La présence
musulmane à La Réunion remonte au lendemain de l'abolition de
l'esclavage. Parmi les travailleurs recrutés en Inde et en Afrique à
partir de 1850, on note déjà un bon nombre de Musulmans qui
travaillaient dans les plantations agricoles. Ils étaient soit des
Indiens du Sud, Pondichéry, Madras, Mahé, soit des métis
Arabo-Africains originaires du Yémen, de Mascate ou des Comores.
Cependant, il n'est resté que très peu de traces de l'activité
religieuse de cette première vague de Musulmans. Minoritaires, ils ont
peut-être été christianisés et ou intégrés dans le groupe
ethno-culturel malbar.
C'est vers 1880
que commence effectivement l'implantation de l'Islam dans l'île, avec
l'arrivée d'Indo-Musulmans originaires de Bombay, de Surat et de Broach.
Ces immigrants sont pour la plupart des commerçants qui, installés
d'abord à Saint-Denis Saint-Pierre et Saint-Paul approvisionnent l'île
en riz, épices, coton et autres marchandises en provenance de pays
d'Asie. Ils se chargent aussi de commercialiser les productions
agricoles locales, en jouant le rôle d'intermédiaire entre mes
planteurs et les consommateurs. L'intensification de cette immigration
à partir de 1910 va permettre l'installation définitive de la
Communauté gudjarati. Habiles commerçants les Indo-Musumans vont
devenir un des rouages essentiels du système économique réunionnais.
Leurs descendants se trouvent aujourd'hui à tous les échelons de la hiérarchie
sociale, dans le commerce, l'industrie, l'administration, les
professions libérales. Sunnites orthodoxes d'école habafite appelés
zarab en créole. Ils forment le groupe musulman le plus important de La
Réunion.
La plupart des grandes villes de l'île de La Réunion possèdent une mosquée. Le 28 novembre 1905, les musulmans réunionnais inaugurent la première mosquée de France, la mosquée Noor-e-Islam à Saint-Denis de La Réunion, désormais les musulmans de l'île jouissent d'un lieu officiel de prière.