Le
blason de la capitale de l'Île de La Réunion évoque d'une façon imagée
les différents aspects de l'île. Il fut créé par M. Christol de Sigoyer,
Conseiller municipal créole sous le Second Empire.
Ce blason fit l'objet d'une
délibération du Conseil municipal du 13 février 1866.
L'écu timbré d'une couronne
murale, à cinq merlons d'or, maçonnée et couverte de sable est posé sur
un rayonnement de quatorze feuilles de phénix d'argent. Il est soutenu
d'une ancre du même mouvant de la pointe retenant un listel d'or aux retroussis
de gueules brochant sur le feuillage et chargé de la devise empruntée
à un texte d'Horace en lettres romaines de sable "Praeter omnes angulus
ridet". Plus que tous, ce coin de terre me sourit". Au 1er d'azur
à la galère d'argent voguant sur des ondes du même mouvant de la pointe,
au 2ème d'or à deux palmiers de sinople posés sur une île soutenue à senestre
d'un îlot du même, au chef de sinople chargé d'une chaîne de trois volcans
d'argent : celui du centre, sommée d'une nuée fumante de gueules, la dite
chaîne soutenue d'une autre chaîne de cinq monts de sinople.
La Réunion ne fut occupée
de façon permanente qu'à partir de l'arrivée d'Etienne
Regnault, premier gouverneur en 1665.
Débarqué à Saint-Paul,
il décida de s'établir à Saint-Denis
en 1669,
car, disait-il " son ancrage était le meilleur, ce lieu était destiné
à devenir le centre du commerce et du gouvernement.
En 1665, la Compagnie des
Indes décide l'expédition d'une flotte vers l'île. L'escadre quitte la
Rochelle le 14 mars 1665. Elle comprend une houcre de 60 tonneaux, le
" Saint-Denis ". Au cours de l'expédition, à Ténériffe, ce vaisseau perd
contact avec le reste de la flotte, il vient ancrer dans la baie du chef-lieu
en 1668
devant l'estuaire de la future rivière de Saint Denis. Au nom de la profonde
amitié qu'il exprimait pour Chanlette, commandeur du houcre " Saint Denis
", Etienne Régnault, Gouverneur de l'époque, nomma le futur chef-lieu
de l'île, Saint Denis.
Saint-Denis fut au III ème
siècle, vers l'an 250, l'un des sept évêques missionnaires envoyés sous
Dèce en Gaule et devint évêque de Paris, ville où son culte lié à un martyr
fut très populaire. Un regard jeté sur la Cathédrale de Saint-Denis permet
de voir le martyr de Saint-Denis et ses deux compagnons Rustique et Elentère
condamnés à la décapitation, une des scènes les plus émouvantes de l'église,
une page éloquente de cette lutte terrible livrée par Saint-Denis.
En 1671,
Jacob Banquet de la Haye, vice-roi des Indes approuve le projet de faire
de Saint-Denis, le chef-lieu. Mais cette décision ne sera officialisée
que 69 ans plus tard, en 1738,
sous l'autorité de Mahé de Labourdonnais, Gouverneur de la Compagnie des
Indes. Saint-Denis compte alors 2 166 habitants.
Mahé de Labourdonnais fit
entreprendre à Saint-Denis des constructions : un pont débarcadère pour
le transport des cafés, la fortification du palais du gouvernement, l'installation
de batteries devant la baie au Butor et au Cap Bernard, la construction
d'un fort à la Redoute avec une Poudrière, enfin une nouvelle église.
1771,
L'ordonnateur de Crémont va donner à Saint-Denis son aspect définitif
en faisant tracer par le chevalier Banks le plan de la ville où figurent
les principaux bâtiments de la ville. Le nombre des rues fut fixé à, 12
dans le sens Est-Ouest, et 7 dans le sens Nord-Sud.
Le développement de la ville
se poursuit, elle est érigée en commune le 23 juillet 1790,
impulsé par les négociants et les habitants mais aussi par la volonté
d'embellissement des gouverneurs et édiles locaux qui la dotent de quelques
monuments de prestige et de nombreux équipements.
Le premier maire de Saint-Denis
Joseph jean Baptiste Delestrac élu le 3 août
1790 :
La séance du mardi
3 août 1790 à 8 heures du matin décide qu'il sera
procédé à la nomination d'un maire, de cinq échevins
ou officiers municipaux, d'un procureur de la commune, d'un trèsorier,
d'un secrétaire-greffier et de douze notables. Joseph jean Baptiste
Delestrac est élu avec 126 voix sur 171 votants. Delestrac est
né dans le Vaucluze vers 1736 et est arrivé à Bourbon
en 1767 ; il est marchand, négociant et cultivateur. Il s'est marié
le 22 août 1769. Il est décédé à Saint-Denis
le 8 spetembre 1814 à son domicile rue de la Fontaine ( actuelle
rue Monseigneur de Beaumont ).
Au début du 19 ème siècle,
Saint-Denis et plus particulièrement la Redoute sont le théâtre de la
bataille qui décida du sort de l'île et de la victoire anglaise.
En 1815,
l'île est rendue à la France, Saint-Denis va enfin jouer son rôle de capitale
dans une île devenue indépendante. Une nouvelle période s'annonce avec
l'énergique Gouverneur Milius qui dote Saint-Denis de plusieurs édifices
:
- Un nouveau pont débarcadère
au Barachois.
- En 1825,
une école de jurisprudence
- En 1829,
un collège Royal et le 4 novembre 1829 pose de la première pierre
de la Cathédrale
de Saint-Denis.
23 août 1831,
par ordonnance royale Saint-Paul perd la responsabilité de chef-lieu
judiciaire de la colonie, cette compétence est transférée
à Saint-Denis.
En 1835,
Construction du Palais législatif à Saint-Denis pour abriter
le Conseil Colonial. ( actuel Muséum ).
Dans les années 1850,
le commerce se développe et nécessite l'installation de marines supplémentaires.
C'est à cette époque que furent créés, la Banque
Colonial, le Muséum
d'Histoire Naturelle, la Société Sciences et Arts, l'Hôtel
de Ville, le Pensionnat
de l'Immaculé Conception.
En 1861,
un voyageur M. Simonin nous laisse un descriptif de la ville de Saint-Denis
dans son récit : Voyage
à l'île de La Réunion.
En 1868,
de graves émeutes ont lieu à Saint-Denis. A la suite du vote par le conseil
Général de subsides importants aux fondations religieuses, des mécontents
réagissent violemment.
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