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Le
cimetière de Saint-Pierre, boulevard Hubert-Delisle, abrite la tombe du
célèbre bandit et sorcier africain Sitarane. Cette tombe un lieu
occulte de la Réunion, est l'objet de cérémonies de magie noire, lieu
de rites mystérieux où certains viennent y déposer des offrandes afin
de jeter des sorts à leurs ennemis.
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Avis
Une
récompense de 1500 frs, est promise à la personne qui découvrira ou
fera découvrir les auteurs de l'assassinat commis dans la nuit du 19 au
20 mars courant à Saint-Pierre, lieu dit les 400, sur la personne de M.
Hervé Deltel.
Article
du journal Le Peuple le 29 mars 1909.
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Encore
un crime à Saint-Pierre.
Instituteur
Lucien Robert et sa femme assassinés cette nuit dans leur lit.
Article
du journal La Patrie Créole le 13 août 1909.
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La
sortie de prison des assassins, avant leur second jugement à
Saint-Denis. Premier, en veste blanche : Fontaine, derrière lui,
baissant la tête sous un grand chapeau : Sitarane. |
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SIMICOUNDZA
SIMICOURBA est né en Mozambique, né dans une famille de sorcier, il
devint lui aussi un fidèle pratiquant du sortilège importé de
l'Afrique Noire. Il arrive à la Réunion en 1889,
engagé par Mr Morange sous le N° 10 8958, il travaille sur les terres
de ce dernier à Saint-Benoit. En 1891, il fuit ce qui le fait enter
dans l'illégalité, il prend le nom d'emprunt de Sitarane. En 1906 il
fait connaissance de "Saint-Ange Gardien", un "tisaneur"
qui arpente la région de Saint-Pierre, offrant des potions
miraculeuses, il se nomme en réalité Calendrin.
La
bande
Son
chef est Calendrin. Sitarane est l'exécuteur des basses oeuvres, le
troisième larron est un certain Emmanuel Fontaine. Avec eux une dizaine
de complices qui écoulent le produit des vols.
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La bande se réunissait la nuit, loin des
habitations, attendant minuit, heure favorable pour prendre conseil avec
les esprit du mal. Le chef, assasin-sorcier, consultait les tarots et,
si d'après lui tout allait bien, on égorgeait un coq noir pour boire
le sang chaud. C'était là, une des formes de sacrifice auquel se
soumettait chaque compagnon sanguinaire, au départ du crime. Ces êtres
cruels se dirigeaient donc vers une destination connue d'avance,
emportant avec eux, outre l'assurance et la protection du démon, mais
aussi, dit-on, un sachet de poudre qui était répandue, à travers le
trou des serrures dans les lieux maudits. Les occupants assoupis,
respiraient cette poussière qui avait la propriété de les placer dans
un profond sommeil.
Ils
prennent d'abord pour cible quelques dépôts. Un 1908, ils dévalisent
un commerce à la Rivière Saint-Louis. Le 1er mars 1909 ils dérobent
37 kilos d'essence de géranium. Dans la nuit du 19 au 20 mars 1909, la
bande s'introduit chez M. Hervé Deltel, Sitarane tue ce dernier de 11
coups de couteau. Ils assassinent les époux Robert le 13 août en
ensuite les époux Leveneur dans la nuit du 29 au 30 septembre 1909. Ils
pillèrent de nombreuses habitations de Saint-Pierre et du Tampon, les
cadavres des habitants assassinés faisaient ensuite l'objet de
cérémonie de magie noire. Calendrin faisait boire le sang des victimes
à ses complices, pour les rendre invulnérables. Selon certaines estimations officielles, la monstrueuse bande comptait à leur actif un
nombre de meurtres proche de la douzaine.
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La
population du Sud est terrorisée.
La bande fut finalement surprise lors de l'un de ses raids. Ses membres
furent capturés, identifiés grâces aux objets qu'ils avaient
abandonnés dans leur fuite.
Le
23 mai 1910, la bande et leurs sous-fifres sont renvoyés par arrêté
de la chambre des mises en accusation devant la cour de Saint-Pierre.
Le
27 juin 1910 débute le procès. Le verdict tombe le 13 décembre 1910
à 15 h, Sitarane, Saint-ange et Fontaines sont condamnés à être
décapités.
Le
20 juin 1911, Sitarane et Fontaine sont décapités à Saint-Pierre.
Mais curieusement, le sorcier et chef de bande Calendrin sera gracié et
mourra au bagne de Guyane, en 1937.
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