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Michel
François des Bordes de Charanville.
Le 26 avril 1708,
arrive par Le Saint-Louis en rade de Saint-Denis, André Herbert,
Chevalier de l'Ordre Royal, hospitalier et militaire de Notre-Dame du
Mont-Carmel et de Saint-Lazare de Jérusalem, est " envoyé du Roy
aux Indes pour l'exécution des ordres de sa majesté, directeur général
de la Royalle Compagnie des Indes Orientales, et en cette qualité un des
seigneurs de l'isle Bourbon ".
André Hebert reste dans l'île
jusqu'au 18 mai 1708. c'est lui, en tant que directeur de la Compagnie
des Indes et gouverneur de Pondichéry qui autorise le départ de l'ancien
gouverneur De Villers. C'est encore lui qui nomme le nouveau Gouverneur,
Michel-François des Bordes de Charanville, et Pierre
Deharamboure comme secrétaire de la Compagnie et procureur fiscal.
La nomination de Michel-François des Bordes de Charanville est connue
très tardivement en France, les autorités avaient choisis
un autre gouverneur pour Bourbon, ce qui explique le court mandat de des
Bordes de Charanville.
De Charanville, et pierre
Deharamboure arrivent de Pondichéry à Bourbon par le Saint-Louis
le 18 avril 1709.
Ils vont prendre leur fonction, le 24 avril 1709.
De Charanville lutte avec
succès contre le marronnage. C'est sous son gouvernement que l'on trouve
le plus de traces de mutilations d'esclaves.
Bourbon compte 387 esclaves
pour une population totale de 894 habitants, chiffre du recensement commencé
en 1708 et achevé en 1709.
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L'île
est toujours fréquentée par les corsaires, Bourbon sert à blanchir l'argent
provenant des rapines des forbans. Le trafic est en effet fructueux avec
les flibustiers qui fond l'aiguade discrètement dans les eaux bourdonnaises.
Michel François des Bordes
de Charanville encourage l'urbanisme de bourgs d'habitats regroupés. Un
moyen de lutter à l'insécurité, en effet les concession en habitations
isolées, sont une proies faciles pour les Marrons. Ce schéma recueille
l'approbation de La Compagnie des Indes.
En 1709 Charanville à le
privilège d'accueillir Godefroy Gollet de La Merveille, directeur commercial
de la première expédition malouine vers Moka. C'est en 1708 que deux frégates,
Le Curieux et le Diligent, emmenées par Godefroy Gollet de la Merveille,
arrivèrent dans le port de Moka pour y négocier un contrat direct d'approvisionnement
du célèbre café Yéménite pour la cour.
Le 19 juillet 1709, le gouverneur
écrit deux ordonnances. Elles concernent, la lutte contre l'incendie,
la réglementation de la chasse abusive et la prévention contre les vols
d'embarcations par les Marrons.
En 1710,
le gouverneur tente en vain de tempérer la passion du jeu de ses administrés.
Introduit par les flibustiers, le jeu de cartes, en des parties interminables
de grandes beuveries, conduit à des manipulations de sommes considérables.
Récit concernant le Gouverneur
de Charanville source : Causeries historiques sur l'île de la Réunion,
par G.-F. Crestien. Avec préface par François Saint-Amand-Challamel aîné
(Paris) - 1881. ( BnF )
" Mentionnons encore un gouverneur,
M. Desbordes de Charanville, que nous prendrons la liberté d'appeler tout
simplement le bon Charanville, prédécesseur de M. Parat, l'un des introducteurs
du café dans l'île.
Ce Charanville était de la
famille du roi d'Yvetot ; il se couchait tôt, se levait tard, il allait
à ma pêche du matin au soir dans l'étang situé au pied du cap où était
établie la maison du roy ; il était visible à toute heure, recevais sans
laquais, sans étiquette et sans ces pions que M. Labourdonnais a été le
premier à introduire ici, et dont la tradition s'est conservé jusqu'à
nos jours. Cet excellent Charanville donnait gîte à ses administrés, et
les hébergeait ; sa demeure était l'hospice banal, une espèce d'auberge
du Cheval blanc ou de Soleil Levant.
Voici le seul évènement qui
se passa sous son patriarcal gouvernement, le seul nuage qui vint le troubler.
On accusa sa trop faible
administration de n'être pas assez sévère à l'égard des forbans qui visitaient
la colonie, et qui, en échange de provisions fraîches, portaient aux colons
du beau coupon bleu et des vins que la colonie ne pouvait se procurer
facilement, et aux dames des paliacas lustrés, et de belles robes de Patnan
de l'Inde.
Arriva dans la colonie, revenant
de chine, le prête de La Motte, des missions étrangères. De passage à
Saint-Paul, La Motte y trouva le père Savet, alors le seul exclésiastique
dans la colonie.
Celui-ci ne pouvait exercer
ses fonctions sacerdotales pour cause de maladie. Le jésuite La Motte
fut invité, par Charanville, à suppléer le curé Savet pendant son séjour
à Saint-Paul. Un dimanche, il prit l'aube et l'étole, fit l'exposition
du Saint-Sacrement, puis s'étant passé une corde au col, il proposa au
sieur de Charanville et au peuple de faire amende honorable pour les secours
qu'il prétendait avoir été donnés aux pirates par les habitants et leur
gouverneur, ajoutant qu'il ne pouvait célébrer la messe sans cette condition.
A cette sommation, de Charanville expliqua qu'il n'avait aucun reproche
à se faire à propos de l'acte incriminé, que si quelques-uns étaient tombés
dans la faute reprochés, faute qu'il blâmait, c'était à son insu, et que
tous ne pouvaient raisonnablement pas supporter la peine de quelques-uns.
Là-dessus, grands débats en latin ; après contestations, le bon Charanville
dit aux créoles réunis et à ses esclaves : " Sortons d'ici, et allons-nous-en
chez moi, il n'y a pas de messe aujourd'hui pour vous. " Mes habitants
revinrent alors chez le gouverneur.
Voilà, dit le document qui
renvoie au procès-verbal déposé au greffe de Saint-Denis, comment se termina
ce différend né de l'exigence outrée du jésuite La Motte. "
En mars 1710, Michel François
des Bordes de Charanville quitte sa fonction de Gouverneur de Bourbon,
la Compagnie nomme Pierre Antoine Parat de Challenest.
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