Histoire de La Réunion année 1721, Histoire de Bourbon La Réunion, les événements de l'année 1721.

Histoire de La Réunion année 1721

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22 janvier 1721. Le gouverneur Joseph de Beauvollier de Courchant désigne autoritairement 36 habitants pour recevoir 135 pirates. Les pirates ont négociés le 12 novembre 1720, leur installation à Bourbon suite à une amnistie offerte par le Roi de France.

Navire pirate

Finalement, à leur arrivée début février 1721, ils ne sont que 32, dont le fameux Congdom. La vue du faible nombre d'hommes et la profusion d'or change l'attitude de la population. Les pirates sont accueillis à bras ouvert. Tout cet or circulant dans l'île crée une économie artificielle où les prix deviennent extravagants. Cet exemple est révélateur de l'intégration réussie des forbans dans l'île. Il faut dire que ce sont bien souvent eux qui introduisent du numéraire à Bourbon, soit en s'installant fortune faite, soit en achetant des vivres ou des armes aux habitants.

20 avril 1721. Le navire la Vierge du Cap ' Virgen de Cabo ' fait escale à Bourbon. Ce navire de 800 tonneaux avec ses 70 pièces de canons, navire amiral de la flotte Portugaise venant de Goa ( Malabar ) voguait vers Lisbonne ( Portugal ). Pris dans une tempête, le vaisseau portugais est contraint de relâcher dans le port de Saint-Denis pour réparer ses très importantes avaries : sa mature et son gouvernail sont endommagés, sa coque a souffert, il ne lui reste plus qu''une vingtaine de canons seulement, les autres, près d'une cinquantaine, sont passés par dessus bord pendant la tempête ou sont inutilisables.

Le navire transporte une très riche cargaison d'or, d'épices, d'étoffes, de bois précieux, des pierres fines, des bijoux d'or ou d'argent... ainsi que des passagers de marque. En effet, Luís Carlos Inácio Xavier de Meneses, comte d'Ericeira, vice-roi des Indes est à bord, ainsi que Dom Sebastian de Andrado, archevêque de Goa.

Bataille sur un navire pirate

La Vierge du Cap mouille donc à quelques encablures dans la rade de Saint-Denis, arrimée fermement à ses 2 ancres massives. Une chaloupe est mise à la mer et le Gouverneur de Goa descend à terre, invité à dîner par le Gouverneur de Bourbon Joseph de Beauvollier de Courchant.

Pendant les jours qui suivent, l'équipage et les charpentiers marins s'affairent à réparer le navire. Les charpentiers découpent des pièces de bois afin de consolider la structure de la coque et le gouvernail, les gréements du navire ayant également soufferts, les matelots s'occupent activement à la réparation des voilures, le cordage usé est changé et les mâts endommagés sont remplacés par du bois transporté depuis l'île. A ce moment là, Le navire est un véritable enchevêtrement de charpentes marines, la Vierge du Cap est incapable de la moindre manoeuvre.

Pendant une vingtaine de jours, le navire est immobilisé tandis que s'affairent les charpentiers. La majorité de l'équipage est à terre ainsi que le vice-roi et l'archevêque qui bénéficient tous deux de l'hospitalité du gouverneur.

Le 26 avril 1721, deux voiles sont aperçues à l'horizon. Prévenu et en proie à un sombre pressentiment, le comte d'Ericeira regagne en hâte la Virgen de Cabo avec une demi-douzaine de compagnons. Les deux navires arborent le pavillon britannique. La foule se masse sur la plage de Saint-Denis tandis que les intrus se rapprochent. Arrivés à portée de tir, les deux navires hissent le pavillon noir.

Bataille sur un navire

Ce sont en effet des pirates, comme le craignait le comte d'Ericeira, et pas n'importe lesquels.

Le premier navire est l'ex-Cassandra capturé de haute lutte sur les Anglais, lors du combat d'Anjouan. Il a été rebaptisé en Fantasy par le capitaine John Taylor, son nouveau commandant ; il est armé de 38 canons et compte 280 hommes d'équipage.

Canon sur un navire

Le second navire, le Victorieux est dirigé par l'associé de Taylor, le Français Olivier Levasseur, dit La Buse. Il y a 36 canons et 200 hommes à bord. Face à ces prédateurs maritimes, il n'y a qu'un bateau à l'ancre, servis par une poignée de marins : le gros de l'équipage est en effet mêlé à la foule sur la plage et ne peut qu'assister impuissant à la tragédie qui s'annonce.

Olivier le Vasseur La Buse

Les pirates ouvrent le feu ; galvanisés par le comte d'Ericeira, les Portugais répliquent. Ce qui devait s'annoncer comme une victoire facile devient un combat acharné. Taylor décide d'en terminer et tente l'abordage ; les hommes du comte d'Ericeira accueillent les assaillants à coups de mousquets, de pistolets, de haches et de sabres et les repoussent malgré leur supériorité numérique. Le Fantasy s'éloigne et les échanges de bordées reprennent. Â bord de la Vierge du Cap, la situation est désespérée et les munitions viennent à manquer. La mort dans l'âme, le vice-roi doit admettre sa défaite et il fait amener son pavillon.

Les pirates découvrent alors le butin du Vice-Roi de Goa, de l'Archevêque et des prêtres revenant des Indes. Olivier Levasseur, capitaine du Victorieux prend dès lors le commandement de la Vierge du Cap. Il descend à terre et déclare le comte Ericeira, vice-roi de Goa son prisonnier. Le pirate exige une rançon pour la libération du vice-Roi. Le gouverneur de Bourbon, refuse de payer. La Buse ayant pris en sa possession le trésor de la Vierge du Cap dont une croix incrustées de plus de dix kilogrammes de diamants laisse finalement libre le Vice-roi sans aucune rançon.

Depuis le port de Saint Denis, le Vice-roi assiste à la prise du commandement de son propre vaisseau. Après la prise, La Buse prend en remorque la Vierge du Cap, tandis que Taylor plus rapide, gagne la rade de Saint Paul. Olivier Levasseur après être passé devant la Ravine à Malheur à faible allure rejoint Taylor 4 jours plus tard.

Le 30 avril 1721 en fin de journée, le Victorieux et le Cassandra attaquent et prennent le Ville d'Ostende en Rade de Saint-Paul. Après cette nouvelle prise ils reprennent la route vers l'île Sainte Marie à Madagascar.

En décembre 1721, John Taylor et Olivier Le Vasseur prennent et incendient le navire la Duchesse de Noailles, un vaisseau de ravitaillement des Mascareignes en vivre et esclaves. La colère du Gouverneur de Bourbon envers les pirates n'en fut que renforcée.

1721. Desforges Boucher chef directeur et gouverneur général du comptoir de la Compagnie dans l'île Bourbon travaille au rayonnement de Bourbon dans la zone de l'Océan Indien. Pragmatique, il n'hésite pas à trafiquer avec les interlopes quand la Compagnie tarde à approvisionner l'île. Il obtient un relèvement du prix du café en 1721, 10 sous au lieu de 6 sous la livre, et la suspension de l'imposition du cinquième.

10 octobre 1721, le Conseil Provincial de Bourbon se préoccupe de Mauritus qui est devenue l'île de France (île Maurice) le 20 septembre 1715, mais qui reste inoccupée, le Conseil prend donc la décision suivante le 10 octobre 1721 :

" ne voyant pas venir venir le bâtiment de la Compagnie qu'on attend depuis longtemps pour l'habiter, dans la crainte que quelque nation étrangère ne nous prévienne et ne s'en empare ..., le Conseil a jugé absolument nécessaire de faire incessamment construire aux frais de la Compagnie une barque de 24 à 25 tx. pour porter sur ladite Ile de France 12 ou 15 habitants, un aumônier et un chirurgien aux appointements de la Compagnie, comme aussi de nommer M. Duronguët, major de l'île Bourbon, pour gouverner celle de France, en attendant que la Compagnie y envoie une colonie ".

Cette initiative coïncida avec les premières manifestations d'activité de la nouvelle Compagnie des Indes : les premiers vaisseaux qu'elle avait armés au début de 1720 pour Pondichéry avaient ordre, à leur retour, de relâcher à l'Île de France, où les Directeurs, dans leur dépêche du 24 février, annonçaient leur intention d'expédier en mars suivant deux bâtiments avec des troupes et des colons. Ce projet cependant ne fut pas exécuté en 1720, elle se contenta de charger le capitaine d'un vaisseau armé à Saint-Malo pour Moka, le Triton de renouveler, lors de son retour, la prise de possession de 1715. Ce bâtiment parvint à Maurice en septembre 1721 et son capitaine, Dufougeray Garnier, érigea sur l'île aux Tonneliers, à l'entrée du port Nord Ouest, une croix avec fleur de lis et inscription latine, puis, sur l'île même, un grand pavillon blanc et un poteau où était gravé, également en latin, la formule de prise de possession. Dix jours après, le Triton repartait pour Bourbon, où étaient enregistrés par le greffe de Saint-Paul les procès-verbaux des actes accomplis à l'Île de France. Cette seconde prise de possession n'affaiblissait en rien les raisons qui avaient décidé le Conseil de Bourbon, à envoyer quelques habitants à l'Île de France : la construction de la barque fut donc continuée, c'est par ce petit bâtiment que Beauvoillier de Courchant et Desforges-Boucher firent passer, les premiers colons de l'île de France avec Duronguët le Toullec, nommé gouverneur provisoire.



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