Histoire de La Réunion année 1831, Histoire de Bourbon La Réunion, les événements de l'année 1831.

Histoire de La Réunion année 1831

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7 janvier 1831. Parti de Bordeaux le 6 septembre 1830, Henri de Solages débarque à Bourbon le 7 janvier 1831, accompagné de l'Abbé Dalmond. Monseigneur Henri de Solages est le nouveau Préfet Apostolique de la colonie.

Né le 21 août 1786 à Notre-Dame-du-Bourg de Rabastens, dans le Tarn, il est ordonné prête le 17 décembre 1814. Quand il arrive à Bourbon il est Soucieux de l'évangélisation des esclaves privés de tout enseignement religieux, il fait imprimer un petit catéchisme simplifié pour l'instruction des noirs et des petits créoles également délaissés. Monseigneur Solages ne reste que dix-huit mois dans la colonie, il embarque le 13 juillet 1832 pour Madagascar, après avoir confié à l'Abbé Dalmond comme vice-préfet le gouvernement spirituel de Bourbon. Henri de Solages meurt du paludisme à Andévoranto, Madagascar, le 8 décembre 1832.

25 mars 1831, conformément à la loi du 31 août 1830, tous les fonctionnaires publics prêtent le serment suivant : " Je jure fidélité au Roi des Français, obéissance à la Charte constitutionnelle et aux lois de royaume ".

25 avril 1831, un scandale éclate, provoqué par les attachements de la haute administration et des riches familles aux idées de la Restauration. Les faits sont relatés par Cordier, sympathisant des libéraux :

" donc ce jour-là on célèbre à Saint-Denis dans la chapelle du gouvernement, par un privilège tout spécial, le mariage d’une fille de Joseph Desbassyns avec M. Jurien. M. Joseph Desbassyns, au milieu du cortège qui se rendait à l’église, parut sur une chaise à brancard, faisant porter à côté de lui, par un de ses nègres, un drapeau blanc. Il traversa ainsi la ville, bravant l’indignation générale. Enfin un jeune homme s’élança sur le drapeau, l’arracha et le mit en pièces. Ce scandale fit rassembler sur la place un grand nombre de citoyens ... On se procura un drapeau tricolore, et lorsque le cortège sortit de la chapelle, on obligea Joseph Desbassyns à arborer ce drapeau sur sa chaise ".

Joseph Desbassyns

1 er mai 1831. La nouvelle fête du Roi est désormais fêtée le 1er mai. Les festivités vont démarrer dès le 30 avril 1831, au coucher du soleil : salve de 21 coups de canon tirée de la batterie royale et des bâtiments de l'État en rade de Saint-Denis. Même slave le lendemain matin au lever du soleil avant la revue militaire à 7 heures, suivie de la messe à 7 h 45 ; au moment du Domine Salvum fac regem Phillippum, triple décharge de mousqueterie et slaves de canon. La journée se termine avec la Santé du Roi à 18 heures.

1831. Arrivé à La Réunion d'un nouveau procureur général, Charles Ogé Barbaroux. A ce titre, il est chargé de faire appliquer la législation concernant la traite, l'esclavage et le pouvoir disciplinaires des maîtres. Son premier acte officiel consiste à faire appliquer l’ordonnance royale du 4 Mars 1831 qui classe la traite des noirs parmi les crimes passibles des travaux forcés.

Mai 1831. Fondation officielle du mouvement des francs créoles secret jusqu'en octobre 1830, le mouvement s'organise après cette date pour prendre le pouvoir politique et étendre son influence dans toute l'île. A la base des revendications pour plus de libertés locales se trouvent les petits et moyens colons, exclus du pouvoir politique par les notables de la colonie, alliés au pouvoir central. Pour atteindre leurs objectifs, ils créent un mouvement politique " Les francs créoles " et élaborent un programme où les idées de décentralisation, de partage de pouvoir sont exprimées avec force. Deus point constituent leurs objectifs politiques : le rétablissement des libertés fondamentales et la création d'un pouvoir législatif local. Le mouvement des francs créoles dirigé par Nicole Robinet de Laserve, fait circuler plusieurs pétitions. Attaché aux valeurs coloniales, le mouvement veut prendre le pouvoir politique local pour pouvoir s'opposer à l'abolition de l'esclavage qui menace l'ordre établi. La création d'un pouvoir législatif local contrôlé par les classes moyennes devait permettre au francs créoles d'atteindre leur objectif . Toutefois il ne s'agissait pas de revendiquer le suffrage universel et de partager le pouvoir avec la classe indigente des Petits Blancs et encore moins des affranchis. Les francs créoles demandent aussi la liberté de la presse, les journaux sont à cette époque, soumis à l’approbation du gouverneur, du directeur de l’Intérieur et du Procureur général. L'association crée son propre journal, Le Furet dans lequel elle ne se prive pas de mettre à mal l’administration.

16 mai 1831, un arrêté créé le Syndic des travailleurs. Les travailleurs engagés sont désormais représentés auprès des autorités et de la Commission par un agent ayant le titre de Syndic des gens de travail Indiens et Chinois. Ce dernier a surtout à jouer un rôle de médiateur et doit s'efforcer de ramener les Indiens déserteurs chez les propriétaires.. De plus les punitions pour ceux qui sont " paresseux et insubordonnés " sont fixées par l’administration coloniale. Il est stipulé qu’en aucun cas les planteurs ne doivent traiter les travailleurs engagés comme des esclaves : " Si les châtiments corporels sont infligés aux Indiens, on peut les considérer comme des abus blâmables qui, sous aucun rapport, ne sauraient être tolérés et auxquels il devrait être mis un terme immédiat...".

23 août 1831, par ordonnance royale Saint-Paul perd la responsabilité de chef-lieu judiciaire de la colonie, cette compétence est transférée à Saint-Denis.

Art 1. Le siège de la cour royale de l'île Bourbon, fixé à Saint-Paul par l'ordonnance de 30 septembre 1827, sera transféré à Saint-Denis, chef-lieu de la colonie.

Art 2. Il sera établi à l'île Bourbon, pour l'arrondissement sous le vent, un tribunal de première instance qui siègera à Saint-Paul.

Art 3. Le tribunal de Saint-Paul sera composé d'un juge royale, d'un lieutenant de juge et d'un juge auditeur. Il y aura près de ce tribunal un procureur du Roi, un greffier et un commis greffier assermenté.

Art 4. Le traitement des magistrats et des fonctionnaires composant le tribunal de Saint-Paul sera le même que celui qui a été fixé pour les magistrats et fonctionnaires du tribunal de Saint-Denis.

Art 5. A compter du jour de l'installation du tribunal de Saint-Paul, le tribunal de Saint-Denis ne comprendra plus dans son ressort que l'arrondissement du vent : néanmoins, il restera compétent pour vider les instances pendantes devant lui à cette époque, de quelque arrondissement qu'elles proviennent, jusqu'à apurement du rôle.

Art 6. Parmi les douze avoués institués à Bourbon par l'ordonnance du 30 septembre 1827, le gouverneur, en conseil, et après avoir pris l'avis de la cour royale, en désignera quatre pour exercer devant le tribunal de Saint-Paul. Les huit avoués qui resteront à Saint-Denis occuperont indistinctement devant la cour royale et devant le tribunal de première instance.

Art 7. La compétence et les attributions des tribunaux de première instance de l'île Bourbon, dans leurs arrondissements respectifs, restent telles qu'elles ont été fixées par les articles 22 à 34 de l'ordonnance du 30 septembre 1837. ...

1831, profanation à l'église de Saint-Paul.

" A la suite d'un jubilé, prêché à Saint-Paul en 1828, une croix avait été plantée sur la place de l'église. C'était un digne couronnement et un touchant mémorial de ce temps de grâce et de bénédictions. Les habitants de Saint-Paul entouraient de vénération ce signe adorable de notre salut. Mais voilà que tout à coup, en 1831, quatre libertins, dont le cerveau sans doute avait été troublé autant par les fumées des liqueurs enivrantes que par le récit apporté par les feuilles publiques, du sac de l'archevêché de Paris et de Saint-Germain-l'Auxerrois, veulent, eux aussi, se signaler par un sacrilège complot : celui d'abattre, pendant la nuit, la croix du jubilé de leur paroisse. Ils l'exécutent. En apprenant cet attentat, M. Dalmond tombe dans une morne stupeur. " Ah ! les malheureux ! s'écrie-t-il ; Dieu ne laisse pas le sacrilège impuni ; ils ne savent donc pas ce qui les attend ? " Quelquefois, il est vrai, la justice de Dieu, qui a l'éternité à son service, ne se presse pas pour punir. Elle semble, comme dit le poète latin, poursuivre le coupable d'un pied boiteux. Mais quelquefois aussi elle frappe comme la foudre. M Dalmond prophétisait. Peu après, en effet, l'un faisait naufrage sur les côtes de Manille et tombait sous le fer d'un assassin. Un autre, repris de justice, mourait en prison. Le troisième tomba dans la plus déplorable imbécillité. Il perdit la parole, qu'il remplaça par le grognement du porc et marchait à quatre pattes. Il mourut, comme un autre célèbre impie, en mangeant ses excréments : trop visible punition de ceux qui avaient souillé l'auguste symbole de notre Rédemption ! Le quatrième, le seul qui n'eût pas porté la main sur la croix, est encore vivant. Son unique occupation est de tracer des croix sur le sable, et de répéter en les traçant : Ne touchez pas à la croix, cela porte malheur ! Que le rationalisme explique ces faits comme il voudra. Pour nous, nous ne pouvons que baisser humblement la tête, et adorer en silence la justice divine. "

1831, le Réunionnais Pierre Henri François Etienne Bouvet est nominé grand-croix de la Légion d'honneur par l'Empereur lui-même, en reconnaissance de ses éminents services.

1831 Pierre Bouvet est nominé grand-croix de la Légion d'honneur


Naissance en 1831 :

21 juillet 1831, naissance de Félix Guyon à Saint-Denis, il a laissé son nom dans l'anatomie francophone en décrivant le canal ulnaire (ou cubital) au poignet qui fut par la suite appelé "canal de Guyon" et par dérivation les pathologies en découlant comme le syndrome de la loge de Guyon. Tous les chirurgiens francophones connaissent ce nom.



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