|
XII
siècle.
L'histoire de la Réunion
s'apparente à celle de l'île Maurice. Elle fut d'abord visitée, mais non
peuplée, par des marins malais, arabes, et européens. L'ensemble des îles
comprenant : Rodrigues, Maurice et la Réunion fut nommé archipel des Mascareignes.
XVI siècle.
L'île fut découverte, inhabitée,
par les Portugais au début du 16ème siècle. Elle figure sur une carte
de Pedro Reinel datée de 1518.
L'île reçoit le nom de Santa
Appolonia, peut-être, fut-elle vue, la première fois, le jour de la
Sainte Appoline, le 9 février.
1512,
le navigateur portugais Pedro de Mascarenhas découvre l'archipel, lors
d'un voyage qu'il fit pour Goa. . L'île est décrite comme un véritable
paradis terrestre. Elle figure, avec l'île Maurice et ses îlots, sur la
carte de Jorge Reinel, sous le nom d' islas Mascarenhas.
Les premières descriptions
:
" L'île a environ
65 lieues de tour ; elle est très montagneuse et les montagnes sont très
hautes. Cette île abonde en cochons, cabris et en toute sorte de gibiers.
Les rivières et les étangs sont remplis de poissons de toutes sortes.
Il y a quantité de tortues de terre et de mer. Les eaux vives sont très
bonne à boire. Sans exagérer l'on peut dire que cette île est un des bons
lieux de rafraîchissement que l'on puisse trouver après un longue route.
Fr. Martin "
|
|

|
|
| |
"
Je n'ai point de nom à donner à l'île Mascareigne qui lui convienne mieux
que celui de paradis terrestre. Son climat est si sain et l'air si salutaire,
que les malades qu'on y débarque, y recouvrent la santé dès qu'ils l'ont
respiré. Il n'y a aucune bête venimeuse, ni autre qui puisse nuire à l'homme.
Elle est fertile en toutes sortes de légumes qui y viennent en abondance
et toutes ces choses y sont d'un merveilleux goût. Carpeau de Saussay
"
1527,
une carte anonyme portugaise dite de Weimar ( elle est conservée à Weimar
) reproduite dans l'atlas de Santaren regroupe trois îles sous le terme
Santa Appollonia. La mappemonde officielle de Diego Ribero désigne d'Ouest
en Est, la première île, sous le terme Mascarenhas ( La Réunion ),
la seconde, Sanra Apollonia ( île Maurice ), et la troisième Domingo Friz
( Rodrigues ).
XVII siècle.
1613.
Un forban nommé Blackwell y fait escale et rebaptise l'île "England
forest".
27
mars 1613, le navire La Pearl accoste à La Réunion, parution
de ce récit de voyage dans His Pilgrimes en 1625, d'après les souvenirs
d'un nommé Tatton écrit par Purchas. Lire
le récit.
1620.
Naissance à Paris de François Charpentier. La Réunion doit à cet académicien
sa devise qui avait été celle de la Compagnie des Indes Orientales : Je
fleurirai partout où je serai mis.
1638.
Le Navire le Saint-Alexis accoste sur l'île et son capitaine Salomon Goubert
en prend possession au nom du Roi de France, Louis XIII, elle est rattachée
à la couronne de France, elle est dénommée Mascarin. Le Capitaine
mouille le Saint-ALexis dans une baie qu'il baptise Saint-Paul, c'est
le jour de la fête de Saint-Paul.
1646.
Les premiers occupants de l'île furent douze mutins, uniquement des hommes,
expulsés par le gouverneur promis en 1654 du Fort-Dauphin, comptoir français
de Madagascar. Ils s'installèrent dans une grotte du littoral ( Saint-Paul
).
1649,
Le nouveau gouverneur du comptoir français de Madagascar, Flacourt fait
chercher les exilés envoyés par son prédécesseur Promis à Mascarenhas
( La Réunion ) que l'on retrouve sains et gaillards. Ces hommes revinrent
au Fort Dauphin le 7 septembre 1649, non sans regretter l'île
qu'ils venaient de quitter.
Octobre
1949, Flacourt envoie le navire le Saint-Laurent pour prendre
une seconde fois possession de l'île au nom du Roi de France. Elle
est rebaptisée par Flacourt du nom de la dynastie Royale Française "
Bourbon ", ne pouvant, dit-il, " trouver un nom
qui pût mieux cadrer à sa bonté et fertilité, et qui lui appartint
mieux que celui-là. En cette année 1649 ajoute Flacourt, j'y ai fait passer quatre
génisses et un taureau, afin d'y multiplier, et, en 1654, j'y en ai envoyé
autant, lesquelles on trouva qu'elles étaient multipliées jusqu'à
plus de trente. J'ordonnai au capitaine Roger le Bourg d'en prendre une
seconde fois possession de ma part au nom de Sa Majesté, y poser
les armes du Roi, et la nommer île de Bourbon, ce qu'il a fait, et attaché
la prise de possession à un arbre dessous des armes du roi"
1652.
Le gouverneur de Madagascar Flacourt dresse la première carte de l'île
en suivant les indications des mutins.
10
septembre 1654. La peinture que les douze bannis firent de
l'excellence de l'île engagea sept de leurs compagnons à y aller s'y établir.
Flacourt, qui ne demandait pas mieux que de mettre en culture une terre
dont on lui vantait la fécondité, s'empressa d'accueillir la proposition
qu'ils lui en firent. Il leur permit de s'y rendre et de cultiver du tabac
pour leur compte. Ils s'embarquèrent, le 10 septembre 1654, sur le navire
l'Ours, avec un autre Français que Flacourt jugeait à propos d'y exiler.
Six nègres, originaires de Madagascar, les suivirent. Après douze
jours de navigation, ils arrivèrent à la côte ouest de Bourbon, et s'établirent
dans une anse située à l'ouest-nord-ouest près d'un étang au lieu où se
trouve bâtie la ville de Saint-Paul. Ils débarquèrent cinq vaches et un
jeune taureau, qui se mêlèrent à trente autres provenues des génisses
que Flacourt avait envoyées cinq ans auparavant. L'un deux, nommé Antoine
Thaureau, a laissé une relation de son séjour à Bourbon, qu'il représente
comme un paradis terrestre.
Les premiers essais de culture
furent si satisfaisants qu'au bout de 18 mois la petite colonie se trouva
en état de fournir d'abondantes provisions, quantité de tabac et
d'aloès préparé au navire le Saint-Georges qui vient relâcher à la côte.
Ces heureux débuts furent bientôt suivis de tristes revers.
1656,
une ouragan renversa les cases, et l'eau inonda les terres cultivées.
Janvier 1657,
un nouvel ouragan détruisit les plantations.
Février 1658,
un nouveau cyclone enleva tout espoir de prospérité.
28
mai 1658, Il y avait deux ans et huis mois qu'ils habitaient
l'île, quand un navigateur nommé Gosselin, qui commandait le navire le
Thomas-Guillaume, passa à Bourbon le 28 mai 1658, et leur fit accroire
que les naturels de Madagascar avaient massacré tous les Français
du fort Dauphin : il leur offrit de les prendre à son bord et de les mener
dans l'Inde. Trompés par cet aventurier et ne recevant aucun vaisseau
qui leur apportât des nouvelles de cet établissement, ils s'embarquèrent
dans son navire, emportant avec eux tabac, l'aloès et le benjoin
qu'ils avaient recueillis dans l'île. Ils arrivèrent à Madraspatam, sur
la côte de Coromandel, où ils furent obligés de servir comme soldats
dans le fort. Les six nègres qui les avaient suivis furent donnés au président
de l'endroit par le fourbe qui les avait emmenés. L'île Bourbon
resta de nouveau sans habitants.
1661,
publication de la carte de Bourbon ( La Réunion ) dessinée par Flacourt.
Carte
de Flacourt |
|