Secrétaire
général de l'Afrique-Equatoriale Française et promu gouverneur de deuxième
classe. Lapalud assure l'intérim comme gouverneur de l'Inde, en l'absence
du titulaire.
Nommé le 26 décembre 1922
gouverneur de La Réunion en remplacement du gouverneur Estèbe, admis à
faire valoir ses droits à la retraite, Maurice Lapalud est décrit par
le quotidien La Paix du 3 janvier 1923, comme " un homme de grande
taille, mince, élégant, au teint bruni par un long séjour au soleil africain
". Mais le peu d'empressement du nouveau gouverneur à rejoindre son
poste à La Réunion agace.
Maurice Pierre Lapalud arrive
finalement le 22 août 1923, par le paquebot poste Amiral Pierre, accompagné
de son fils. Sa prise en fonction met fin au long intérim d'Henry Cléret
de Langavant.
C'est une colonie dont la
situation budgétaire est plutôt satisfaisante que découvre Lapalud. L'exercice
de 1922, se clôture en effet par un excédent de plus d'un million de francs.
Des recettes qui sont mobilisées pour l'essentiel dans la réalisation
d'un programme de grand travaux. Des travaux qui entendent s'inscrire
dans le projet de mise en valeur des colonies porté par le ministre sarrautl
:
- Prolongement de la voie
ferrée de Saint-Pierre à Saint-Joseph.
- Amélioration du réseau routier, lancement de la route de Cilaos. Deux
tracés sont en compétition, l'un proposant de rallier Cialos par Saint-Pierre
et La Plaine des Cafres, et le second par Saint-Louis et le Pavillon.
C'est le dernier tracé qui est retenu.
Direct et percutant, le franc-parler
du gouverneur Lapalud ne sera pas toujours apprécié :
"nous sommes tous d'accord,
je crois, pour reconnaître que notre port a été creusé en un point particulièrement
mal choisi... Notre port a encore un autre grave défaut, c'est qu'il est
de dimensions trop restreintes... Nous nous sommes bien des fois moqués
des Allemands qui en tout et partout visaient à faire du colossal. Je
crains que nous n'ayons, nous, le défaut contraire ; en affaire nous voyons
souvent trop petit ".
S'il remet en cause le port,
par contre, il va être l'homme du tourisme à la Réunion. Une commission
d'étude locale animée par M. Giabicani et M. Hugot va se réunir à sa demande.
Elle va émettre le vœu que la mission d'organisation du tourisme colonial
à la Réunion soit confiée au Syndicat d'Initiative ainsi que l'organisation
de la Foire Exposition de 1925. Mais le développement du tourisme se heurte
à de nombreux problèmes. Le Pr Moureu, dans son rapport va souligner la
vétusté des installations thermales à Cilaos, Salazie et Mafate.
Lapalud va demander la réouverture
du dossier de l'École de Droit à la Réunion. Après la fermeture de cet
établissement, la Colonie dépense chaque année 50 000 francs en bourses
de droit en France pour donner satisfaction à un nombre trop restreint
de jeunes cadres.
Préoccupé par les problèmes
de la pêche, il demandera à Mr Rigotard, chef du Service de l'Agriculture
une étude préalable en vue "d'organiser sérieusement et méthodiquement
l'industrie de la pêche".
Afin de soulager les familles
les plus nécessiteuses deux orientations sont privilégiées :
- Les premières lois sociales
étant rendues exécutoires à la Réunion depuis 1920, Lapalud va solliciter
l'inscription d'un crédit de 100 000 francs au projet de budget rectificatif
pour la mise en application partielle des lois d'assistance "aux familles
nécessiteuses, aux vieillards et aux infirmes".
- L'octroi des concessions
dans les hauts de l'île et notamment à Cilaos. A la première session oridianire
du Conseil général, ce sont 153 concessions qui ont été attribuées à Cilaos
pour une superficie totale de 191 hectares venant s'ajouter au 259 hectares
concédés les années précédentes.
Le 5 octobre 1924, Maurice
Pierre Lapalud part en mission en métropole. En fait, c'est un départ
définitif. Le 10 décembre 1924 Jules Repiquet est nommé gouverneur de
La Réunion.
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