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Léon
Hippolyte Claudius Truitard est né le 9 août 1885, à Chagny,
en Saône et Loire.
Il passe son enfance
à Cholon, en Indochine, où son père est architecte.
Le jeune Truitard fait ses études
secondaires en France, à Dijon, au lycée Carnot, avant d'intégrer l'Ecole
Coloniale puis d'être affecté, en 1910, à Majunga, Madagascar.
En 1912, Truitard rentre
en France pour soutenir sa thèse de doctorat en droit : Madagascar et
les intérêts français. Truitard est ensuite affecté aux Comores.
En 1915, il est mobilisé
comme capitaine de 6e Colonial, à Tananarive, et intervient dans
le sud malgache contre le soulèvement Bara, avant de rejoindre le front
européen sur la Somme.
De retour en 1919 à Madagascar,
Truitard occupe les fonctions de chef de cabinet du gouverneur Garbit.
On le retrouve ensuite à Paris, au Cameroun, puis de nouveau à Paris au
service de presse du ministère des Colonies.
Le 18 juin 1936, Léon
Hippolyte Claudius Truitard est nommé gouverneur de La Réunion,
il est à pied d'œuvre le 17 août 1936 et découvre une colonie en proie
à de puissantes tensions politiques et sociales.
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Octobre
1936, les fêtes du tricentenaire du rattachement de la Guadeloupe, la
Martinique, la Guyane et La Réunion sont l’occasion pour MM. Lagrosillière,
Gratien Candoce, Monnerville et Satineau de déposer un projet de loi portant
sur la départementalisation de ces quatre colonies : " Les quatre
colonies relèveront du ministère de l’Intérieur, avec toutefois les dispositions
législatives et réglementaires particulières que nécessitent, à cause
de leur éloignement de la métropole et de leurs besoins spéciaux, une décentralisation
relative des services publics, le maintien de leur autonomie financière
et la sauvegarde des prérogatives de leurs conseils généraux ".
Mais parmi les signataires
de cette proposition il n’y a aucun représentant réunionnais et la campagne
favorable à la départementalisation menée par Le Progrès ne rencontre
aucun écho. En effet il semble que ceux qui sont au pouvoir à La Réunion
craignent de voir appliquer la fiscalité dans le cas éventuel où la colonie
deviendrait département. Faut-il rappeler qu’à cette époque les impôts
directs n’existent pas dans l’île et personne ne veut de " la
fiscalité odieuse de l’impôt sur le revenu ". La question de
la départementalisation est donc mise entre parenthèses, encore une fois.
La Ligue des droits de l'homme
réunionnaise souhaite que La Réunion devienne un département Français
:
" Considérant que, depuis
son arrivée à La Réunion, M. le gouverneur Truitard s'est attaché à solutionner
équitablement les différents conflits d'ordre social dont il a eu à connaître
; persuadés que, le passé garantissant l'avenir, il continuera à étudier
avec bienveillance toutes les questions concernant les classes laborieuses
; l'assurons, au cas où les forces réactionnaires du pays l'attaqueraient,
de tout le dévouement de la Ligue des droits de l'homme et du Citoyen.
Considérant que la situation de La Réunion comme colonie est de nature
à toujours soulever des points de droit particuliers, la Ligue toute entière
réclame que notre île soit faite département français, avec tous droits
et prérogatives y afférents. "
5 septembre 1936, la section
locale du Syndicat National des Instituteurs est créé.
De multiples conflits sociaux
éclatent, débouchant sur d'importantes avancées. En 1937, la première
grande grève qui touche La Réunion a lieu au Port, elle est menée par
le Syndicat des cheminots et dockers. Soucieux de la question sociale,
Truitard est souvent en première ligne. Apprécié des syndicalistes, dans
la première partie de son mandat, Truitard essuie ensuite de nombreuses
critiques quand il croisse le fer avec les syndicats des fonctionnaires.
1 er mai 1937, le 1 er mai
est pour la première fois à La Réunion un jour chômé
et payé.
Le gouverneur est bientôt
aidé dans sa tâche par l’envoi d’une mission
de l’inspection générale des colonies dont l’objectif
est en particulier d’évaluer le système éducatif
mais aussi le système fiscal qui ignore encore l’impôt
sur le revenu. Avril et mai 1947. Cette mission aboutit à trois
rapports rendus entre avril et mai 1937, dont les conclusions plaident
en faveur de la hausse des salaires, d’un effort budgétaire
accru de la colonie mais aussi pour d’importantes réformes
de structure. Le rapport sur la fiscalité préconise quant
à lui une réforme profonde du système qui, rappelons-le,
ignore l’impôt sur le revenu. Dans sa conclusion, l’auteur
M. Lassalle-Sere, condamne sans appel les privilèges fiscaux dont
jouissent les classes aisées de la colonie :
" Le système
fiscal de la Réunion est en retard d’une vingtaine d’années
sur le système des impôts en métropole. Il est inique
et antidémocratique au premier chef. Un tel système n’est
pas admissible à la Réunion, vieille colonie assimilée
à un département métropolitain ".
1 er octobre 1938, exposition coloniale,
elle se tient sur la place toute neuve du Barachois, le gouverneur Léon
Hippolyte Claudius Truitard a offert quelques hectares supplémentaires
à Saint-Denis en rasant le cavalier d'artillerie, grosse butte
aux canons inutiles, qui se trouvait à la Pointe des Jardins, et
en a utilisé les déblais pour combler le petit port du Barachois,
ensablé. La place à peine nivelée accueille la plus
grandiose exposition que La Réunion ait jamais connue, sept semaines,
à partir du 1 er octobre, de nombreux pavillons construits pour
la circonstance, qui abritent les habituels produits du pays et, attraction
suprême, deux avions construits dans l'île par de fougueux
amateurs.
Le 28 octobre 1838, le gouverneur
Léon Hippolyte Claudius Truitard est rappelé. Il quitte La Réunion, le
10 novembre 1938, sonsuccesseur Joseph Urbain Court arrive à la
colonie le 15 novembre 1838.
En 1940, Truitard assure
pendant l'exode l'évacuation du ministère de la Colonie à Bordeaux. En
1943, il fait valloir ses droits à la retraite et s'installe en Algérie,
en attendant la Libération. Il termine sa retraite à Dijon, où il décède
le 2 janvier 1972.
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