Le
29 août 1713, tous les membres du Conseil se réunissent au gouvernement
à Saint-Denis, cinq membres pour les affaires civiles et sept pour les
affaires criminelles. Les lettres de Patentes sont lues et enregistrées,
le gouverneur reçoit le serment de tous les membres du conseil.
Henry de Justamond garde-magasin
depuis le 1 er mai 1711, est nommé par le Conseil provincial notaire.
Celui-ci ouvre, le 1er septembre 1713, un registre destiné à la transcription
des sentences, obligations, contrats de mariage, donations, testaments.
Jusque là, les concessions
estampillées du sceau de la Compagnie étaient faites sur des feuilles
volantes conservées par leurs attributaires et pouvaient être détruites
ou égarées. Attribution de nouvelles concession, le gouverneur est maître
de fixer la redevance de la concession de concert avec le demandeur. L'acte
devra être signé en présence : du gouverneur, du notaire, du procureur
général et du demandeur tous quatre devront signer la minute avec le greffier,
à peine de nullité.
Pendant son mandat, Pierre
Antoine Parat de Chaillenest informe La Compagnie des Indes par de nombreux
rapports.
En décembre 1712,
il rapporte au Ministre Pontchartrain l'insuffisance des ports de Bourbon
et le départ des hollandais de l'île Maurice.
En 1714,
il recommande à la Compagnie l'acquisition de Maurice. Il insistait surtout
sur les avantages du mouillage :
" Cette île conviendrait
fort à la Compagnie des Indes y ayant deux beaux ports qui mettent les
navires à l'abri de tout vent ; la terre y est fort bonne, le terrain
est plus plat que l'île de Bourbon , si les Hollandais ne se sont pas
réservés quelques droits sur cette île, la Compagnie ne pourrait jamais
mieux faire que de s'en emparer et d'y passer une partie des habitants
de l'île de Bourbon qui commencent à être en grand nombre et qui ont de
la peine à vivre. "
Parat revenait à l'idée d'établir
à Maurice l'entrepôt du commerce des Indes, une fois en possession de
l'île, la Compagnie :
" y pourrait faire des magasins
y ayant des ports fort commodes et y avoir des vaisseaux qui iraient aux
Indes charger des marchandises pour ceux qui viendraient de France, dont
le voyage se pourrait faire en moins d'un an ".
Le 29 janvier 1713, la colonie
manque de main-d'œuvre, le gouverneur Parat promet l'amnistie aux quelques
marrons qui ont demandé asile a la montagne et qui n'ont pas d'autre crime
à se reprocher :
" On fait savoir à nos
Noirs, Négresses qui sont marrons dans les bois et qui ne sont coupables
d'aucun autre crime que celui de marronnage qu'ils aient au plus tard
à se rendre dans quelques jours à commencer de celui-ci sous promesse
qu'on leur fait qu'ils seront pardonnés de leur marronnage au contraire
faute à eux de se rendre dans les quinze jours s'ils sont pris ils seront
punis de mort et pour que la présente amnistie aient toute leur force
et valeur, et que lesdits marrons y puissent faire foi, nous y avons apposé
le sceau du Roy et celui de la royalle Compagnie à Saint-Paul ".
Le 8 décembre 1714, arrivent
cinq Lazaristes, répartis dans les trois paroisses, Bourbon aura un clergé
stable et cette présence se fera sentir par son influence sur la population.
Sur le plan économique l'île
entre dans l'ère du café. Alors que le café de Moka est introduit pour
acclimatation dans l'île, on découvre en abondance un café indigène que
l'on appela le " café marron ". Dès cette découverte Parat va
faire le déplacement pour la France, accompagné d'un jeune créole Dalleau,
pour défendre le dossier de la nouvelle richesse auprès de la Compagnie
des Indes.
Ils embarquèrent à bord du
navire l'Auguste le 14 novembre 1715. Cette entrevue aura une incidence
positive pour l'île car la Compagnie des Indes, dont le privilège d'exploitation
de Bourbon devait expirer le 1 er avril 1715, va le renouveler pour encore
10 ans.
Le 12 novembre l'intérim
est confié à Justamond, en attendant son retour. Pierre Antoine Parat
de Chaillenest ne reviendra pas gouverneur. Il sera évincé par les intrigues
d'Antoine
Desforges de Boucher.
La France s'installe à Mauritius,
le 20 septembre 1715.
Les ordres sont donnés par
le gouvernement royal pour assurer la prise de possession de Maurice.
Guillaume Dufresne, capitaine malouin du Chasseur, se rend au port Nord
0uest de Maurice en septembre 1715. Il sait que l'île était totalement
inhabitée, et, après avoir fait tirer le canon et attendu plusieurs jours
pour vérifier cet abandon, il prit possession de Maurice le 20 septembre
1715 et lui donna, suivant les ordres ministériels, le nom d'Île de France.
Parat embarqua pour Pondichéry
afin d'exercer les fonctions de Major. Il y mourut et fut inhumé le 20
juillet 1721.
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