sans
qu'il sont nécessaire de se toucher, le couple se faisant vis-à-vis, à
quatre-vingts centimètres environs. Pour s'insérer dans la danse
le danseur amorce de petits pas sur place dans une sorte de tâtonnement
avec des gestes de balancement des bras de droite et de gauche pour
amadouer la danseuse. Il pirouette tout comme un pigeon fait la roue devant
la pigeonne. Puis, la musique aidant, sur la pointe d'un pied et
roulant des fesses, il fait mille grâces à sa partenaire qui, dans le
même temps, exécute des pas d'avant en arrière simulant la provocation
et la fuite, en ondulant des hanches, les bras un peu écartés, avant-bras
rentrés, les mains presque fermées avec les pouces dressés narguant le
danseur. Quelquefois, du pouce et de l'index, elle prend sa jupe
à mi-hauteur, la soulève ou la fait virevolter. Le haut du corps est presque
toujours immobile ou légèrement envoyé d'arrière en avant.
Au moment le plus épicé de
la musique, on encourage les danseurs aux cris de " A terre A terre
! " Alors mains aux hanches, tout en se trémoussant, les deux
partenaires fléchissent progressivement sur les genoux, de façon à descendre
le plus bas possible, les fesses touchant les talons. Après une courte
pause, le mouvement est repris en remontant et, toujours en ondulant les
hanches sans aucune aide des mains et évidemment en cadence. Lorsque les
partenaires sont arrivés au terme de cette séquence gymnique, la danseuse,
en un petit coup de reins félin, s'élance, dans les bras du danseur et
tous deux pirouettent triomphalement. Et ainsi de suite la danse continue
après déplacement sur la piste. |
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