Frédéric
Estèbe est né le 3 avril 1863 à Buenos Aires.
Il rentre en France en 1871.
Après ses études
à l'Ecole Normale de Toulouse, il entame une carrière d'instituteur
dans la même ville.
Par la suite Estèbe
entre dans le corps des administrateurs et devient gouverneur en Afrique-Equatoriale
Française et Afrique-Occidentale Française. Vice résident à Nosy-Ve à
Madagascar en 1892, il fait admirer sa fermeté lors de la conquête de
la grande île.
Le 27 juillet 1920 le nouveau
gouverneur Frédéric Estèbe débarque au Port à La Réunion par le paquebot
de la Compagnie des Messageries Maritimes Le Chili et arrive par train
spécial à Saint-Denis.
Il remplace Victor Jean Brochard
qui a effectué un intérim de plus d'an an à la tête de la colonie.
Estèbe devra faire face pendant
son mandat à des problèmes importants pour l'avenir de La Réunion. Préoccupé
du désenclavement de la colonie, il fera connaître sa déception sur la
qualité de la desserte entre La Réunion et Marseille. Les conventions
passées avec la Compagnie des Messageries maritimes dans le cadre de la
loi du 28 juillet 1921 ont été modifiées par les transporteurs. La Réunion
ne serait plus le terminus de la ligne de la Côte orientale d'Afrique,
rôle ravi par Tamatave ou Port Louis, La Réunion étant desservie par une
annexe de cette route. La liaison Réunion, Métropole passerait alors de
25 jours à 38 jours plus délais de mousson.
Frédéric Estèbe fera la différence
entre les fonctionnaires métropolitains et les agents locaux. Les premiers
toucheraient leur solde plus une majoration de 65 % alors que les cadres
locaux bénéficieraient seulement d'une indemnité de vie chère remplacée
bientôt par une indemnité de zone soit 600 F / an pour les 1 440 agents
rétribués sur le budget local. Dans un discours au Conseil général en
octobre 1920, Frédéric Estèbe aborde le problème de la surrémunération
des fonctionnaires métropolitains. " quel est le fonctionnaire e
La Réunion qui, de gaieté de cœur, consentirait à changer de colonie s'il
n'avait en perspective des avantages plus considérables que ceux dont
il jouit sur place ? N'est-il pas juste, dans ces conditions, qu'à égalité
de grade, un fonctionnaire expatrié soit mieux rémunéré que son collègue
servant dans son pays d'origine où il a des parents, des amis et souvent
des intérêts personnels. "
L'île connaît pour la première
fois une contribution nouvelle : l'impôt sur le revenu dont le produit
pour l'année est estimé à 500 000 F.
En 1920, la grippe tue 7
800 personnes à La Réunion.
Estébe condamne les tribunaux
" qui semble porté à appliquer avec trop de mansuétude les lois spéciales
contre l'ivresse ". En 1919 / 1920 on a consommé 1 415 000 litres
de rhum dans l'île.
Pour décourager la désertion
scolaire, Estèbe propose le maintien ou la construction par les municipalités
des cantines.
Estèbe va diversifier l'offre
économique de l'île en développant le tourisme thermal dans les trois
cirques : Mafate, Salazie et Cilaos.
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