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Histoire Bourbon île de La
Réunion : Textes, lois, codes, décrets, courriers.
Proclamation
du 9 octobre 1809 à l'Isle Bonaparte, ( La Réunion ) du Colonel Commandant,
de Sainte-Suzanne.
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de Sainte-Suzanne :: Année
1809 histoire de La Réunion.
Colons,
Son Excellence le Capitaine
Général vient de me donner une preuve de sa confiance, en m'honorant au
commandement de votre Isle, et en me plaçant à votre tête pour repousser
les perfides ennemis qui oseraient encore tenter de souiller votre territoire
de leur présence.
Si le Capitaine Général a
dû être vivement touché des derniers évènements que vous venez d'éprouver,
il a au moins des motifs de consolation en apprenant le dévouement et
l'ardeur avec lesquels vous vous êtes réunis pour vous opposer aux progrès
de l'ennemi, nul doute que ce ne soit à ces belles dispositions de votre
part qu'on ne doive leur prompt rembarquement. Soyez bien convaincu toutes
les fois que vous vous présenterez avec confiance, il ne pourra soutenir
vos regards.
Comment !.. Quand notre auguste
Empereur fait triompher ses aigles des bords du Tage aux bords du Danube
! Quand rien ne résiste à sa valeur éprouvée dans mille combats, nous
! nous ! des Français ! nous permettrions encore qu'un vil ramas de cipays
et de déserteurs viennent nous braver, nous insulter ! Non, vous attendez
avec impatiente l'instance de vous venger, votre valeur connue, votre
attachement à la Mère Patrie, à la gloire nationale ù'en sont de sûrs
garants. Quelquefois ces astucieux ennemis feignent de vous ménager, méfiez-vous
de ces caresses, ce sont celles du tigre ! S'ils étaient sûrs de leur
fait, ils vous traiteraient comme ils ont traité les habitants de Buenos
Aires, de Copenhague et enfin, comme ils ont traité tous les peuples qu'ils
ont subjugués : ils ne laissent après eux que le pillage, l'incendie et
le meurtre. Gardes nationales, on n'abusera pas de votre dévouement :
on renverra dans leurs foyers tous ceux dont la présence ne sera pas jugée
nécessaire à la défense des postes les plus intéressants ; mais tenez
vous prêts à marcher au premier signal, soyez toujours unis, que les petites
passions se taisent devant le grand intérêt qui est le salut de la Patrie
; ayez confiance dans les chefs que le gouvernement vous donne ; je vous
réponds que vous serez invincibles.
Habitants de l'Isle Bonaparte,
je sais que d'avance vous voulez bien m'honorer de votre estime, croyez
que je suis sensible à un hommage aussi flatteur : votre bonheur, votre
gloire seront les seuls objets de mes sollicitations.
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