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Sorcellerie
magie noire et magie blanche à La Réunion. |
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Sorcellerie
magie noire et magie blanche à La Réunion. |
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Magie blanche, magie noire, devineurs, gratteurs ti bois, guérisseurs, tisaneurs, batteurs de bobine, traiteurs, croyances populaires, La Réunion mystérieuse, la magie et la sorcellerie perdurent, apportées par les différentes communautés elles se mélangent aux croyances, aux religions et se pratiquent toujours de nos jours |
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La pratique de la
sorcellerie à La Réunion n'est plus à démontrer. Aucune |
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thérapeutique n'a
réussi jusqu'à présent à la faire reculer et encore moins à |
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l'enrayer. L'aspect guérisseurs des sorciers Réunionnais est de loin l'élément |
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le plus utilisé par la population créole, bien que s'y rattachent aussi des |
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pratiques divinatoires, l'usage d'amulettes porte-chance, ou de garanties |
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contre les mauvais esprits et le mauvais oeil. Il est possible que le |
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développement historique des pratiques de guérison soit dû en partie à la |
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sous-médicalisation qui a longtemps régné à La Réunion.
Parmi les anciens |
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esclaves amenés
à Bourbon, plusieurs savaient soigner leurs semblables par |
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l'emploi de
plantes pays, certains étaient maîtres en l'art divinatoire. |
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Pour les
réunionnais qui y ont recours le sorcier est celui capable de
préparer |
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des tisanes, qui
peut guérir les maladies mystérieuses ou psychiques, qui |
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peut accélérer
la promotion sociale, prédit l'avenir, jette et tire les sorts.
Ces |
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différentes
compétences sont exprimées par des termes précis : |
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Les sinp,
du français simple herbe médicinale, tréter, qui traite
une maladie, |
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tizaner,
qui prescrit des tisanes, gériser, qui apporte la
guérison, désignent |
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ceux qui
connaissent les vertus médicinales des plantes ou sont capables |
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de guérir par
massages accompagnés de prières. Les deviner sont ceux
qui |
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se livrent à des
pratiques divinatoires. Les sigider sont ceux qui
pratiquent la |
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divination par les
graines. Les grater tiboi sont ceux qui grattent du
bois |
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lorsqu'ils
officient. Les bater-d bobine sont ceux qui utilisent le
tambour |
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indien à une peau
en forme de sablier. Le mazigador est celui qui
pratique |
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la magie. Cependant
les pratiques de médecine blanche ou noire, |
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d'envoûtement
ou de désenvoûtement ne sont pas toujours nettement séparées. Non
seulement elles ne sont pas réservées |
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séparément
à des spécialistes, mais encore elles peuvent interférer au niveau
individuel. Ce manque de clarté dans les pratiques |
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provoque
confusions, C'est ainsi que ceux qui guérissent par les plantes sont
parfois assimilés à des sorciers. |
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Le sorcier Malabar. |
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C'est un personnage très important dans le fantasmatique créole, évoquer le mot sorcier équivaut pratiquement à lui adjoindre l'adjectif Malabar malgré l'existence d'autres sorciers de traditions différentes. Le sorcier Malabar le rappelle constamment, ce n'est pas lui qui exerce son activité mais "l'esprit" avec le quelle il travaille. Cet esprit auquel il est identifié seulement au cours de la transe est appelé par divers procédés. Une clochette, ou le tambour à Esprits, dit Oulké. Comme autres instruments, on retrouve fréquemment un grands sabre utilisé par ailleurs dans les sacrifices rituels des boucs et coqs. Le sorcier le tient à deux mains au cours de la transe et simule parfois une éventration ou alors monte pieds nus en équilibre sur le tranchant de la lame. Le feu est constamment manié grâce à l'utilisation de camphre en cubes allumé chaque fois que l'esprit se manifeste. L'eau de safran jaune, symbolise de l'urine de Shiva est utilisée abondamment en aspersions et pour éteindre les flammes sacrificielles. En toile de fond sonore, les rythmes caractéristiques des danse en l'honneur de Shiva produisent un effet hypnotique de surexcitation ou de calme selon leur rapidité. On retrouve le clivage traditionnel entre magie noire et magie blanche, sorcellerie sauvage maléfique noire et rouge corporelle, et pouvoir du prête bénéfique jaune brillant spirituel. Les techniques sorcières sont en effet basées sur une symbolique efficace qui brûle le mal, qui lui fait peur, le conjure. La cérémonie dite "brûler les yeux" pour retirer le mauvais oeil qui s'acharne sur sa victime malchanceuse consiste à faire brûler du piment, les effluves sont supposés irriter à un tel degré le mauvais oeil que celui-ci est obligé d'abandonner sa victime. De même lorsqu'un mauvais sort, voire un esprit a enfin été extirpé du corps du patient par un trou crânien, il est cloué à un arbre ou enterré sous forme de trois grains de maïs, trois piments. Il regermera ailleurs tant il est vrai qu'on ne dissout pas le mal indestructible, mais que l'on le repousse au-delà, ailleurs. Un mauvais sort est dévié par le sorcier et renvoyé sur celui qui l'a émis, mais non pas annulé. Le principe du mal est indestructible. Le sorcier confectionne des "garanties" sorte d'amulettes fétiches portées au contact du corps. Celles-ci détournent comme un paratonnerre le mauvais sort, inversent ses effets par un retournement, mais celui-ci est toujours ambivalent. Si en effet le malade ne croît plus à son sorcier ou ne le paye pas, il y a un retour du mauvais sort. |
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Le sorcier Comorien. |
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Le groupe ethnique Comorien est numériquement très faible comparés aux autres groupes, et le nombre des sorciers est infime. Leur pouvoir sorcier est par contre jugé comme extrêmement grand, puissant et dangereux par l'opinion locale. Cette particularité est d'ailleurs soigneusement entretenue par les autres sorciers qui ne manquent jamais d'attribuer des échecs à l'esprit Comores dont la force est supérieure à la leur.
Les esprits qu'ils manipulent sont inconnus des Réunionnais. Ces
derniers ne peuvent les nommer mais ils les craignent car leur puissance
est grande.Une confrérie de sorciers possédant des femmes sorcières, véritables
matrones expertes en accouchements et guérisons de stérilité. Leurs pratiques sont très différentes de celles des sorciers Malabars puisqu'elles font appel à un arsenal extrêmement diversifié de potions, de lotions, de parfums, d'une eau magique spéciale où surnagent de nombreuses ailes de papillons. La manipulation des bâtonnets dit
"tibois" à l'origine technique divinatoire spécifiquement Africaine s'est stylisée dans un geste imité d'ailleurs par nombre d'autres sorciers qui consiste à tailler des copeaux de bois aux noms évocateurs, Bois noir, Bois de rose, Bois de fer, etc. |
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Le sorcier Blanc. |
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Cette appellation, qui ne recouvre pas une réalité ethnique, est simplement utilisée pour différencier cette classe de sorciers des deux autres. Il s'agit d'une poussière de micro-sorcelleries, faisant appel à un arsenal des plus variés, et qui semblent imiter les pratiques sorcières authentiques et officielles des autres cultures. Les tisanes sont énormément employées et on retrouve des analogies avec les remèdes de "bonne femme" mélangés à une pharmacopée-pays extrêmement riche, la sensitive "Kolkol", utilisée comme plante " guéritout" est le cicatrisant par excellence des plaies de toutes sortes, jusqu'aux ulcères gastriques, l'extrait de graine de papayer mâle est le vermifuge universel, etc. ; Cependant ces "simples" sont toujours administrés avec un cérémonial de prières; c'est par exemple une manière d'aller soi-même les cueillir à des heures bien précises, dans des endroits particuliers, ce qui en fait des thérapeutiques actives par la mobilisation métaphorique de la volonté de guérir du malade. |
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Cohabitation. |
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Ces trois types de sorcelleries co-existent donc dans l'île sans problèmes, formant une palette nuancée à l'infini, qui répond facilement aux désirs de chacun. Mieux encore, elles renforcent mutuellement leurs effets puisque non seulement elles consacrent l'existence du sorcier comme élément naturel de la population, mais que, de plus en se renvoyant le client déçu, elles s'assurent l'une et l'autre de leur pouvoir.
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