Législatives 1963 à La Réunion, les résultats des élections législatives partielles de 1963 les résultats les candidats les députés élus.

Législatives 1963 à La Réunion

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Premier tour le 5 mai 1963.

22 février 1963, le Conseil constitutionnel en raison des trop nombreuses irrégularités ayant entaché le scrutin de novembre 1962 invalide, les résultats de la première circonscription, élu Gabriel Macé et de la deuxième circonscription élu Marcel Vauthier.

Les électeurs réunionnais de la première et de la deuxième circonscription doivent retourner aux urnes. Les élections législatives partielles pour élire deux nouveaux députés sont fixées au mois de mai.


La campagne électorale :

Les manœuvres politiques débutent dès le mois de janvier 1963.

30 janvier 1963, Paul Vergés, est en métropole pour défendre son recours administratif suite à l'élection de novembre 1962, Il se voie interdire par la police de l'air de quitter le territoire national pour rejoindre La Réunion. On indique au ministère de l'Intérieur que cette interdiction a été prise à la demande du préfet de La Réunion par mesure de sécurité en vertu de la Loi sur l'état d'urgence.

Paul Vergès candidat en 1963

Le journal Témoignages, s'indigne : "Ouvriers, planteurs réunionnais, protestez partout ! Imposez le respect de nos droits et de nos libertés de Créoles contre l'arbitraire colonial. Exigez le retour de Paul Vergès ". Le Progrès, aux termes plus mesurés, dénonce quand à lui l'erreur politique grave que constitue une telle mesure. " La première idée qui vient à l'esprit est simple : on veut l'empêcher de prendre part aux élections législatives partielles".

En métropole la presse s'empare également du problème. Libération : "On notera qu'en décrétant ici que La Réunion, réputée département d'outre-mer, ne fait pas partie du territoire national, le ministère de l'intérieur se rend coupable d'une atteinte caractérisée à l'intégrité du dit. En même temps que d'une inadmissible entrave à la liberté d'un citoyen contre lequel n'a été relevé aucune charge légale".

Le secrétaire général du P.C.R. porte plainte contre X pour atteinte à la liberté individuelle, et introduit un recours devant le Tribunal administratif.

Cette mesure permet d'éviter la présence du leader communiste sur le terrain alors que s'organise la campagne en vue des législatives partielles. Le secrétaire général du P.C.R. doit attendre le 22 février 1963 pour voir annuler les poursuites à son encontre, c'est à dire le jour de l'annulation officielle des élections de novembre 1962. Le 25 février le juge Corbeil rend à Paul Vergès son billet pour son retour à La Réunion.

De toute évidence, le gouvernement ne peut se permette de maintenir plus longtemps Paul Vergès en métropole. Il le peut autant moins que les hautes instances de l'État étaient au courant de l'éventualité d'une candidature Debré à La Réunion.

Michel Debré élu député de La Réunion en 1963

En effet le 26 février 1963, Georges Repiquet, sénateur de La Réunion est reçu par le Président de La République, il déclare : " voici pour mémoire ce que le Général de Gaulle m'a dit. La Réunion c'est la France. Je n'ignore pas que vous ayez des problèmes et que ces problèmes vous préoccupent en raison de leur importance, mais la France est un grand pays et peut les solutionner. Une chance s'offre à vous pour les résoudre, c'est la présence de M. Debré. Je serai tout disposer à conseiller à Debré de poser sa candidature à La Réunion, à la condition expresse que La Réunion, à l'exception des communistes souhaite sa candidature ".

18 mars 1963, Michel Debré battu aux élections législatives d' Indre-et-Loire de novembre 1962, décide de se présenter à la Réunion. Ce choix surprenant s'explique par sa crainte de voir ce qui reste de l'empire colonial français suivre la voie empruntée par l'Algérie, une indépendance dont il ne se console pas. Le moyen de contrarier le projet d'autonomie de l'île de La Réunion défendue par le leader du parti communiste réunionnais Paul Vergés. Dans son livre de 1974, Une politique pour La Réunion, il écrit : "... le siège de Saint-Denis de La Réunion devient vacant. Je reçus un pressant appel de la quasi-totalité des élus de l'île, guidés avec une chaleur amicale par le sénateur Repiquet. L'apporbation du Général de Gaulle ayant levé les dernières hésitations, je fis campagne...".


Les candidats.

Dans la première circonscription deux candidats sont opposés, Paul Vergès PCR et Michel Debré UNR. Debré est soutenu par les socialistes que l'autonomie rebute.

Dans la deuxième circonscription un affrontement tripartie, Bruny Payet PCR, Marcel Vauthier MRP et Paul Bénard Mouvement pour la communauté.

Marcel Vauthier élu député en 1963

15 avril 1963, plus de 3 000 personnes accueillent à Gillot, avec un enthousiasme sans précédent Michel Debré, ancien Premier ministre du Général de Gaulle. L'arrivée de Michel Debré dans l'île entraîne l'afflux d'une horde de journaliste. Dans la foulée de son arrivée à l'aéroport, il se rend à un rassemblement devant l'ancien hôtel de ville de Saint-Denis, organisé par son collaborateur, l'ancien ministre Christian de La Mallène. C'est là que pour la première fois Michel Debré prend la parole en public pour sa campagne. Le Figaro rapporte : "Il insista sur le fait qu'il était le compagnon du Général de Gaulle... Son adversaire réclamant l'autonomie de la Réunion, l'ancien Premier ministre s'attacha à démontrer que cela entraînerait la séparation de la France, l'indépendance et la servitude à Moscou ou à Pékin... ".

1 er mai 1963 point culminant de la campagne de Michel Debré, un imposant rassemblement est organisé par l'A.R.D.F, place Sarda Garriga à Saint-Denis, selon le JIR 15 000 personnes, selon le Monde 10 000 personnes. Ce rassemblement prend l'allure d'un plébiscite en faveur de l'attachement de La Réunion à la France métropolitaine. Après un discours enflammé au cours duquel Michel Debré réaffirme que le seul espoir de développement, de liberté et d'égalité, ne peut se faire que dans l'ensemble français. Le candidat est hissé sur des épaules et porté en triomphe.


Résultats des élections législatives partielles du 5 mai 1963.

- Dans la première circonscription. Inscrits - 54 170. Exprimés - 38 273.
Michel Debré est élu député de La Réunion avec 80.75 % des suffrages exprimés, 30 908 voix contre 7 365 pour Paul Vergès soit 15.95 % des suffrages exprimés. Michel Debré devient immédiatement le leader de la droite locale. Il exercera son mandat de député pendant vingt-cinq ans.

- Dans la deuxième circonscription. Inscrits - 53 873. Exprimés - 32 463.
Marcel Vauthier retrouve son siège de député dans la deuxième circonscription de La Réunion avec 60,13 % des suffrages exprimés, 19 519 voix contre 7 936 pour Bruny Payet 24.45 % et 5 008 pour Paul Bénard 15.42 %.

16 mai 1963, Paul Vergès dépose une requête à la préfecture de La Réunion pour faire annuler les élection dans la première circonscription. La requête est rejetée.
En dessous extrait du Journal officiel de 14 juillet 1963.

Michel Bassi du Figaro, présent dans l'île, reconnaît le 7 mai 1963, que "les habitudes sont bien difficiles à perdre... mais estime que les irrégularités... ont porté sur cinq, peut-être dix pour cent des voix, ce qui rend indiscutable la victoire de Michel Debré".

Le Journal Témoignages organe de presse du parti communiste réunionnais dénonce le 6 mai 1963 "un scrutin digne de Perreau-Pradier. Le reste de la presse locale reconnaît une victoire incontestable de Michel Debré.

En métropole la presse traditionnellement hostile à l'ancien premier ministre fait clairement de ce dernier l'élu d'une République Bananière : Michel Debré devient "Bonzoreil".

Le Canard Enchaîné se montre également virulent : "Clémenceau était allé se faire réélire dans le Var et Léon Blum dans l'Hérault... Pauvre Debré ! A La Réunion ! fallait-il que vous en eussiez envie ! ... votre élection a mis en lumière les pires tares du régime semi-colonial ... Il ne se passe pas une semaine sans que le Canard Enchaîné, ne caricature le " nouveau gouverneur de La Réunion ".

Libération du 7 mai 1963 : "Les gaullistes n'ont pas de quoi pavoiser".

L'élection de Michel Debré comme député de La Réunion, son long passage dans l'île et le poids qu'il conserve à Paris vont avoir des résultats importants. D'abord, la presse nationale s'intéresse à La Réunion : sous ce regard, il y aura progressivement moins de fraudes et d'abus. Ensuite, Debré lui-même est scandalisé par le retard sanitaire et sociale de l'île : le rattrapage va s'accélérer avec lui dans tous les domaines, car le député ministre n'hésitera pas à aller taper du poing dans les administrations centrales pour faire avancer les dossiers. Enfin, la hantise de l'autonomie, sans cesse exprimée par Michel Debré, servira d'aiguillon dans la marche vers l'égalité, à un point tel qu'un jour, cette revendication sera oubliée par le parti communiste réunionnais.

Journal Officiel 14 juillet 1963



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