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Magie blanche, magie noire, devineurs, gratteurs ti bois,
guérisseurs, tisaneurs, batteurs de bobine, traiteurs, croyances
populaires, La Réunion mystérieuse, la magie et la sorcellerie
perdurent, apportées par les différentes communautés elles se
mélangent aux croyances, aux religions et se pratiquent toujours de nos
jours. |
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L'aspect guérisseurs des sorciers Réunionnais est de loin l'élément le
plus utilisé par la population créole, bien que s'y rattachent aussi des
pratiques divinatoires, l'usage d'amulettes porte-chance, ou de garanties
contre les mauvais esprits et le mauvais oeil. Il est possible que le
développement historique des pratiques de guérison soit dû en partie à
la sous-médicalisation qui a longtemps régné à La Réunion.
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Le sorcier Malabar.
C'est un personnage très important dans le fantasmatique créole,
évoquer le mot sorcier équivaut pratiquement à lui adjoindre
l'adjectif Malabar malgré l'existence d'autres sorciers de
traditions différentes. Le sorcier Malabar le rappelle constamment, ce
n'est pas lui qui exerce son activité mais "l'esprit" avec le quelle
il travaille. Cet esprit auquel il est identifié seulement au
cours de la transe est appelé par divers procédés. Une clochette, ou le
tambour à Esprits, dit Oulké. Comme autres instruments, on retrouve
fréquemment un grands sabre utilisé par ailleurs dans les sacrifices
rituels des boucs et coqs. Le sorcier le tient à deux mains au cours de
la transe et simule parfois une éventration ou alors monte pieds nus en
équilibre sur le tranchant de la lame. Le feu est constamment
manié grâce à l'utilisation de camphre en cubes allumé chaque fois que
l'esprit se manifeste. L'eau de safran jaune, symbolise de l'urine de
Shiva est utilisée abondamment en aspersions et pour éteindre les
flammes sacrificielles. En toile de fond sonore, les rythmes
caractéristiques des danse en l'honneur de Shiva produisent un effet
hypnotique de surexcitation ou de calme selon leur rapidité. On retrouve
le clivage traditionnel entre magie noire et magie blanche, sorcellerie
sauvage maléfique noire et rouge corporelle, et pouvoir du prête
bénéfique jaune brillant spirituel. Les techniques sorcières sont en
effet basées sur une symbolique efficace qui brûle le mal, qui lui fait
peur, le conjure. La cérémonie dite "brûler les yeux" pour
retirer le mauvais oeil qui s'acharne sur sa victime malchanceuse consiste
à faire brûler du piment, les effluves sont supposés irriter à un tel
degré le mauvais oeil que celui-ci est obligé d'abandonner sa victime.
De même lorsqu'un mauvais sort, voire un esprit a enfin été extirpé du
corps du patient par un trou crânien, il est cloué à un arbre ou
enterré sous forme de trois grains de maïs, trois piments. Il regermera
ailleurs tant il est vrai qu'on ne dissout pas le mal indestructible, mais
que l'on le repousse au-delà, ailleurs. Un mauvais sort est dévié par
le sorcier et renvoyé sur celui qui l'a émis, mais non pas annulé. Le
principe du mal est indestructible. Le sorcier confectionne des
"garanties" sorte d'amulettes fétiches portées au contact du
corps. Celles-ci détournent comme un paratonnerre le mauvais sort,
inversent ses effets par un retournement, mais celui-ci est toujours
ambivalent. Si en effet le malade ne croît plus à son sorcier ou ne le
paye pas, il y a un retour du mauvais sort.
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Le sorcier Comorien.
Le groupe ethnique Comorien est numériquement très faible comparés
aux autres groupes, et le nombre des sorciers est infime. Leur pouvoir
sorcier est par contre jugé comme extrêmement grand, puissant et
dangereux par l'opinion locale. Cette particularité est d'ailleurs
soigneusement entretenue par les autres sorciers qui ne manquent jamais
d'attribuer des échecs à l'esprit Comores dont la force est supérieure
à la leur. Une confrérie de sorciers possédant des femmes sorcières,
véritables matronnes expertes en accouchements et guérisons de
stérilité. Leurs pratiques sont très différentes de celles des
sorciers Malabars puisqu'elles font appel à un arsenal extrêmement
diversifié de potions, de lotions, de parfums, d'une eau magique
spéciale où surnagent de nombreuses ailes de papillons. La manipulation
des bâtonnets dit "tibois" à l'origine technique divinatoire
spécifiquement Africaine s'est stylisée dans un geste imité d'ailleurs
par nombre d'autres sorciers qui consiste à tailler des copeaux de bois
aux noms évocateurs, Bois noir, Bois de rose, Bois de fer, etc.
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Le sorcier Blanc. Cette appellation, qui ne recouvre pas une réalité ethnique, est
simplement utilisée pour différencier cette classe de sorciers des deux
autres. Il s'agit d'une poussière de micro-sorcelleries, faisant appel à
un arsenal des plus variés, et qui semblent imiter les pratiques
sorcières authentiques et officielles des autres cultures. Les tisanes
sont énormément employées et on retrouve des analogies avec les remèdes
de "bonne femme" mélangés à une pharmacopée-pays
extrêmement riche, la sensitive "Kolkol", utilisée comme
plante " guéritout" est le cicatrisant par excellence des
plaies de toutes sortes, jusqu'aux ulcères gastriques, l'extrait de
graine de papayer mâle est le vermifuge universel, etc. ; Cependant ces
"simples" sont toujours administrés avec un cérémonial de
prières; c'est par exemple une manière d'aller soi-même les cueillir à
des heures bien précises, dans des endroits particuliers, ce qui en fait
des thérapeutiques actives par la mobilisation métaphorique de la
volonté de guérir du malade.
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Cohabitation.
Ces trois types de sorcelleries co-existent donc dans l'île sans
problèmes, formant une palette nuancée à l'infini, qui répond
facilement aux désirs de chacun. Mieux encore, elles renforcent
mutuellement leurs effets puisque non seulement elles consacrent
l'existence du sorcier comme élément naturel de la population, mais que,
de plus en se renvoyant le client déçu, elles s'assurent l'une et
l'autre de leur pouvoir.
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La Réunion mystérieuse, des pratiques religieuses.
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La tombe de Sitarane.
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La tombe de Sitarane au cimetière de Saint-Pierre, un
lieu occulte de La Réunion, cette tombe est l'objet de sacrifices et
d'offrandes, un verre de rhum déposé sur la pierre tombale de l'assassin
perd son liquide en un laps de temps. Il suffit de tourner un instant le dos, |
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Des sacrifices, on voit parfois du sang caillé sur la sépulture, des
plumes noires, un coq en décomposition. Les offrandes sont nombreuses,
cigarettes, alcool, des bougies y brûlent au milieu de plaques montrant
ces inscriptions : Merci.
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On voit souvent au carrefours, de petits sachets de plastique déposés
à terre, une pratique qui relève des traditions tamoules, il s'agit
après une cérémonie religieuse, de demander la réalisation d'un
souhait. Le rite consiste à mettre dans un sachet les ingrédients qui
ont servi à la cérémonie et de le déposer à la croisée des
chemins. Dans ce sachet on peut trouver des pièces de monnaie, un
poulet sacrifié, du safran ou encore un coco. Au bout de quelques
jours, il faut récupérer le sachet. Ceux qui doivent faire une marche
sur le feu utilisent aussi cette pratique pour obtenir la protection des
dieux. Dix jours avant la marche ils déposent leur sachet à un
carrefour et viennet le reprendre après.
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Ce cimetière est devenu un lieu de symbole et de mémoire, on y trouve la
tombe du Père Lafosse, curé abolitionniste, une chapelle de
Saint-Expédit, une chapelle tamoule, et le reste des tombes d'esclaves massacrés
en 1811 suite à une révolte. Ce cimetière se nomme aussi le cimetière des âmes perdues, la aussi, les croyances perdurent, car
les"croyants" viennent ramasser un peu de terre ou des objets
ayant été déposés pour récupérer les forces émanant de ces âmes
errantes.
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Saint Expédit, celui qui guérit, celui qui aide à trouver du travail,
à obtenir un prêt. Dans les chapelles des promesses sont faites
et il est recommandé de tenir parole dans les délais les plus brefs,
que la grâce soit exaucée ou non. Les grâces exaucées créent un
lien de dépendance et de dévotion, dont le bénéficiaire ne peut plus
guère se délier sous peine de perdre a nouveau ce qu'il vient de
recevoir, de nombreux récits nous rappellent que les parjures furent durement punis.
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Des offrandes pour le saint, fleurs, bougies pièces
de monnaie, bout de tissu rouge. Mais Saint-Expédit a la capacité de
faire beaucoup plus il est souvent question de sorcellerie, il semble en
effet que les services que les fidèles viennent parfois demander au
saint, engagent une attente et une croyance en des pouvoirs supérieurs,
dangereux et secrets. Saint Expédit un culte populaire fait de dévotions
et de pratiques magiques, le Saint patron des gens ordinaires et plus généralement
déshérités. C'est sans doute cela qui explique son succès à la Réunion,
ainsi que la durée de son culte.
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