Case
Tomi.
Au début des années 1960, la plupart des
Réunionnais vivent toujours dans des logements précaires, majoritairement
des paillotes, quelquefois des maisons en bois, n'ayant ni eau courante
et ni électricité.
De 1961 à 1967, l'architecte Louis Dubreuil,
établit les plans de différents modèles de maison types, en bois
et en parpaing, rapidement disponibles grâce à l'industrialisation des
procédés de fabrication par Maurice Tomi.
La case Tomi a pris le nom de l'entrepreneur
qui en a imaginé son concept et non le nom de l'architecte qui l'a dessinée.
Maurice Tomi.
Né le 5 juin 1924 à Curepipe
(île Maurice), il est décédé le 2 octobre 1996 à La Réunion.
Il avait fait ses études
secondaires à l’île Maurice, puis entrepris des études de médecine en
Angleterre, en 1945. Il les abandonne pour revenir dans les Mascareignes
et transférer l’entreprise familiale de traitement du bois à l’île de
La Réunion, où vivaient ses sœurs, mariées à des Réunionnais.
Ayant eu des 1960 l’idée
de construire une kaz avec des modules de bois que l’habitant pouvait
agrandir et modifier à sa guise, Maurice Tomi mit se projet à exécution
après sa rencontre avec Louis Dubreuil architecte DPLG du Crédit agricole.
Capable d’usiner la structure
de 4 à 5 maisons par jour ouvrable, l’entreprise Tomi devint l’entreprise
de construction la plus importante de La Réunion dans les années 1960-70,
avec plus de 1800 employés, à son siège du Port. L’entreprise Tomi a exporté
son savoir-faire à Mayotte, en Australie et aux Antilles.
L'instauration par le crédit
Agricole de prêts sur le long-terme rend ces maisons types accessibles
aux foyers les plus modestes, notamment ceux installés en milieu rural
où de nombreuses familles d’agriculteurs vivaient encore dans des paillotes
insalubres et fragiles (elles étaient mises à bas à chaque cyclone). Le
coût des constructions en dur les rendait inaccessibles à la très grande
majorité des habitants.
Un slogan financier choc
est alors élaboré par la banque : " Une case pour le prix de trois oeufs
par jour ", allusion au montant des remboursements mensuels.
Un architecte, un industriel
et une banque, ces trois acteurs donnent naissance à la case Tomi, véritable
révolution dans le paysage agricole réunionnais dans les années 1960 -
1970.
Le premier type à rencontrer
un succès rapide est la " case 61 " dite aussi " case Carrousel " en raison
de son plan carré, surmonté d'une toiture à quatre pans de forme conique,
rappelant les toitures des manèges en bois. Le prototype de cette maison
est monté sur une grande propriété sucrière de Sainte-Marie le 15 août
1961.
L'intérieur de la maison
est divisé en quatre pièces : un salon, une salle à manger et deux chambres,
avec à l'arrière une petite construction regroupant cuisine et salle de
bains.
Le 28 février 1962 le cyclone
Jenny entre par l'Est est fait 37 victimes. Il détruit une grande partie
de l'habitat sur l'île. A Champ-Borne, commune de Saint-André, les paillotes
sont à terre, mais les cinquante " case 61 " sont restées debout. La médiatisation
due à la visite du Préfet lui confère un succès immédiat.
La case Tomi, case 61 se
déclinera en case 62 (mixte), case 63 (en dur), case 64 (ossature bois
bardage tôle fine toiture 2 pans). |